Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 31 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

La qualité des hôpitaux français est-elle en train de s’effondrer ?

Depuis que l'hôpital est géré comme une entreprise, la rentabilité est désormais le plus important. Les malades mais aussi le personnel soignant sont passés aux oubliettes et la qualité des hôpitaux français pourrait bien s'en faire ressentir.

Les médecins malades

Publié le
La qualité des hôpitaux français est-elle en train de s’effondrer ?

La qualité des hôpitaux français serait en baisse. Crédit Reuters

La qualité des hôpitaux français est-elle en train de s’effondrer ? Évidence pour tous, l’hôpital s’écroule depuis qu’on a voulu le gérer comme une entreprise, que la rentabilité est devenue l’objectif premier, le patient un client, les soins des moyens de vendre médicaments et dispositifs innovants à des prix prohibitifs, que l’idée de guérir des malades n’est plus la priorité.

« Au fait, c’est quoi un patient ? »  Les jeunes directeurs alignent des chiffres et vous font des remontrances parce qu’on a « trop transfusé ! » plus que l’enveloppe prévue. L’hôpital  est  devenu une machine à sous.

  Nos hôpitaux sont remplis de personnels de qualité voire exceptionnels parfois, mais les liens sont cassés. Des ilots de vraie médecine ont  pu se préserver, où tout le monde peine pour travailler à l’ancienne et résister aux pressions administratives.  Mais au prix de quelle usure pour les soignants et combien de temps tiendront-ils ?

Dans les années 90 le système de santé français était classé au premier rang mondial par l’OMS. Il faisait des envieux désireux de l’exporter aux USA et en Amérique du sud. Dans la logique libérale, il était urgent de le casser pour qu’il ne serve plus d’exemple. La réforme  de 1991 commença son travail de sape.  La loi instaura une double hiérarchie hospitalière afin que  les  paramédicaux ne dépendent plus de l’autorité médicale. Diviser pour régner, classique toujours efficace.  Manipulation politique imparable. 

Faire échapper les soignants, infirmiers, aide soignants et toutes corporations sauf les médecins  au pouvoir du Mandarin ne choqua personne. La voix des opposants fut étouffée. La pensée unique régnait déjà. On promit aux infirmières monts et merveilles en reconnaissance, salaire, pouvoir quasi  médical. C’était  l’époque du « diagnostic infirmier » qui allait les transformer en officiers de santé (bientôt frustrés de ne pas avoir les mêmes droits sur les patients). Combien de belles vocations gâchées par cette manipulation des consciences.

Les élèves infirmières devinrent étudiantes au prix d’un allongement de la durée des études de plus en plus théoriques et éloignées du contact avec les patients qui leur donnait leurs lettres de noblesse. On les hyperspécialisa. C’est ainsi qu’on créa une surspécialité les IBODE, infirmiers de bloc opératoire au prix de 18 mois d’école supplémentaire, leur demandant d’acquérir des connaissances en techniques de stérilisation, procédures juridiques et quelques notions chirurgicales. Ils tomberont de haut au contact des réalités du bloc. Les plaintes  actuelles de cette corporation en témoignent. Certes elles connaissent tout des procédures « de qualité », formatés aux référentiels multiples à appliquer pour obtenir les accréditations et satisfaire aux audits. Mais ils sont bien mal préparés aux aides opératoires. Dans leur cursus on différencie 14 spécialités chirurgicales censées être  acquises en 14 semaines ! Or un minimum de 3 mois est nécessaire à un étudiant en médecine (qui a déjà 5 ans d’études dont beaucoup d’anatomie) pour être  « utile » comme aide opératoire pour une spécialité chirurgicale précise.  Les chirurgiens préfèrent se faire aider par des étudiants  ou médecins (éventuellement étrangers), qu’ils forment  à leur exercice particulier.[1] Drame induit par le « syndrome de l’école » qui forment des professionnels inadaptés au terrain (idem pour les cadres infirmiers ou les jeunes directeurs d’hôpitaux) sans expérience antérieure longue des exigences hospitalières.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par carredas - 29/10/2012 - 10:21 - Signaler un abus Témoignage

    Je n'ai pas lu le long article de Nicole Delépine " thérapeute engagée" je veux juste témoigner suite à une intervention chirurgicale récente, du progrès constaté dans la manière dont sont considérés les patients hospitalisés, sur la manière dont est prise en compte la douleur, et des précautions mises en place pour éviter les erreurs. Il faut saluer les améliorations quand elles existent.

