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Quand c’est flou… : petit guide des ambiguïtés macronniennes

Entre ses paroles et ses actes, on peut constater un certain écart qu'illustre très bien le "en même temps" du Président de la République. Un jeu d'ambiguités qui pourrait s'avérer dangereux s'il persiste dans les années à venir.

Ombre et lumière

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Quand c’est flou… : petit guide des ambiguïtés macronniennes

Atlantico : A plusieurs reprises, Emmanuel Macron a pu être pris en défaut dans l'écart existant entre ses discours et déclarations d'intention et les actions politiques menées jusqu'alors. "Je propose une politique fiscale plus réaliste, plus juste et plus équilibrée", "Je souhaite revenir à une filiation française que je qualifierais plutôt de gaullo-mitterrandienne ou de chiraquienne " "l'Europe est de retour", "je ne veux plus d'ici la fin de l'année avoir des hommes et des femmes dans la rue", "nous devons accueillir des migrants, c'est notre honneur et notre devoir", "refonder l'Europe", sont autant d'exemples de phrases qui semblent marquer une distance avec les réalité des actes.

Quels sont les écarts constatés les plus importants d'Emmanuel Macron, entre les paroles et les actes, notamment au travers de ces phrases ? 

Christophe Bouillaud : La liste est longue, et elle sera forcément subjective de ma part. Le plus grave, par ordre d’importance, me semble devoir être l’écart entre un affichage écologiste – avec le beau slogan « Make Our Planet Great Again » et un Nicolas Hulot Ministre de la transition écologique - et la réalité des décisions prises en la matière. L’éventuel arrêt du projet de Notre-Dame-des-Landes ne doit pas cacher en effet qu’en matière de commerce international, la politique française, comme on l’a vu récemment lors de la visite d’Emmanuel Macron en Chine ou lors de l’approbation du traité CETA par la France, tourne résolument le dos à toute conception écologique du monde. Nous allons continuer à encourager à l’échelle mondiale l’émission de toujours plus de CO2 dans l’atmosphère. Et, ne parlons même pas de cette mine d’or en Guyane française que le gouvernement voudrait autoriser semble-t-il, alors même que l’or n’est pas un métal rare stratégique et que, s’il y a bien une chose importante en Guyane, c’est justement le fait que la France, Etat de droit, Etat où les trafiquants de bois ne font pas la loi, pourrait y sauver sa petite part de forêt amazonienne, alors que le Brésil actuel s’est lancé dans sa destruction systématique au nom de la relance de sa croissance. Ou n’évoquons pas cette petite mesquinerie de prétendre interdire l’exploitation des énergies fossiles sur le territoire français, tout en l’autorisant tout de même en pratique au-delà de 2040. Que dire aussi du maintien de fait de la priorité au nucléaire ? On a dit que le mouvement d’Emmanuel Macron s’inspirait des méthodes du secteur privé. J’ai bien peur qu’en matière d’écologie, il nous fasse le coup de ce qu’on appelle le « greenwashing », tellement typique des grandes entreprises contemporaines, c’est-à-dire faire semblant pour la galerie des consommateurs un peu naïfs et confiants dans la morale commune de la parole donnée de respecter les contraintes et les opportunités écologiques, tout en continuant discrètement à s’en moquer royalement, au nom justement des royalties à verser aux actionnaires. 

 
Commentaires

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  • Par pale rider - 15/01/2018 - 08:20 - Signaler un abus je n'aime pas les Tartuffes et ne peux donc apprécier Macron

    en revanche, je me suis régalée en lisant ces lignes : un auteur gauchiste étatiste manifestement déçu par le poulain qu'ils s'est élu . Moins de fonctionnaire : Yes ! Sélection à l'entrée en université : Yes ! Continuer la filière nucléaire : Yes ! ...

