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Quand l’Allemagne s’apprête au freinage de son économie qui fragilise l’Europe

Le poids lourd de l’économie européenne, l’Allemagne est victime d’un trou d’air dont on ne peut encore mesurer l’ampleur, mais qui va perturber le fonctionnement de ses partenaires du vieux continent.

Edito

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Quand l’Allemagne s’apprête au freinage de son économie qui fragilise l’Europe

 Crédit JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Le comité des Sages de Berlin, composé de cinq économistes conseillers du gouvernement vient d’attirer l’attention dans un rapport de 450 pages sur les menaces qui pèsent sur le pays, car l’environnement économique qui avait propulsé l’Allemagne à un véritable état de surchauffe n’est plus porteur. La décélération est déjà à l’œuvre depuis plusieurs mois. Un premier coup de semonce a été donné par l’industrie automobile sous le double effet des mesures prises par Donald Trump à l’encontre des grosses cylindrées d’outre-Rhin pour lesquelles il veut réduire le débouché américain, mais aussi en raison des nouvelles normes d’homologation des voitures qui vont déjà entraîner cette année une diminution de la production de sept pour cent en moyenne pour Daimler, BMW et dans une moindre mesure Volkswagen.

Ce secteur phare va affecter par contagion l’ensemble des grandes entreprises et un dégonflement de l’activité. Certes, le pays avait besoin de souffler après une année 2017 impressionnante, marquée par la création de 638 000 emplois – deux fois et demi de plus qu’en France – et une pénurie criante de main d’œuvre malgré les importations massives de travailleurs étrangers au cours des année qui précédaient, obligeant à recourir à des embauches de personnels de moins en moins qualifiés faute de mieux, au détriment de la productivité et de la qualité. Pour freiner la surchauffe, on aurait eu recours à un relèvement des taux d’intérêt, impossible aujourd’hui avec l’euro dans la mesure où la banque centrale européenne entend maintenir un niveau bas du loyer de l’argent.

 

 

C’est pourquoi le Comité des Sages envisage une baisse de l’activité, car un trop fable chômage finit par appeler la récession. Ainsi le rythme de croissance pourrait tomber de 2,3% à 1,6% seulement cette année et 1,5% en 2019. Une chute particulièrement sensible, qui s’accompagnerait d’une réduction de l’investissement avec un impact sur les autres partenaires européens. La Commission de Bruxelles vient d’ailleurs de revoir à la baisse les performances attendues des différents Etats membres, d’autant qu’à côté de l’Allemagne où la panne de gouvernance commence à se faire cruellement sentir, l’Italie inquiète, alors que son économie pourrait quasiment stagner en raison des divergences que la coalition au pouvoir affiche publiquement. C’est aussi une mauvais nouvelle pour la France, dont l’Alle magne est le premier partenaire commercial avec un déficit qui pourrait encore se creuser.

Mais c’est toue la planète qui est concernée par un ralentissement général comme le redoute Christine Lagarde, la directrice du Fonds Monétaire International, qui vient d’abaisser les prévisions de la croissance mondiale à moins de deux pour cent l’an prochain. D’autant que les Etats-Unis pourraient donner le la du fléchissement si les résultats des élections de mid-term se traduisaient par un blocage institutionnel dont l’économie ferait les frais. Au demeurant, les milieux financiers commencent à penser que les marchés s’attendent plutôt à un recul d’ici la fin de l’année, recul qui a déjà gagné le marché du pétrole, en repli de vingt pour cent en quelques semaines, ce dont le gouvernement français ne pourrait se plaindre car cela l’aiderait à résoudre le casse-tête pétrolier à quelques jours d’une manifestation délicate contre la hausse récente des taxes qui affectent l’or noir.

 

 
Commentaires

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  • Par aristide41 - 09/11/2018 - 08:06 - Signaler un abus Voilà

    le vrai effet Trump. Et ce n'est qu'un début. Il va ruiner le monde entier et comme à chaque fois qu'on ne pense qu'à sa gueule, ça marchera un temps puis ça lui retombera dessus. Il veut résorber le déficit budgétaire avec des taxes, mais ce qui appauvrit les autres va peser sur ses exportations et ...augmenter le déficit budgétaire..;De plus, ça ne va pas plaire aux multinationales du style Amazon ou Apple qui font une grande partie de leur beurre en Europe.