  • Par Un passant - 29/10/2012 - 10:35 - Signaler un abus Autre témoignage

    @carredas: je ne vois pas bien le sens de ce commentaire: vous n'avez pas lu l'article et apportez juste un témoignage anecdotique, donc pas forcément très utile au débat. Ce dont parle cet article est trop important pour s'enterrer dans des discussions personnelles stériles. En tout cas, je remercie N. Delépine pour cette analyse extrêmement précise et pertinente de la situation de l'Hôpital Public. Etant personnellement chercheur en Sciences de Gestion et travaillant sur le problème de l'évaluation, je ne peux qu'aller dans son sens.

  • Par vangog - 29/10/2012 - 10:51 - Signaler un abus C'est parceque l'hopital n'était pas geré comme une entreprise

    qu'il est arrivé à l'état lamentable ou les professions de santé l'ont trouvé il y a une dizaine d'années: gabegie financière phénoménale, passe-droits, lits inoccupés, doublement des journées de convalescence par rapport au privé, pléthore de personnel de services, infirmières surchargées etc... L’hôpital avait donc furieusement besoin d'une gestion rationnelle, mais il est toujours chapeauté par une Sécu inepte, et ne pourra jamais se sortir de ses absurdités de gestion avec cette chape de plomb! Rien à voir avec une mauvaise gestion privée!

  • Par locler - 29/10/2012 - 10:53 - Signaler un abus juge et partie

    Il est impossible de disserter en quelques centaines de mots sur l'ensembles des maux de l'hopital. Pour les comprendre il suffit de les comparer aux autres dinausores de la fonction publique ou l'usagé n'est clairement pas la priorité. Je comprend moins les intrications dénoncés entre la reponsabilité du libéralisme et une évolution défavorable du fonctionnement hospitalier car l'activité libérale est strictement cloisonné certains grands patrons, dont vous faites l'éloge. L'univers hospitalier est une machine administrative avec un statut quasi équivalent aux fonctionnaires et dirigé par l'état avec le controle des syndicats hospitaliers; il n'y a pas libéralisme, juste du droit administratif. La dégradation du fonctionnement hospitalier, malgré un déficit cumulé de l'odre de 26 milliard d'euro, d'après ce que j'ai pu lire, resulte d'un défaut de gérance et il est bien compréhensible que chaque intervenant, essaye de faire reporter cette responsabilité à d'autres. Il est facile, face à un probleme complexe, de désigner un coupable simple, aujourd'hui le libéralisme, à fortiori si l'accusé n'a jamais été présent. L'autocritique constructive est plus difficile ...

  • Par Un passant - 29/10/2012 - 11:10 - Signaler un abus NPM

    Certains ici ne connaissent pas le New Public Management? Gestion de la sphère publique basée sur la théorie économique néo-classique. Ce système de gestion imposé notamment par la Banque Mondiale et le FMI aux pays à bas revenus à partir des années 90 a été un échec cuisant (les travaux actuels des économistes et gestionnaires ne font que constater les dégâts). L'Hôpital Public est victime de cette hérésie qu'est le NPM.

  • Par carredas - 29/10/2012 - 11:32 - Signaler un abus @Un passant

    Les patients étant au centre du système de santé, je réfute le caractère anecdotique du témoignage de ceux-ci quand bien même j'en ferais partie. Vous préférez un débat entre professionnels de santé ou chercheurs en Sciences de Gestion, libre à vous. Vous considérez comme anecdotiques les progrès réalisés dans les hôpitaux et ressentis par les patients malgré "l'effondrement" annoncé dans cet article de la qualité de ses soins, libre à vous. Pour ma part, je ne vois pas l'intérêt d'un débat technique sur l'univers hospitalier sur un site grand public comme Atlantico dans la mesure où les commentateurs non qualifiés ne peuvent guère argumenter et où le débat finit par se résumer à quelque chose qui se rapproche vaguement de gestion étatique face à gestion libérale. Madame Delépine est présentée comme thérapeute engagée, j'en conclus que son analyse est orientée en fonction de cet engagement, vous "allez dans son sens" c'est votre droit, cela ne vous donne pas une compétence particulière pour déterminer qui a le droit d'intervenir ici et pour dire quoi.

