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Mais quand Emmanuel Macron acceptera-t-il que sa seule chance de gagner la présidentielle est d’être le candidat de la gauche ?

Le PS demeure à la traîne dans les sondages, généralement à la cinquième position. Ainsi, mécaniquement, la pression pourrait devenir de plus en plus forte pour que le parti se range derrière Emmanuel Macron.

Chimère du ni-droite ni-gauche

Publié le - Mis à jour le 13 Janvier 2017
Mais quand Emmanuel Macron acceptera-t-il que sa seule chance de gagner la présidentielle est d’être le candidat de la gauche ?

Est-ce qu'Emmanuel Macron a intérêt a sortir de sa position de candidat en dehors du système partisan pour assumer une position de candidat de "gauche de gouvernement"? Quels seraient les risques d'une telle démarche ? 

Bruno Cautrès : Pour répondre totalement à la question il faudrait que l’on connaisse  deux paramètres essentiels, qui peuvent avoir une influence sur la stratégie d’Emmanuel Macron : le candidat de gauche issu de la primaire et la décision de François Bayrou sur sa candidature ou pas. Si la primaire désigne un candidat plus à gauche que Manuel Valls, par exemple Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg, et que François Bayrou n’est pas candidat, cela ouvre un boulevard à Emmanuel Macron pour attirer les votes des électeurs de centre gauche et de centre-droit.

Dans ce cas, il n’aurait aucun intérêt à se déclarer trop ouvertement à gauche ou de gauche. Mais même dans le cas où Manuel Valls gagnerait la primaire, on ne voit pas bien son intérêt à se ranger comme candidat de gauche du gouvernement. Emmanuel Macron s’est positionné comme "et de gauche et de droite" ; l’émergence et la stabilité de sa popularité sont un symptôme que si la gauche et la droite continuent d’être des notions qui rendent compte de la réalité de la société française, une aspiration à passer à autre chose existe de plus en plus fortement. Les recherches empiriques conduites par les chercheurs du Cevipof montrent depuis une quinzaine d’années que la politique française est en deux dimensions : le clivage entre la gauche et la droite et simultanément le clivage sur la mondialisation, l’ouverture ou la fermeture. Issu de la gauche, Emmanuel Macron n’appartient pas ou n’appartient plus à la politique en une dimension ; le risque serait grand pour lui d’y revenir, il perdrait ce qui fait son originalité. 

Benjamin Griveaux : Le projet que porte Emmanuel Macron depuis le lancement d’En Marche ! le 6 avril 2016 à Amiens, c’est de sortir des postures éculées entre la droite et la gauche qui ont paralysé notre pays depuis trente ans et livré la France aux appareils politiques. Le résultat des dernières décennies est sans appel : une France bloquée par les corporatismes et des Français qui nous disent que leurs vies sont empêchées. Il est temps de remettre de la mobilité dans la société française : de la mobilité économique, sociale et politique. C’est ce qu’Emmanuel Macron s’emploie à faire depuis des mois en dessinant une nouvelle frontière entre, d’un côté, les conservateurs – de droite comme de gauche – défenseurs acharnés d’un glorieux passé souvent fantasmé et, de l’autre côté, les tenants du progrès. C’est cette révolution démocratique dont nos 130 000 adhérents se sont emparés. Il est donc tout simplement impensable d’abandonner un engagement sincère, qui fonde notre démarche, pour trahir celles et ceux qui nous ont fait confiance depuis des mois et qui ont pris tous les risques pour porter une espérance.

Est-ce qu'au contraire la vraie chance du candidat Macron n'est pas d'arriver à mobiliser les abstentionnistes ou les votes blancs exprimés par des citoyens lassés du système partisan à la française ?

Bruno Cautrès : Son positionnement original peut sans doute intéresser des électeurs qui seraient tentés par l’abstention. Mais dans le même temps, on voit qu’en général les catégories qui soutiennent Emmanuel Macron sont plutôt des catégories sociales aisées, bien intégrés socialement et politiquement. N’oublions pas non plus que l’élection présidentielle mobilise : lors des deux dernières élections, 2007 et 2012, les taux de participation ont été importants aux deux tours (de l’ordre de 80%). Emmanuel Macron intéresse beaucoup une fraction de l’électorat qui participe mais est très déçue, lassée, des habituelles batailles politiques et qui aspire à un changement dans le style et le contenu de l’offre politique. 

