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Quand l’étrange "bellicisme humanitaire" de l’Occident en Syrie se double d’une pratique du double standard

Après les frappes militaires occidentales lancées sur des cibles du régime syrien durant la nuit des 13 et 14 avril derniers dans un contexte d’hyper propagande autour de l’utilisation présumée "d’armes chimiques", Alexandre del Valle décrypte les motivations et buts de guerre du trio France-Royaume-Uni-Etats-Unis.

Double face

Publié le

En guise de conclusion

A la lumière de ces constats, on peut se demander si les « frappes » occidentales ont changé la donne. Réponse, non. On peut ensuite se demander si les alliés franco-anglo-américains ont des objectifs stratégiques identiques et précis en Syrie, réponse non. S’ils ont défini préalablement dans cette zone leur ennemi principal : réponse non, puisqu’au gré des attentats jihadistes ou des scandales autour des bombardements ou gazages de rebelles, l’ennemi principal y oscille entre Daesh, le régime syrien et les Russes, cependant que les jihadistes déconnectés de Daesh sont écartés du champ de l’ennemi puisqu’ils sont assimilés aux « rebelles sunnites anti-Assad ».

Les seuls effets des frappes occidentales en Syrie ont été de dépenser des millions pour une opération extérieure contre un régime qui ne nous agresse pas alors que l’on manque de moyens pour surveiller les « fiché s » qui nous agressent chez nous. Et les conséquences de ces frappes néo-impérialistes occidentales contre un Régime souverain ont surtout pour effet d’accentuer ou relancer la Guerre Froide contre Moscou, par Syrie interposée. Elles ont eu également pour effet non pas de compromettre mais de ralentir la progression des forces pro-régime face aux rebelles jihadistes et islamistes radicaux, notamment près de Damas et dans le Sud du pays. Elles envoient un double gage démagogique en direction de l’électorat et « d’islamiquement correct »  en direction des puissances islamistes sunnites (Arabie Saoudie, Frères-musulmans, Qatar, Turquie d’Erdogan, qui soutiennent depuis le début les milices islamistes syriennes les plus fanatiques, comme celle présente à Douma (Ghouta orientale), Jaich al-Islam, qui a pris en otage, jusqu’à sa reddition du 12 avril, les femmes et les enfants afin de mettre en scène les massacres de civils par des bombardements des forces pro-régime qui ont été provoqués en réaction à leurs propres actions d’harcèlement de la capitale syrienne que la presse et les dirigeants occidentaux ne dénoncent ni ne reconnaissent jamais. En réalité, à Alep hier comme dans la Ghouta aujourd’hui, les premiers responsables des massacres de civils sont ceux qui refusent de laisser ces derniers fuir les bombardements et qui recherchent la mort des leurs pour en rendre responsables l’Etat syrien souverain et ses alliés russes en lutte contre des forces du jihadisme international qui a jeté son funeste dévolu sur la Syrie elle-même déstabilisée par la funeste guerre anglo-américaine en Irak.

 
Commentaires

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  • Par Klaus02 - 16/04/2018 - 13:13 - Signaler un abus Excellente analyse

    Sur le fond RAS comme d'habitude Sur la forme, article bourré de fautes et de coquilles J.Mattis est le secretaire d'état US à La Défense, pas le conseiller national à la sécurité (J.Bolton depuis quelques jours) Enfin une suggestion, que Mr Del Valle cesse ou utilise moins le terme "régime" éminemment connoté. Il pourrait évoquer les autorités, le gouvernent syrien etc

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) est paru en mars 2018

 

 

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