  • Par Rlilette - 29/10/2012 - 11:32 - Signaler un abus @locler

    Il me semble que vous ne savez pas de quoi vous parlez et que c'est vous qui désignez un coupable simple à un problème complexe ("branleurs de fonctionnaires hospitaliers, incapables de gérer correctement un budget"). Si je peux être très critique vis-à-vis de certains pans de notre fonction publique, je ne le serai en aucun cas (ou du moins pas dans les mêmes proportions) à l'égard du milieu hospitalier (je ne parle pas de la santé en général où il y aurait beaucoup à dire sur le sécurité sociale avec ses conflits d'intérêt,...). Ayant beaucoup de médecins pratiquants, infirmiers et mêmes des responsables administratifs d'ARS dans ma famille. Je souscris à 200% à la charge de Mme. Delépine. Les créations néo-libérales de gestion des hôpitaux sont des scandales sans nom qui ne mériteraient que leur suppression pure et simple tant elles sont inefficaces et contre-productives. A cette hérésie, j'en ajouterai deux autres qui ont fini de plomber l'hôpital: -La judiciarisation globale de notre société obligeant les médecins à moult examens inutiles pour se protéger contre des attaques en justice. -Les 35H qui ont rendu ubuesques certains emplois du temps.

  • Par Un passant - 29/10/2012 - 11:44 - Signaler un abus @carredas

    Je ne souhaite pas un débat entre experts, menant moi-même des recherches sur des expériences d'évaluations participatives. Je dis juste qu'il y a une différence entre présenter son expérience personnelle lors de telles expériences ou dans des associations (ou partis), afin d'en dégager collectivement des orientations, et de nouer des valeurs et des normes, et entre donner son avis personnel et individuel (sans avoir lu l'article en plus) détaché de tout contexte et autres possibilités d'élaboration. Malheureusement, grâce notamment à une compréhension de la société en terme d'atomes comme voulu par la théorie utilitariste, on confond ensemble aggloméré d'avis individuels souvent pulsionnels (ce qui n'est pas le cas de votre témoignage) et nouage collectif d'expériences sensibles et rationnelles. C'est d'ailleurs exactement ce que dénonce N. Delépine.

  • Par Aristote - 29/10/2012 - 12:21 - Signaler un abus Gabegie

    Le problème n'est pas de gratter les sous, mais de réduire d'au moins 20 % le nombre d'hôpitaux. Il est aussi de désengorger le système de patients qui n'ont rien à y faire. J'ai en enfant en sixième année de médecine, estomaqué par le gâchis et la mise en coupe réglée du système.

  • Par fopapousser - 29/10/2012 - 13:26 - Signaler un abus normal que le niveau baisse....

    nos meilleurs professeurs, chirurgiens et autres spécialistes partent à l'étranger moneyer leur talent et la France bouche les trous avec des spécialistes étrangers qui font ce qu'ils peuvent mais n'ont pas forcement le niveau....ceci d'une part et d'autre part si les "URGENCES" n'étaient pas étaient moins encombrées par des ventouses qui prennent les urgences pour un "centre commercial" des soins ont pourrait répartir les forces soignantes différemment!!!...

  • Par ISABLEUE - 29/10/2012 - 13:35 - Signaler un abus J'aurais aimé savoir QUAND les hopitaux étaient de qualité

    donc cela va être de pire en pire. Si les gens payaient (un peu) au lieu de considérer que la sécu fait tout, on n'en serait pas là. le tout gratuit, c'est bien joli mais il faut bien que quelqu'un paie !!! Pour avoir accompagné un proche dans plusieurs hopitaux, je voudrais dire que le fait que l'hopital ne soit plus ce qu'il était n'empêche pas que le personnel pourrait être plus aimable et humain. on est très mal reçu, il faut mendier pour avoir une conversation avec un soignant , quand ce n 'es t pas leur courir après (où sont-ils ?? occupés ?? tout le monde veut leur parler), prendre rendez-vous pour parler d'un proche malade.... le monde à l'envers quoi !! Les familles des patients sont les demandeurs, sinon personne ne vient vous parler ou tout simplement vous expliquer une pathologie... Système inhumain.... heureusement que ce n'est pas la majorité..;