Benjamin Griveaux : Le meeting qui s’est tenu Porte de Versailles le 10 décembre dernier a réuni 15 000 personnes autour d’Emmanuel Macron. Pour plus de la moitié des personnes présentes, il s’agissait de leur première participation à un meeting de leur vie. C’est l’une des forces de notre mouvement : faire venir à la politique des Français qui s’en sont tenus éloignés et fédérer des personnes de bonne volonté dont la principale envie est de faire bouger les lignes.

 
Commentaires

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  • Par cloette - 08/01/2017 - 10:43 - Signaler un abus Paquet

    Parachuté par l'oligarchie, le PS le veut, ce qui confirme que le PS a été aussi avec Hollande parachuté par .... quant à celui qui suit Macron , c'est " asinus asinum fricat " ......

  • Par MIMINE 95 - 08/01/2017 - 10:54 - Signaler un abus MAIS, MACRON LA AVOUE, il n'est pas socialiste !

    Je mens, tu mens, il mens, nous mentons ... etc etc , c'est le premier verbe qu'on apprend à conjuguer quand on "fait" de la politique. Il semblerait que Macron le conjugue parfaitement. Les socialistes se sont laissés berner..... bien fait! . A présent, le petit est en train de berner le petit peuple naïf qui le soutient, et mets "t'en lui" tout son désespérant espoir d'entrer dans la cour des "riches". En fait, grâce à leur poulain, il finiront......auto-entrepreneur !!!!! aux fins de mois précaires et difficiles.

  • Par MIMINE 95 - 08/01/2017 - 11:12 - Signaler un abus Macron L'A avoué

    OUPS !

  • Par vangog - 08/01/2017 - 13:38 - Signaler un abus Le talentueux Monsieur Macron-Ripley...

    pas socialiste, ni radical-socialiste, ni communiste, ni frondegauchiste, ni écolo-réactionnaire, mais gauchiste quand même...ça sent la fusacq de gauche par un sacré coucou, tout ça! Mais qui êtes-vous monsieur Macron-Rothschild?...

  • Par Deudeuche - 08/01/2017 - 14:38 - Signaler un abus Macron est libertaire (liberal en anglais) et

    libéral (pro business en anglais). La société arc en ciel et la privatisation autant que possible, un Tim Cooke hétéro quoi!

  • Par A M A - 08/01/2017 - 14:55 - Signaler un abus Ce qui surprend chez ce

    Ce qui surprend chez ce bonhomme c'est sa suffisance. Il parait convaincu de pouvoir faire face aux situations les plus difficiles que réserve l'avenir. Si Hollande ne s'est pas représenté, c'est probablement qu'il a renoncé à se confronter à l'effondrement dramatique du système politique et social français et européen.

  • Par ikaris - 08/01/2017 - 18:00 - Signaler un abus Article à moitié intéressant

    Si les réponses de Bruno Cautrès sont assez intéressantes, l'intox médiatico-publicitaire de Benjamin Griveaux n'a strictement aucun intérêt. Effectivement pour que Micron aie la voie royale il lui faudrait non une OPA sur le PS (style Rotschild) mais un ralliement (style De Gaulle) ... et sauf marasme complet du PS à la primaire et ensuite ça n'arrivera pas. C'est plus ouvert pour la suite. Par conte même de la part du Cevipof j'aimerais tout de même qu'on s'interroge plus ouvertement sur "l'achat de sondage"' qui semble se produire selon un mécanisme qu'a décrit Philippe De Villiers dans son livre écrit il y a un an et demi : des parrains fortunés achètent littéralement la crédibilité d'un candidat (DE Villliers parlait des sondages pour un referendum).

  • Par Fran6 - 08/01/2017 - 18:59 - Signaler un abus oh là là

    pour tenir un pays comme le notre, il faut être un chez d'état, Macron ne l'est pas et son mentor ne l'a pas été non plus pendant 4 ans 1/2 et pour répondre à la question du titre, il devient de gauche quand ses derniers le rejoindront mais il risque de perdre une partie de son centre du même coup

  • Par cloette - 08/01/2017 - 20:34 - Signaler un abus Se méfier des sondages

    Ils sont achetés par les partis politiques ou des mécènes pH D Villiers l'explique très bien par un exemple personnel . Le sondage acheté fait monter le pourcentage de M. Untel alors automatiquement M. Untel est invité dans les médias radios télés , et plus connu il monte après coup , les médias suivent les sondages !!! Les pourcentages fictifs tendant à devenir vrais tant l'influence de ce qui passe à la télé est grande auprès du citoyen . Avant ce qui était écrit noir sur blanc était le vrai, aujourd'hui on ne lit plus , c' est l'écran qui rend connu qui est le vrai !

