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Quand l’étrange "bellicisme humanitaire" de l’Occident en Syrie se double d’une pratique du double standard

Après les frappes militaires occidentales lancées sur des cibles du régime syrien durant la nuit des 13 et 14 avril derniers dans un contexte d’hyper propagande autour de l’utilisation présumée "d’armes chimiques", Alexandre del Valle décrypte les motivations et buts de guerre du trio France-Royaume-Uni-Etats-Unis.

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Les « preuves » de l’utilisation de « gaz toxiques » : un dossier de « 8 pages de notes de renseignement »

 

Dès le 7 avril, avant même de disposer de la moindre preuve et avant même que l’on puisse avoir le temps de mener la moindre enquête ou investigation officieuse sur place, les Occidentaux ont immédiatement accusé le régime de Damas d’avoir utilisé l’arme chimique et entraîné ainsi la mort d’une cinquantaine de personnes et de centaines de blessés dans les attaques de la Ghouta où le groupe jihadiste Jaich al-Islam prenait volontairement en otage ses habitants depuis des semaines en violation des accords d’évacuation de civils.

On sait que l’utilisation d’armes chimiques a été présentée depuis 2013 par les Etats-Unis et la France comme une « ligne rouge » à ne pas franchir. La Russie a demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter des frappes occidentales qui ont de facto et de jure été décidées en violation du droit international et en l’absence de résolution des Nations Unies. Moscou a donc présenté un projet de résolution condamnant une opération militaire contre un Etat souverain qui a violé le droit international. On sait par ailleurs que les experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) n’ont commencé leur mission d’enquête sur l’attaque chimique présumée de Douma que samedi 14, c’est-à-dire après l’attaque occidentale, ce qui démontre que les « preuves » soi-disant « irréfutables avancées par les belligérants n’ont pas de fondement incontestable aujourd’hui, d’autant que les principales sources d’informations qui ont suscité la réaction occidentale durant l’attaque du 7 avril sont celles, très orientées des fameux « casques blancs » syriens, qui ont diffusé les premières vidéos de victimes mais qui sont notoirement liés aux milices islamistes radicales de la Ghouta et d’ailleurs, et même un temps à l’ex-front Al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie)… D’une manière générale, les « preuves » avancées par les Occidentaux, qui ont refusé l’enquête russe comme les Russes ont refusé la leur, ne reposaient, à la vieille des bombardements, que sur des sources déclassifiées et ouvertes (sms, vidéos postées sur internet et réseaux sociaux, appels téléphoniques, images postées, etc). Le fameux document de renseignement de 8 pages vanté par le gouvernement français est lui-même composé non pas de preuves d’agents spéciaux sur place ayant assisté aux évènements et pris des échantillons sur place et des photos, mais des sources ouvertes précitées issues du camp belligérant rebelle lui-même, dont on sait que la stratégie consiste à mettre en scène ses victimes. Pour l’heure, la prudence, et non le négationnisme, est de mise, et non l’abdication de la raison critique.

 
Commentaires

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  • Par Klaus02 - 16/04/2018 - 13:13 - Signaler un abus Excellente analyse

    Sur le fond RAS comme d'habitude Sur la forme, article bourré de fautes et de coquilles J.Mattis est le secretaire d'état US à La Défense, pas le conseiller national à la sécurité (J.Bolton depuis quelques jours) Enfin une suggestion, que Mr Del Valle cesse ou utilise moins le terme "régime" éminemment connoté. Il pourrait évoquer les autorités, le gouvernent syrien etc

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) est paru en mars 2018

 

 

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