  • Par vigil - 29/10/2012 - 16:46 - Signaler un abus une question

    Pourquoi nos hôpitaux qui captent 40 % du buget santé des français (ce chiffre est peut-être approximatif mais c'est un bon repère), soit une somme par habitant qu'aucun pays au monde ne connait (ou presque), sont-ils périodiquement au bord de la faillite ? Ce dont on est sûr c'est qu'il ne s'agit pas d'un problème de moyens, comme nos médias et la gauche se complaisent en permanence à nous dire. Donc il s'agit d'un problème de gestion dans lequel se retrouve, les élus locaux (qui voient toujours tout en grand), les médécins (qui voient toujours où est leur intérêt et qui ont un très gros appétit), les partenaires sociaux (qui ne voient rien si ce n'est quelques représentants bien placés pour toucher les jetons) et enfin l'Etat qui ne sert qu'a apporter sa caution aux déficites abyssinaux de ces institutions. Un mode de gestion bien français quoi, basé sur la concertation de tous les acteurs, comme se plairait à dire notre bon président Hollande.

  • Par deckardblue - 29/10/2012 - 17:06 - Signaler un abus PCF ? Mélenchoniste ?

    Ah , ma Bonne Dame. Si la santé ne va pas, c'est à cause de ces capitalistes de l'industrie pharmaceutique qui vendent si chers des médicaments qui ne servent à rien (au fait, mon livre "la face cachée des médicaments" est sur Amazon pour 16€38, suivez le lien sous ma photo) et que tous les intervenants de la filière santé (sauf moi, ça va de soi) imposent au mépris des règles que mon bon Papa avait su inventer pour notre bonne Sécu. Et puis, c'est aussi à cause de tous ces jeunes, puisqu'on a "donné le diplôme à tous". Au moins, de notre temps, nous qui avions passé le concours de l'Internat et qui étions des Chefs de Clinique, nous avions un "vrai" diplôme. Madame Delépine, si les Hôpitaux étaient vraiment gérés comme des entreprises, ils ne seraient pas déficitaires. Si votre Père n'avait pas commis l'erreur de faire gérer la Sécu par les syndicats, elle ne serait pas déficitaire. La déficit de la Sécu est à 80% du aux Hopitaux. Je suis médecin et, mon patient, comme le vôtre est ma priorité. Je reçois les CMU, je travaille parfois gratuitement, mais je suis libéral et en fin d'année, je ne PEUX pas être déficitaire. Que les Hopitaux et vous-même réfléchissiez à celà...

  • Par Un passant - 29/10/2012 - 17:27 - Signaler un abus Le monde en couleur

    @ deckardblue: Ah, mon bon monsieur, les néo-libéraux et néo-classiques ont tout compris, n'est-ce pas? Après tout, la société n'est qu'un agrégat de consommateurs et les organisations sont des entreprises devant justifier leur raison d'être par rapport au bench-mark qu'est le marché! Personne ne vit dans un tel monde et toutes les applications grandeur nature de ces théories ont conduit à des catastrophes (cf les pays à bas revenus sous la coupe réglée de la Banque Mondiale) mais ça soulage de chercher des explications simples à des phénomènes complexes.

  • Par rudi11 - 29/10/2012 - 17:29 - Signaler un abus metz a un nouvel hopital

    en rase campagne mais les parkings sont payants les bus à 300 m de la porte d entrée je ne vois pas les personnes agees naviguer dans ce desert en plein vent glacial , c est un non sens absolu , fourgué par des batisseurs qui n ont aucune idee de ce que doit etre un hopital accessible, en centre ville !!

