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"Personne n'est assez légitime pour savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous au point d'attenter à nos libertés"

Extraits de "Dictionnaire amoureux de la Liberté", de Mathieu Laine, aux éditions Plon. 1/2

Bonnes feuilles

Publié le - Mis à jour le 17 Janvier 2016

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Procréation médicalement assistée (PMA), Gestation pour autrui (GPA), mariage pour tous, transexualisme, immigration, migrants, prostitution, suicide, euthanasie, cannabis, légalisation des drogues, droit de tout dire y compris sur Internet, caricatures provoquantes, burqa, commerce des organes, homme modifié... Autant de sujets sensibles heurtant nos consciences, et bousculant les amoureux de la liberté.

Si une immense majorité adhère aux libertés politiques, c'est à la marge que se mesurent l'amour, la passion, voire même l'idolâtrie potentiellement sectaire pour la plus belle des valeurs humaines. Les libertariens (Mises), les minarchistes (Nozick), plus encore les anarcho-capitalistes (Rothbard) envisagent, en suivant, selon les penseurs, un raisonnement utilitariste ou en s'inscrivant dans la tradition jusnaturaliste, la possibilité d'une liberté totale, non bridée par l'Etat, généralement fondée sur la propriété de l'homme sur son propre corps et la liberté corollaire d'en faire ce qu'il souhaite.

Autrement dit, "les vices ne sont pas des crimes", comme l'écrivait Lysander Spooner en 1875., et personne ne serait assez légitime pour savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous au point d'attenter à nos libertés en contraignant nos propres choix et comportements. Les vices, ces actes par lesquels un homme peut nuire à sa propre personne ou à ses biens, ne seraient aucunement des crimes, ces actes portant atteinte à la personne ou aux biens d'autrui, et relèveraient donc de la pleine liberté de chacun.

Aucun gouvernement ne serait suffisamment légitime à les réguler, encore moins à les interdire ou à les sanctionner. Spooner va plus loin en qualifiant de tyrans ceux-là mêmes qui ambitionnent de nous protéger contre nos propres déviances, car ils empêchent les êtres humains de rechercher le bonheur ou la connaissance par tout moyen légitime (n'agressant par la propriété d'autrui, y compris sur lui-même) qui lui semble bon. Condamnant le moralisme posté en embuscade derrière cet interventionnisme comportemental , Bernard Mandeville, le fameux auteur de La Fable des abeilles, se désole par ailleurs que les efforts pour abolir la débauche ont servi seulement à la faire régner davantage".

Extraits de "Dictionnaire amoureux de la Liberté", de Mathieu Laine, publié aux éditions Plon, 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 
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  • Par vangog - 16/01/2016 - 14:56 - Signaler un abus La conception intégriste de la Liberté

    est aussi inapplicable que le sont toutes les conceptions intégristes. Pourquoi? Parce que la Liberté n'est pas un concept pratique (Personne au monde ne peut se déclarer en "pleine liberté de choix et de moyens"...), mais un idéal inaccessible. Seuls comptent les carburants de cette Liberté et le caractère ondulatoire de son parcours, tendancieux comme un libertin, réfractaire comme un objecteur de conscience, capricieux comme une midinette... Ce que doivent comprendre les gouvernements modernes, c'est la souplesse nécessaire accordée aux limites de la Liberté bornées par les lois de la République . Les contraintes qui étaient unanimement acceptées il y a deux ans, peuvent totalement être remises en question, aujourd'hui. Le système législatif français procédant par accumulation est donc en fin de vie, ainsi que le système judiciaire procédant par jurisprudence. Les systèmes anglo-saxons, common law procédant par analyse des faits en tenant compte du temps, sont plus souples et plus adaptables, et s'imposeront rapidement. Sinon, la révolte grondera...

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Mathieu Laine

Mathieu Laine dirige le cabinet de conseil Altermind.

Essayiste, il a publié entre autres le Dictionnaire du Libéralisme (Larousse, Avril 2012), ainsi que le Dictionnaire amoureux de la liberté (Plon, Janvier 2016).

Il est aussi l'un des actionnaires d'Atlantico.

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