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Quand le gouvernement et les Verts dissimulent leur manque d'ambition écologique en tirant sur les agriculteurs

Lors de la conférence environnementale, exit les avancées européennes sur la croissance verte, autorisant des financements pour récompenser les efforts des agriculteurs en matière d'écologie.

Bouc émissaire

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Quand le gouvernement et les Verts dissimulent leur manque d'ambition écologique en tirant sur les agriculteurs

Ayant appris de leurs erreurs, les agriculteurs se dirigent vers des techniques respectueuses de l'environnement. Crédit Antoine Jeandey - WikiAgri

Article publié conjointement sur le site WikiAgri.fr

L’étymologie explique à elle seule bien des mots, et autant de maux. Ce néologisme qu’est l’agroécologie montre ainsi une écologie dominante et entière, en toutes lettres, réduisant de moitié l’agriculture, réduite à l’agro. Et ce que cette sémantique cache, c’est l’utilisation du mot « écologie », avant tout politisée. Un mot confisqué par les Verts, autoproclamés défenseurs de l’environnement, en accord avec leurs propres experts. Au niveau national, les Verts ont obtenu précisément 2,31 % des voix à l’élection présidentielle (avec la candidature d’Eva Joly), avec 17 % de leurs voix acquises dans la seule région Ile-de-France. En d’autres termes, un électorat à la fois faible, et résolument urbain.

Pourtant, c’est ce parti qui dicte aujourd’hui à notre pays sa politique de gouvernance rurale, et en particulier sur l’agriculture. N’ayant pas obtenu gain de cause sur le nucléaire, il veut, et est en passe d’obtenir, sa compensation sur une activité économique majeure de notre pays. D’ores et déjà, le site du ministère de l’Agriculture est bardé de ce mot, « agroécologie », avec une propagande « bien pensante » qui explique, pratiquement dans les mêmes termes que dans le programme politique des Verts (le « livre vert de l’agriculture » se retrouve en ligne facilement), que les agriculteurs sont d’affreux pollueurs et qu’il est temps de leur apprendre les bonnes pratiques.

Mi-août, la collusion entre le pouvoir et ce parti est apparu noir sur blanc dans les colonnes du Journal du Dimanche, qui a diffusé une tribune cosignée par la ministre verte Cécile Duflot (logement) mais aussi par les socialistes Philippe Martin (environnement), Stéphane Le Foll (agriculture), et Pascal Canfin (développement). Cette tribune réclamait une accélération du processus de transition écologique… calqué sur le programme des Verts en ce qui concerne l’agriculture.

Or, en la matière, le programme des Verts est beaucoup trop caricatural pour être réellement environnemental, au sens « non politisé » du terme, celui du dictionnaire.  Le constat de départ sur lequel il repose date de plusieurs années, de l’époque, où, effectivement, il y a eu des crises sanitaires, telle la vache folle. Et estime qu’il faut obliger les agriculteurs à d’autres pratiques.

C’est faire peu de cas de la réalité du terrain. Non, les agriculteurs ne sont pas fous, ils ont payé chèrement leurs erreurs, et celles qu’on leur a fait commettre. Et ils ont réagi. Cela fait plusieurs années qu’ils se sont dirigés d’eux-mêmes vers le bien-être animal ou encore des techniques respectant la terre pour les cultures. Ce que les agriculteurs savent, mais pas les Verts, c’est qu’il n’est pas possible d’arrêter systématiquement et sur tous les sols le labour, ni totalement les pesticides. Ils procèdent par étapes, font des tests sur des parcelles, comparent les rendements (un mot utilisé comme synonyme de « productivisme » dans le document sus cité, alors que chacun sait que sans rendement il n’y a plus d’agriculture) bien sûr, mais aussi l’évolution du sol, de la terre. Ces tests se font sur des utilisations dites « raisonnées » des pesticides (n’en utiliser qu’à bon escient, mais pour cela il faut d’abord déterminer la juste dose), et sur des formes de labour moins intensifs et moins profonds, pour mieux respecter la matière organique en surface, comprenez la vie microbienne et celle des vers de terre.