  • Par deckardblue - 29/10/2012 - 17:49 - Signaler un abus @ un passant Vous avez

    @ un passant Vous avez raison, "ça soulage de chercher des explications simples à des phénomènes complexes". C'est toujours plus facile quand c'est la faute d'un autre, surtout quand cet autre est si bien dans l'air du temps et du bien-pensant. C'est ce que fait Mme Delépine, J'ai passé dix ans dans les hôpitaux, j'ai vu comment les syndicats et certains employés fonctionnent, j'ai vu la gabegie, le gaspillage, les temps de pauses, les arrêts-maladie. Un hôpital fonctionne comme un service public: tout le monde a peur d'engager sa responsabilité,ça c'est vrai, mais, par contre, personne n'y est responsable des dépenses qu'il engage. Or la santé coûte. Quoi qu'on y fasse, on y reviendra toujours, et une gestion rigoureuse est indispensable. Les médecins ne veulent pas ce rôle, quoi qu'en dise Mme Delépine. Il faut des gestionnaires pour diriger les hôpitaux et qui ne soient ni le maire de la ville président du CA), ni les délégués du personnel. Quand le directeur demande des comptes sur les transfusions, c'est son rôle, il doit pouvoir demander des comptes sur l'utilisation efficace des transfusions. La réduction des coûts et des déficits passe par un contrôle.

  • Par Un passant - 29/10/2012 - 18:30 - Signaler un abus @deckardblue

    Il n'a jamais été question de ne pas évaluer mais d'évaluer autrement. Il est clair que le niveau de consommation des ressources doit être analysé et mis en rapport avec le niveau de création de valeur (c'est la base de la comptabilité d'ailleurs). Maintenant, plusieurs choses: cette création de valeur n'est pas qu'une création de valeur économique. Certains coûts sont engagés par rapport à des valeurs non monétarisables en l'état. Ensuite, derrière la notion d'évaluation se cache le concept de "valeurs": tout système d'évaluation est d'abord basé sur un système de valeurs qui orientent la compréhension et la recherche des coûts. En outre, le New Public Management a entériné le passage d'une obligation de moyens à une obligation de résultats , ce qui pose problème au niveau des services publics. Au final on constate (et pas uniquement à l'Hôpital) d'une dérive vers des modalités de gestion hors sol, véhiculant les valeurs des modèles néo-classiques (atomisation, remplacement de la citoyenneté par la consommation, agrégation, maximisation systématique au détriment de la compréhension des systèmes étudiés, recherche d'une définition du "bien" à atteindre de façon purement objective)

  • Par vangog - 29/10/2012 - 19:02 - Signaler un abus @deckardblue je fais plus confiance à votre expérience

    qu'à celle de la fille du fondateur de la Sécu, qui fera tout pour éviter toute responsabilité à cette usine à gaz gerée par des syndicats qui font du sabotage d'entreprises privées et publiques, leur fond de commerce!

  • Par Gégé Foufou - 29/10/2012 - 19:19 - Signaler un abus A tous

    Vous êtes déjà allé dans unservice des urgences la nuit dans un hosto ? Drogués, alcolos, bagareurs clodos, prostituées battues, macs piqués au couteau, ETC ETC Normal pas un ne paye de sécu mais tous profite de la CMU

  • Par Un passant - 29/10/2012 - 19:47 - Signaler un abus Lecture complémentaire

    Avant de se lancer dans une classification rassurante des propos de N. Delépine (elle est à gauche -ce qui reste à prouver-, fille de ..., etc... donc on invalide le contenu), de se lancer dans l'anecdote sympathique mais stérile, de chercher les boucs-émissaires classiques (dont il faudrait débarrasser enfin une fois pour toute la France, non?) et de préférer l'avis qui va le sens de ce que l'on préfère penser, je propose la lecture complémentaire suivante: http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-definir-un-nouveau-systeme-de-sante-une-urgence-29304.php J'ai choisi de donner le lien vers "Pour la Science" pour éviter toute tentative de rejet immédiat. Cet appel émanant de personnalités du milieu médical de tout bord politique rejoint sur beaucoup d'aspects les commentaires de N. Delépine.