  • Par ikaris - 15/01/2018 - 11:19 - Signaler un abus Début de tir de barrage des gauchos

    alors que le vaisseau amiral PS est coulé au 3/4 (et qu'on a bon espoir pour le reste), les intellectuels et autres politologues de gauche se lamentent que leur ancien poulain qui a réussi sa prise de pouvoir à la Machiavel ... ne soit pas si gaucho que ça ! Il faut dire que Macron a vite fait d"'analyser que sa chute immédiate dans les sondages était lié à des présupposés trop Hollandais sur lui (l'éviction du CEMA n'a pas aidé) et qu'il a su droitiser son image en accord avec l'immense majorité des français (réalisme écologique, discours moins laxiste sur la sécurité et l'immigration, esquisse de fermeté sur le terrorisme, prises de position sur l'éducation nationale, diplomatie) ... reste que les paroles doivent se transformer en acte quand même ! espérons que cette tribune de lamentation de Bouillaud en augure beaucoup d'autres (heu ... pas toutes sur atlantico quand même :-( )

  • Par JLH - 15/01/2018 - 12:56 - Signaler un abus surtout ne rien faire,

    çà va bien, d'ailleurs, çà va tellement bien que çà va mieux, c'est vous dire. L'université va très bien, elle maintient son niveau international médiocre, le niveau des bacheliers est médiocre, surtout en français, en orthographe, en rédaction même simple d'une lettre de 3 lignes, en calcul, et horesco referens peut-on aborder la culture générale, osons le mot culture. En fait, dans le grand bordel universitaire, la première année est depuis très longtemps conçue pour essayer une remise à niveau et sélectionner. M. Bouillaud, soit vous êtes inconscient, soit vous planez au dessus de la réalité, soit votre malhonnêteté intellectuelle et votre idéologie vous dominent et effacent la réalité qui est aussi votre réalité que vous ignorez. Quant aux aspects économiques de votre propos, ils ne prennet nullement en compte "la transition fulgurante" (titre d'un bon livre collectif) que nous vivons. Vous êtes un homme du passé et un homme dépassé.

  • Par jurgio - 15/01/2018 - 15:05 - Signaler un abus Le président qui veut tout faire mais seulement ce qu'il peut

    jusque ce qu'il ne puisse rapidement ne plus rien trouver à faire.

  • Par A M A - 15/01/2018 - 15:08 - Signaler un abus Surtout rester vague pour

    Surtout rester vague pour être plus précis...C'est de l'art.

  • Par vangog - 15/01/2018 - 15:18 - Signaler un abus ah ben!...si le gauchiste C. Bouillaud s'y met...

    à peine un an après l'élection de son poulain!...ça présage d'un avenir plutôt morose, face à la nomenklatura qui a élu le clone Rothschild...Ah! si vous aviez écouté le Front National, avant!..;

  • Par Anouman - 15/01/2018 - 16:27 - Signaler un abus Langue fourchue

    Macron n'est pas le seul politicien à avoir la "langue fourchue". En fait il serait presque anormal qu'il en soit autrement. Les politiciens qui ont un discours et des actes cohérents ne vont pas aussi loin.

  • Par Ganesha - 15/01/2018 - 19:12 - Signaler un abus Taisez-vous !

    Vous êtes 31 millions de citoyens français adultes, disposant du droit de vote, et qui le 7 Mai 2017, se sont abstenus ou ont voté Macron. Le fait que vous soyez, ou non, satisfaits, ne présente qu'un intérêt... très accessoire ! En tout cas, vous devriez avoir la décence de ''fermer vos gueules'' !

  • Par pierre de robion - 15/01/2018 - 22:22 - Signaler un abus "Gogo gôchiste"

    Les lecteurs d'Atlantico ayant mis à poil l'âme gôchiste de ce prof de fac "empoisonneur" d'esprits faibles, car formatés par d'autres pédagos de son acabit, je constate, à lire les posts, que la faculté de réflexion n'est pas morte et que Macron n'aurait pas été élu si ces derniers avaient constitué le corps électoral! Hélas, que peut-on attendre d'un pays où une chaine d'info du "service qui se prétend public" fait sa pub sur le thème "venez suivre en direct la présentation du panda"!

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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