Or, ce qui se profile, c’est de systématiser ces pratiques sans tenir compte des différences existant d’un terrain à l’autre, et donc de l’obligation de réaliser des tests préalables. Et surtout en diabolisant les « rendements », pour proscrire l’activité sous son angle économique. Ce nouveau modèle aurait des effets pour le moins pervers : moins de rendements signifie plus de difficultés à répondre à la demande, et donc plus d’importations, de produits dont on ne peut contrôler les méthodes de cultures ou d’élevage. Et donc davantage de crises sanitaires. Davantage d’importation de biocarburants aussi, et donc le risque d’équivalents de marées noires dans les transports, alors que nous avons la faculté d’en produire nous-mêmes.

Dans la tribune évoquée plus haut, les signataires rejettent d’emblée, en une phrase, les gaz de schiste et les OGM. Les gaz de schiste n’ont rien d’agricole, juste un mot, car dans les deux cas il est procédé de la même logique : la France est le seul pays européen avec la Bulgarie à refuser ne serait-ce que de savoir si nous avons un potentiel en la matière, et à refuser de lancer des axes de recherche pour une extraction compatible avec nos attentes sociétales… Pour les OGM, c’est pire encore. Notre obscurantisme en la matière favorise la toute puissance d’un grand groupe semencier américain sur notre territoire européen, notamment en Espagne où les rendements en maïs ont augmenté de 25 % grâce à ces cultures. Oui, il y a eu des erreurs dans les cultures américaines en la matière. Mais justement, nous avons pu les observer. Et refuser d’établir conjointement, avec les parties concernées, un modèle français permettant des cultures là où les risques de dissémination sont mineurs, c’est accepter que nos productions animales mangent, comme c’est déjà le cas, des OGM d’importations, non contrôlés. Sans compter qu’il existe aussi (mais oui) des utilisations environnementales des OGM, par exemple des systèmes rotatifs pour éviter que les nuisibles ne s’habituent et ne finissent par tolérer soit les pesticides, soit les OGM : en cultivant une année en « traditionnel » avec pesticides (à dose raisonnée) et l’année suivante en OGM, les nuisibles ne peuvent pas s’acclimater.

Mais laissons ces OGM qui de toutes façons n’ont pas bonne presse. D’une manière plus générale, la crainte des agriculteurs est la contrainte, alors qu’ils sont d’eux-mêmes, globalement, déjà sur la voie d’ailleurs tracée par l’Europe, consistant à produire sur place suffisamment pour être sûr de répondre aux attentes de la société européenne. Le gouvernement semble vouloir leur refuser, y compris dans les financements pourtant d’origine européenne, puisque récemment il a été constaté qu’un milliard d’euros que François Hollande s’était enorgueilli d’avoir obtenu sur la période 2014-2020 pour le développement rural et les efforts environnementaux des agriculteurs, était versé, à la demande britannique mais sans contestation de notre part, vers un autre volet, vraisemblablement social (lire ici). 

La croissance verte est décidément bien loin...

 
Commentaires

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  • Par gluck - 22/09/2013 - 10:32 - Signaler un abus petite erreur

    "c’est accepter que nos productions animales mangent, comme c’est déjà le cas, des OGM d’importations, non contrôlés." Le "non contrôlé" est une erreur: les matières premières en question ont été validées par les pays d'origine, avec leurs procédures propres, qui sont très proches des procédures européennes. Après, que l'Europe veuille mettre en place des procédures encore plus sévères (pour tenter de bloquer les importations), ça ressemble à du protectionnisme de façade. Donc, récemment, sous la pression de plusieurs états membres (Hollande, UK, DK...), les procédures ont finalement été allégées car ça n'avait pas de sens.

  • Par totor101 - 22/09/2013 - 11:03 - Signaler un abus Moralité :

    diviser pour régner !