  • Par vangog - 29/10/2012 - 22:40 - Signaler un abus @Un passant "pourlascience:lecture complémentaire et partiale"

    Déjà, dans les années 70, la majorité des médecins du privé tirent la sonnette d'alarme devant la gabegie du système de santé publique, mais c'est à lui que vont la plupart des investissements du système de santé payé par les Français . Les cliniques privées, elles, se battent avec les moyens du privé et meurent progressivement... permettant que; "Jusque dans les années 2000, notre système de santé soit performant" ; Malheureusement, en 1999, était crée la couverture médicale universelle, la CMU, qui a concerné toutes ces minorités chéries par le pouvoir et les toxicos, qui se voyaient rembourser totalement leur dose et leur deal! Puis, le 1er janvier 2000, est crée l'aide médicale d'état par Aubry totalement gratuite pour les étrangers, leurs familles et les gardés à vue... Bien que la France dépense 11% de son PIB pour la santé "En 2010, son système de santé était classé en septième position derrière les Pays-Bas, le Danemark, l'Islande, l'Autriche, l'Allemagne et la Suisse"... Cherchez l'erreur! Et surtout cherchez le rapport avec une quelconque gestion comptable de la santé ou, peut-être, évoquez le fait que cette bonne gestion arrive trop tard...

  • Par pecqror - 29/10/2012 - 22:41 - Signaler un abus Palmarès des Hôpitaux et Cliniques

    Dans le palmarès des hôpitaux et clinique de France, ce sont les cliniques (géré par le privé) qui arrivent en tête, comme c'est bizard! http://www.le-guide-sante.org/Article/255/Palmares-des-Hopitaux-et-Cliniques-classement-national-2012.html

  • Par Benvoyons - 29/10/2012 - 22:44 - Signaler un abus Madame Delépine: Les Fondateurs de la Sécu aux dernières

    nouvelles sont les Casques à pointe donc Bismarck sur l'Allemagne et l'Alsace,Lorraine. Fille de; ne veut strictement rien dire sur la soit disant intelligence de votre papier. Thérapeute engagée??? cela n'existe pas, où vous êtes thérapeute où vous êtes militante engagée. Il est clair après lecture de votre papier qu'une bonne retraite vous serait nécessaire. Vous êtes une personne totalement rétrograde, conservatrice,inapte pour votre métier. Exemple :Pas un mot sur les conséquences des 35 heures, bravo madame il faut faire. Votre idéologie vous égare totalement car totalitaire et le refus de tout vous rend totalement aveugle. Je plains les personnes dont vous avez la gestion.

  • Par Vinas Veritas - 29/10/2012 - 23:34 - Signaler un abus patient ou malade ?

    si le patient est arrivé en premier dans la démarche du nouvel hôpital, le malade semble y avoir été souvent oublié. l'hôpital français reste encore un très bon hôpital de soins pour les graves pathologies. le personnel soignant est toujours capable d'effectuer des grands actes technique avec un savoir-faire et une expérience élevés. la sécurité y est, il faut le reconnaître excellente. mais le bât blesse lorsqu'on veut aussi que l'hôpital fasse de la médecine de ville. ce n'est pas son rôle et son activité n'a rien à faire de chercher une quelconque rentabilité. vue par un économiste, la seule vision est l'élimination du gaspillage inutile mais il n'y a rien a faire en matière de santé de vouloir transformer ces hôpitaux en supermarché de la santé car certains pays sauront faire ça bien mieux que nous avec des frais moindre et une meilleure rentabilité. faisons de la médecine hospitalière dans les hôpitaux de la médecine ultra-technique dans les CHU et de la médecine de proximité et d'urgence dans des hôpitaux de proximité. la médecine de ville n'est pas la destination de l'hôpital et les urgences encombrées par des consommateurs inutiles le prouve tous les jours

  • Par Vinas Veritas - 29/10/2012 - 23:44 - Signaler un abus AME et autres

    je suis toujours surpris de lire que l'AME a été crée en 2000 parce que je délivrais déjà de l'AME en 1982 avec Mitterrand mais il est vrai que le montant était limité à 10 fois la valeur de la consultation médecin et que le tiers payant généralisé avec intégration de la part complémentaire des mutuelle date lui du second mandat Mitterrand dans les années 90. la situation qui a transformé le soin en libre-service "gratuit" car tel était le discours social(iste) de l'époque a créé un véritable tracteur des dépenses où tous voulaient profiter de la crème au beurre distribuée par les assurances de santé. c'est aussi dans ces années que l'explosion de ces dépense a tellement augmenté que plus personne n'a voulu s'y attaquer avec la certitude de perdre les élections suivantes. aujourd'hui, cette fuite en avant se paye cash avec les intérêts et pénalités.

