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Quand les Chinois investissent plus dans leurs infrastructures que l’UE et les Etats-Unis réunis, ou pourquoi la faiblesse de nos dépenses publiques d’équipement menace notre avenir économique

D'après une étude menée par le cabinet de conseil McKinsey, "la Chine dépense annuellement plus pour les investissements que l'Europe et les Etats-Unis réunis". Cette situation de sous-investissement des pays développés par rapport aux pays émergents risque de peser lourdement sur la compétitivité future des premiers.

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Quand les Chinois investissent plus dans leurs infrastructures que l’UE et les Etats-Unis réunis, ou pourquoi la faiblesse de nos dépenses publiques d’équipement menace notre avenir économique

Atlantico : Depuis l'éclatement de la crise en 2008, les investissements dans les infrastructures ont beaucoup diminué au sein des pays occidentaux, tandis que la Chine investit massivement dans les routes, les égouts, les ponts... D'après un rapport mené par le cabinet de conseil McKinsey, "la Chine dépense annuellement plus pour les investissements que l'Europe et les Etats-Unis réunis". En diminuant les investissements, les pays européens ne s'enferment-ils pas dans un cercle vicieux économique ? Alors que les Etats-Unis ont renoué avec la croissance, pourquoi n'investissent-ils pas plus dans les infrastructures ?

Quels pourraient en être les bienfaits, à court, moyen et long termes ?

Jean-Marc Siroën : En soi, il n’est ni étonnant, ni anormal que la Chine investisse plus que les pays occidentaux car les besoins sont extraordinairement plus importants. Il est vrai que la Chine a compris que la poursuite de son développement passait par le développement de ses infrastructures alors que d’autres pays émergents, comme le Brésil, n’y sont jamais parvenus. Néanmoins,  même dans les pays occidentaux, y compris les Etats-Unis ou le Canada, les infrastructures restent insuffisantes et souvent mal entretenues. Le métro de Shanghai est bien plus avenant que le métro new yorkais. En fait, la question d'un sous-investissement dans les infrastructures a été posée avant la crise de 2008.

Dans les années 1990, un des grands débats entre économistes était justement la contribution des dépenses d’infrastructure à la croissance et à la productivité, y compris dans les pays avancés, notamment les Etats-Unis. Les réponses furent contrastées mais le plus souvent optimistes. Investir davantage dans les infrastructures a ainsi plusieurs effets positifs. Au niveau macro-économique, les dépenses stimulent l'activité économique à court terme. A plus long terme,  au niveau micro-économique, de meilleures infrastructures contribuent à améliorer la productivité et donc la compétitivité. C’est un facteur important d’attractivité pour les firmes étrangères. Réduire les temps de transport, favoriser la communication, sécuriser la fourniture d’eau ou d’électricité a des effets directs sur la productivité, mais aussi des effets indirects liés, par exemple, à la santé des travailleurs ou à leur qualification. 

Quelles peuvent être les conséquences sur le long terme de ce manque d'investissements dans les infrastructures au sein des pays occidentaux ? A l'inverse, quel est le risque que la Chine surinvestisse ? Avec quelles conséquences ? 

Un sous-investissement par rapport aux pays émergents peut donc peser sur la compétitivité future des pays avancés. Il est aussi une source de mécontentement social lié à la mauvaise qualité des transports ou à la dégradation des hôpitaux ou des écoles. Réduire les émissions de gaz à effet de serre exige aussi une rénovation des infrastructures. Toutefois, les dépenses d'infrastructure sont des investissements et reposent sur des prévisions qui peuvent se révéler fausses. Il est possible que la Chine ait parfois surinvesti dans certaines de ses infrastructures et sous-investi dans d’autres. Plus de routes et de TGV pour développer des mégapoles, peut-être trop vite et avec une pollution intolérable.

 
Commentaires

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  • Par valencia77 - 19/06/2016 - 15:54 - Signaler un abus China vs Mexico

    L'infrastructure chinoise c'est les derniers standards americain mais ameliores. Le mexique, meme le neuf est toujours tiers monde. Mexican labor is good it must be their bosses that are screwed up. Bolivia has the best dirt roads I have seen anywhere, except when it rains. Peru has the worst dirt roads, good surveyors and fucked up bosses. Now you know the whole story.

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Jean-Marc Siroën

Jean-Marc Siroën est économiste. Il enseigne actuellement à l’université Paris Dauphine et est professeur au sein du département Master Sciences des Organisations. Il est spécialiste d’économie internationale. Il participe également au programme de recherche Nopoor, financé par l'Union européenne, sur les politiques de lutte contre la pauvreté. 

 

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