  • Par boutonnet - 22/09/2013 - 11:15 - Signaler un abus Alte là Alte là les Ayatollah sont là

    Attention DANGER, cette secte est réellement dangereuse, pour preuve elle pose un ultimatum au peti ttout mou, qui s'incline comme un Caniche. Ces gens là vont se transformer en Ayatollah ou plus grave en Gardes Verts de l'écologie. Si on ne met pas un frien à leurs ambitions, demain ils rentreront chez nous pour nous contrôler te dicter leurs conditions et nous imposer par la force leur mode de vie. Ils feront des bûchers pour les hérétiques contre-écologiques Je dis casse cou, ces gens là sont DANGEREUX ce sont des idéologues et des intégristes, ils vivent dans l'irationnel. Le peuple va se reveiller en servitude écologique

  • Par gliocyte - 22/09/2013 - 11:16 - Signaler un abus Moralité

    Il faudrait que les vrais écologistes, qui ont une formation en la matière, fassent un procès aux politiques qui se sont mafieusement octroyé ce label. Que les dommages et intérêts soient énormes au regard de cette publicité mensongère qui a tout pollué!!!!!!!

  • Par Benvoyons - 22/09/2013 - 11:24 - Signaler un abus Pour les 7 milliards comment un pays peut camoufler les

    7 milliards. La FNSEA n'a pas le droit d'exiger par justice que l'information soit justifié par l’État donc Le Foll, car l'argent est Européen tout simplement, et en impliquant le commissaire Européen en charge de l'Agriculture???????? Les Verts veulent faire du bio à marche forcé alors qu'il faut beaucoup de temps plus de 3 ans et formations pour faire des surfaces Bio. Mais Problème comment les Français vont acheter du Bio qui est forcément plus cher, alors que l'impôt "normal" et les nouvelles taxes CO2 sur le pétrole leur prend tout????? et en plus Les taxes CO2 vont augmenter les prix des produits Agricoles.

  • Par ZOEDUBATO - 22/09/2013 - 11:45 - Signaler un abus Retour d'expérience des installations existantes vertes

    Les Eolienes et les panneaux ne peuvent fournir de l'énergie que dans certaines conditions (vitesse du vent, ensoleillement, angle du rayonnement, etc.) alors pour assurer le même approvisionnement qu'une centrale classique il faut : - installer des puissances et des stockages d'énergie 3 fois plus importante que la puissance d'une centrale classique ce qui de "gèle" des surfaces très importantes de "terres agricoles - la durée de vie n'est que de 10 à 20 ans avec des installations de déconstructions aussi complexes et couteuses que pour les centrales nucléaires afin de rendre inoffensifs pour l'homme et la nature certains composants toxiques Au total le coût réel de cette énergie est 2 à 3 fois plus élevé que les prévisions car toutes les études (je dis bien toutes) ont été rédigées par des juges et partis Nous sommes en face d'une organisation de racket qui falsifie les données scientifiques pour récupérer des fonds NB : Immeubles HQE les économies prévues ne sont pas tenus, les coût exponentiels et les résultats finaux très mauvais

  • Par Appamée - 22/09/2013 - 12:12 - Signaler un abus LES ECOLOGISTES

    Il est important de ne pas oublier d'où viennent les écologistes historiquement ! Les premiers écologistes sont ceux qui ont fait voter les lois de protections de la forêt de Bavière , en Allemagne C'était le parti NAZI ...... Appamée

  • Par gliocyte - 22/09/2013 - 12:16 - Signaler un abus @ZOEBUTO

    Vous auriez pu aussi parler de l'énergie elle-même et de cette "merveilleuse" invention" qu'a été le biocarburant! Quelle trouvaille! Jusqu'au jour où son coût a été étudié (Un comble que cela n'est pas été fait avant de l'injecter sur le marché) Bilan: Le coût en énergie fossile pour l'obtenir est supérieur au gain énergétique obtenu!