  • Par Vinas Veritas - 29/10/2012 - 23:44 - Signaler un abus AME et autres

    je suis toujours surpris de lire que l'AME a été crée en 2000 parce que je délivrais déjà de l'AME en 1982 avec Mitterrand mais il est vrai que le montant était limité à 10 fois la valeur de la consultation médecin et que le tiers payant généralisé avec intégration de la part complémentaire des mutuelle date lui du second mandat Mitterrand dans les années 90. la situation qui a transformé le soin en libre-service "gratuit" car tel était le discours social(iste) de l'époque a créé un véritable tracteur des dépenses où tous voulaient profiter de la crème au beurre distribuée par les assurances de santé. c'est aussi dans ces années que l'explosion de ces dépense a tellement augmenté que plus personne n'a voulu s'y attaquer avec la certitude de perdre les élections suivantes. aujourd'hui, cette fuite en avant se paye cash avec les intérêts et pénalités.

  • Par Un passant - 30/10/2012 - 00:52 - Signaler un abus @vangog et autres

    Comme nous parlons du New Public Management, allons voir ce que cela donne dans LE pays qui gère ses hôpitaux comme des entreprises, les USA évidemment. Prenons un journal qu'on ne peut soupçonner d'être dangereusement gauchiste et tant qu'on y est, un business journal., le "Business Insider" Là, on aura du lourd pour dézinguer à tout va la gestion catastrophique française. Mais, que trouve-t-on comme article en 2011: "What Can The US Learn From The French Health Care System?" Plus précisément: à propos de la France, "their highly rated health care system costs the French 11.2 percent of GDP, compared with 16 percent in the United States, based on 2008 OECD data. In dollars per capita, the gap is even more dramatic." Nous sommes présentés comme des champions des économies. "the French system spends less than half as much on administration and marketing than the 7% of health care costs reported for the United States." Suite après

  • Par Un passant - 30/10/2012 - 01:01 - Signaler un abus Suite du message ci-dessous

    Autres sources d'économie: "French physicians earn only about a third as much as their US counterparts" Est-ce un problème (ça en serait un dans une entreprise) "Nonetheless, despite lower earnings, there is no indication that France suffers from a doctor shortage. According to OECD data, France has 30% more professionally active physicians per capita than the United States." Et pourquoi cette étonnante contradiction avec le sens commun néo-classique? Déjà, "doctors in France are respected, well-compensated, professionals" (cf mon message concernant la pluralité de l'évaluation ci-dessous); ensuite " they do not have to pay for medical education". Bref, travailler et être formé dans le public n'entraîne pas la même conceptualisation du travail. La conclusion dans un dernier message.

  • Par Un passant - 30/10/2012 - 01:06 - Signaler un abus Suite et fin des messages ci-dessous

    Que conclure? Et bien, "the French experience really does make it look like Americans are not getting their money's worth. It shows that the possibility of high quality combined with universal coverage is a reality, not a utopia. Furthermore, such a result can be achieved without sacrificing freedom of choice either for doctors or for patients. In fact, choices of doctors and treatments are in many case less restricted by the French public health care system than by private insurance companies in the United States." Bref, il faut garder en tête qu'aucun système basé sur le NPM n'a jamais fonctionné à ce jour et qu'il ne sert à rien de chercher des boucs-émissaires (la méchante CMU par exemple). Les problèmes sont ailleurs: je vous renvoie à mes messages ci-dessous concernant la notion d'évaluation et ses biais. Si archaïsme il y a, ce n'est pas N. Delépine qui en est un exemple mais bien ce dinosaure inefficace hérité des années 80 qu'est le NPM.

  • Par carredas - 30/10/2012 - 08:33 - Signaler un abus Suite et fin...?