  • Par Atlante13 - 09/11/2018 - 09:17 - Signaler un abus Sûr que Trump ne pense qu'a lui et a

    l'Amérique. Mais les allemands n'ont jamais pensé qu'a eux, les italiens maintiennent le pays grâce a leur mafias, les anglais ne pensent qu'a eux contre le monde entier, et les français eux ne pensent qu'au bien-être de leurs haut-fonctionnaires et petits fonctionnaires, circulant de la fonction publique à la fonction privée et vice-versa, gardant ainsi la maitrise financière à Bercy et politique à l'Elysée, et tout cela a coups d'impôts nouveaux et taxes pléthoriques où plus personne ne comprend plus rien, mais que les français qui travaillent doivent alimenter sans cesse. Or our payer des impôts il faut produire et vendre, sauf que bientôt nous n'aurons plus que des chômeurs et des gens qui pensent beaucoup, mais ne produisent que du vent. Va-t-on inventer la TVA sur la pensée? ou sur les discours? vu qu'il n'y a bientôt plus d'usines...

  • Par assougoudrel - 09/11/2018 - 09:18 - Signaler un abus "Trump ne pense qu'à sa gueule"

    tout comme l'Allemagne avec ses "partenaires" européens. Il y a toujours un juste retour des choses. Ce n'est pas moi qui plaindrai ce pays qui, par sa voracité, a bridé l'Europe. Nous sommes dans un nouveau 14-18 et l'immigration est "l'allier" de Merkel, allié qui, dès le départ, s'est retourné contre elle. Tout le monde trinque.

  • Par ajm - 09/11/2018 - 14:42 - Signaler un abus Immigration et industrie.

    Il faut noter que seule une minorité des centaines de milliers d'immigrés arrivés en Allemagne il y a maintenant deux ans travaille ( environ un quart) et que , parmi ceux qui travaillent, la plupart sont dans des petits boulots de service et très peu dans des emplois qualifiés de l'industrie, comme les bons esprits le claironnaient à l'époque. L'Allemagne a toujours besoin de personnes qualifiées pour son industrie et peu d'étrangers possèdent la technicité nécessaire et la connaissance suffisante de la langue.

  • Par hermet - 09/11/2018 - 17:01 - Signaler un abus Même l'Allemagne est foutue ?

    si on croit cette article plutôt que de remettre en cause la politique monétaire, et donc le cade de l'Euro; l'Allemagne préfère renoncer à la croissance, comme l'Italie, comme la France...mais enfin si l'Euro ne profite plus à personne (en dehors peut-être des retraités et fonctionnaires du sud) Quand nos politiques auront le courage de revoir son fonctionnement ? et sa raison d'être ? En dehors de l'Allemagne jusqu'ici TOUS les pays européens dynamique économiquement sont en dehors de l'Euro, soit à peu prés tous les pays d'Europe hors zone Euro (Suède, Pologne, Slovaquie, GB, Suisse, Islande...)

  • Par gerint - 09/11/2018 - 21:39 - Signaler un abus Effet Trump ?

    Peut-être est-ce un catalyseur mais ce qui arrive devait je crois arriver du fait de cette merde d’Euro

  • Par vangog - 10/11/2018 - 10:22 - Signaler un abus Les mesures prises par D.Trump????

    Elles ont provoqué une augmentation de 20,8% des importations allemandes sur les neuf premiers mois de l'année 2018: les Etats-Unis ont importé pour 85,5 milliards d'euros de produits allemands! Forte hausse des exportations allemandes vers la Grande Bretagne aussi (M.Garibal nous expliquera probablement que c’est à cause du Brexit?...), et vers l’Espagne redressée par l’excellent Rajoy, et vers l’Italie...Décidément, ces analystes biberonnés au néo-trotskysme sont incapables de nommer les choses par leur nom! Merz le fait pour eux: l’Allemagne commence, enfin, à souffrir de la sous-évaluation de l’euro pour son économie, alors qu’elle a fait souffrir les autres pays européens d’une sur-évaluation de l’euro pour leurs économies non-compétitives- France gauchiste en tête!- mais la doxa europeiste est tellement mortifère, que les analystes n’avoueront jamais l’erreur originelle de l’Euro, même au fond du bunker berlinois...Deuxième cause du ralentissement allemand: le ralentissement des émergents. Donald Trump et son excellent protectionnisme économique ne sont pour rien dans cette mécanique! Copie à réécrire, Garibal! Vous n’arriverez qu’à exciter les benêts comme Yann Barthes..

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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