  • Par zouk - 09/01/2017 - 09:17 - Signaler un abus E. MACRON

    J'ai beaucoup de mal à voir en lui un espoir de vrai redressement pour la France malgré un certaine prise de distance vis à vis des entêtements idéologiques et archaïques du PS

  • Par Citoyen Ordinaire - 09/01/2017 - 12:49 - Signaler un abus Le candidat de la précarité

    Si vous rêvez de vivre à l'Allemande avec des Jobs à 3€ de l'heure, ou à l'Anglaise avec des CDI mais on vous appelle que quand on a besoin, votez Macron l'Illusion... Le candidat de l'Oligarchie Mondialiste....qu'on nous présente de Gauche...Quand il a les mêmes discours que Sarkozy....Ah bas les 35h, je suis le candidat du travail, Ah bas les corporatismes....

  • Par A M A - 15/01/2017 - 20:12 - Signaler un abus Si l'unité du PS dépend de

    Si l'unité du PS dépend de Macron, deux catastrophes apparaissent à l'horizon. L'une serait la renaissance du PS. Et la pire l'élection de "Chérubin".

  • Par foxlynn - 19/01/2017 - 10:15 - Signaler un abus mais

    qui est Monsieur Macron ? un mystère ! ... on ne sait rien de lui ... est-il libéral alors que la loi Macron sur les professions reglementées a encore ajouté des normes , des taxes et autres complications sans compter l'intervention d'organisme comme l'autorité de la concurrence ! on en est à tirer au sort les futurs notaires ... et c'est prévu dans la loi ... Monsieur Ferrand qui rend responsable les notaires en place devrait avoir l'honneteté d'assumer ses responsabilités ! ... on ne comprend pas grand chose à la stratégie de cette personne non identifiée qu'est Macron .. ni à gauche , ni à droite ... progressiste ça veut dire quoi ? qu'on est pour l'esclavage des femmes indiennes qui vendent leurs enfants à des couples européens ? .... uberiser la justice ? uberiser le droit ? uberiser tout comme la santé ? .... ça c'est un progrés ? ... c'est ce que veulent les français qu'ils rencontrent ? .... j'en doute ... vraiment car ce n'est pas ce que j'entends ...

  • Par Iker - 19/01/2017 - 17:58 - Signaler un abus La Gauche Morale

    Après avoir dénoncé le Mur de l'argent, le PS s'allie à un pur produit du Mur de l'Argent pour les sauver d'une déroute annoncée. Pendant ce temps ledit Macron a déjà laissé entendre qu'il veut faire 100 Milliards d'économie sur le fonctionnement de l'Etat. . Bah !!! ils leur restent encore le "Front Républicain" . Décidément la déroute de la Gauche Morale (ou tout du moins ce qu'il en reste) risque d'être totale

  • Par aparté - 22/01/2017 - 13:36 - Signaler un abus Rappelons nous Hollande en 2012 !

    La gauche a été d'une médiocrité inimaginable ! TOUT ce quelle a annoncé n'a été qu'un fiasco et comme par miracle" Macron "conseillé de Hollande et ministre de l'économie serait en mesure de satisfaire toutes les illusions annoncées en 2012 ! Mais quel est ce peuple immature , gavé tel des oies au tout état ,communiste sans l'avoir subit sinon Mélenchon n'existerait même pas ,pas plus que la CGT .A chaque envolé d'un discours démagogique et idéologique d'un guignol , il se rue tel des oies de basse- cours stupides sans même y comprendre l'essentiel .

  • Par A M A - 08/02/2017 - 17:02 - Signaler un abus Quelques soient ses idées, si

    Quelques soient ses idées, si on suppose qu'il en ait jamais eu, Macron sera vraisemblablement élu. La victoire ne peut pas échappé au propriétaire de son écurie, à la voix de son maître. C'est le plus riche. Les programmes sont pour les "gogos" qui croient aux salades que leur vendent des médias prétentieux et gavés, toujours plus avides de nourritures terrestres..

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Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

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Benjamin Griveaux

Benjamin Griveaux est le porte-parole du mouvement d'Emmanuel Macron "En Marche !"

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