  • Par vangog - 22/09/2013 - 13:05 - Signaler un abus Je fais beaucoup plus confiance aux vrais écolos

    que sont les agriculteurs, les marins, les sylviculteurs et autres métiers en contact direct avec la nature, pour expérimenter et développer des techniques d'exploitation rationnelles et modernes, plutôt qu'à ces sous-marins marxistes verts-caca d'oie ( mélange de vert et de rouge), qui ont recyclé leur haine du capitalisme et du productivisme dans leur Écologie de salon, planificatrice à l'ancienne mode des fascistes rouges et aboutissant, dans tous les cas, à l'inverse de ce qu'elle prétend combattre (axiome premier du socialisme).... 2,3 %, c'est leur représentativité électorale! 50% c'est leur capacité de nuisance, grâce aux vieilles techniques de chantage marxiste, et à leur entrisme Trotskyste dans les médias français, qui n'en sont plus à leur première couleuvre avalée....

  • Par jmpbea - 22/09/2013 - 13:59 - Signaler un abus Le parti politique ecolo, en France , c'est un ensemble de

    Voleurs habilles en vert....la couleur verte leur permet d'accéder aux manes financières accordées aux partis politiques,mais derrière la couleuŕ il n'y a rien d'acceptable....les paysans rigolent, les chasseurs aussi ils ne comprennent rien au nucléaire , font de grandes manifs pour rien en France mais ne sont pas en Chiné ou en Inde pour parler de CO2, la où ça fait mal......MINABLE

  • Par lsga - 22/09/2013 - 15:04 - Signaler un abus Pendant ce temps là, en Allemagne

    http://www.web-agri.fr/conduite-elevage/genetique-race/article/avec-170-vl-la-ferme-raude-holstein-a-choisi-un-robot-d-alimentation-wasserbauer-1175-92324.html   La France vit dans le passée.   Vivement qu'on automatise 100% des champs céréaliers, et qu'une poignée d'ingénieurs s'occupent de la production agricole de toute l'île de France. Cela permettra d'avoir une agriculture biologique et écologique, surtout surtout si on utilise des moissonneuses batteuses électriques et automatisées qui puisent leur énergie sur des centrales solaires.   SOON : Futur.   http://utiliterre.ca/equipements/tracteur/un-tracteur-sans-conducteur/

  • Par cbrunet - 22/09/2013 - 15:16 - Signaler un abus Petite histoire ...

    Dans les années 60, il a été dit aux "paysans" vous travaillez beaucoup trop pour rien ! Grâce à la chimie vous produirez plus, sans peine . De plus l'état français garanti l’innocuité des pesticides déversés sur les cultures et animaux ; et puis, les grandes surfaces ont besoin de toujours plus de produits agricoles standards . Tout ceci n'a gêné personne jusqu'à aujourd'hui . Jusqu'à ce sursaut du monde paysan disant merde au modèle imposé et renvoyant entre autre, les "verts-rouges" à leur "boboteries"

  • Par Imragen - 22/09/2013 - 22:02 - Signaler un abus C'est vrai

    Que si C Duflot et N Mamère ou encore E Joly sont des spécialistes de la culture, F Hollande est petit rat à l'Opéra !!!! Dans la famille des enfumeurs je me demande quel est le plus bidon. Dans le temps J Bové a utilisé un tracteur, mais maintenant il s'occupe plutôt des plateaux de TV.

  • Par lexxis - 23/09/2013 - 09:03 - Signaler un abus NUISIBLES!

    Il suffit donc avec la complicité de politiques inconsistants et de médias avides de sensationnel de quelque 2% de verts doctrinaires, sectaires, planqués bien au chaud dans les plus grandes villes, aux emplois généralement bien protégés, mais chantres convaincus pour les autres de la décroissance pour emmerder (au sens pompidolien du terme) 98% des Français. En outre, il devient de plus en plus clair que, comme leurs raisonnements qui n'appréhendent jamais que la partie de la réalité qui leur est favorable, les chiffres de ces gens-là sont faux et truqués et que leurs superbes montages ne tiennent qu'à coup de subventions et de surcoûts largement minorés à la charge de la Nation. Mais en France, cela fait longtemps qu'avec les syndicats, nous savons accorder davantage d'importance à ceux qui ont le pouvoir de nuire, qu'à ceux qui savent construire. Et sur ce plan-là, les Verts c'est une réussite! Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les Verts tiennent autant aux éoliennes, même quand elles ne tournent pas: en matière de coûteux brassage d'air, on n'a jamais fait mieux

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