    @Un passant Votre charge du NPM relève de l'idéologie. En critiquer certains effets soit, en faire une "hérésie" est absurde. Si le journal américain auquel vous faites référence fait l'éloge en 2011 du système médical français c'est que celui-ci n'est pas en totale déliquescence malgré l'article "catastrophiste" de Madame Delépine auquel vous adhérez. Il y a clairement un refus de rendre des comptes au sens comptable du terme de la part des opposants au NPM ( qu'on trouve bien sûr parmi les fonctionnaires ) , vous voulez bien évaluer mais évaluer autrement qu'à travers de vulgaires chiffres qui réduisent le citoyen à un simple consommateur. Le service public dépense donc pour le citoyen dont la valeur n'est pas réductible à un coût... C'est beau, exaltant, mais cela ne règle pas les charges de l'hôpital en fin de mois. Madame Delépine choisit d'évoquer un effondrement de la qualité des hôpitaux français, on pourrait aussi évoquer l'hypothèse d'un effondrement du système de santé français dans son ensemble car comme le dit deckardblue " la santé coûte", et cette insupportable non gratuité du soin est incontournable.

  • Par sam84 - 30/10/2012 - 08:48 - Signaler un abus Comme toutes les administrations

    L’hôpital comme toutes l'administration française est un mammouth qui refuse de voir la réalité Les personnels veulent bien évoluer,mais avec une seule et unique demande toujours plus de moyens Lorsque l'on parle rationalisation,redéploiement de moyens et économie,c'est la levée de boucliers C'est ainsi partout L'EN,en est un autre parfait exemple,mais aussi la police,l'armée etc etc

  • Par Un passant - 30/10/2012 - 09:04 - Signaler un abus @carredas

    "Votre charge du NPM relève de l'idéologie.": c'est le NPM qui est une idéologie (ce n'est pas de moi ce constat) et c'est surtout l'idéologie dominante. Déconstruire pour rebâtir autre chose impose donc une charge proportionnellement importante et correctement étayée. "c'est que celui-ci n'est pas en totale déliquescence": car certains amortisseurs sociétaux (incompatibles par définition avec le NPM) sont encore provisoirement en place; ceux-ci nous ont aussi permis de moins souffrir de la crise que d'entre pays. L'article est une illustration de ce vers quoi certains veulent tendre. "un refus de rendre des comptes au sens comptable": je suis précisément chercheur en comptabilité. Je vous invite à consulter les travaux de chercheurs et praticiens comme Jacques Richard ou Rob Gray (UK) pour comprendre qu'on peut rendre compte d'autres façons, compatibles avec une gestion efficace et opposée au NPM. "cette insupportable non gratuité du soin est incontournable." Personne ne le remet en question: ni les auteurs dont je parle, ni l'article que j'ai présenté qui explique que le modèle français gère mieux les coûts que le système américain, basé sur une gestion managériale privée.

  • Par Un passant - 30/10/2012 - 09:15 - Signaler un abus Pour finir

    Pour en finir avec mes interventions (car j'ai moi aussi des exigences de résultats dans ma recherche), j'indique un dernier article (après celui-ci du Businnes Insider et d'autres références bibliographiques): cette fois-ci, nous allons en Suisse (pays cité en exemple parfois et ici même sur ce forum). L'article est disponible en ligne et s'intitule: "Le New Public Management: Attentes insatisfaites ou échecs préprogrammés - Une critique à la lumière de l'analyse des politiques publiques" de KNOEPFEL Peter. En tout cas, ce petit échange aura permis de comprendre que le principal coût que doit supporter toute réflexion est le coût cognitif du changement de par et d'autre des lignes politiques. Ce coût est malheureusement souvent ignoré et entrave tout débat. Je laisse aussi certains se repaître d'explications simplistes manichéennes: privé/public - travailleur/fonctionnaire - productif/improductif (CMU et co) - réalité/utopie -coûts/valeurs -etc...

  • Par ISABLEUE - 30/10/2012 - 13:34 - Signaler un abus rudi 11

    Hé oui, et la question était : n'aurait-il pas été mieux de remettre à neuf l'hopital qui est au centre ville (bon secours) ??? au lieu d'envoyer les gens à la campagne ???? Qui a décidé ? le maire de Metz ? Il a fait payer toute la Moselle ? Les travaux qui durent depuis x temps dans Metz pour faire un tramway étaient-ils eux aussi obligatoires ??

  • Par mfy - 30/10/2012 - 22:42 - Signaler un abus Est-ce un signe ... mais les

    Est-ce un signe ... mais les Belges résidant en France rentrent toujours dans leur pays pour se faire soigner ...

  • Par vangog - 31/10/2012 - 00:24 - Signaler un abus @Un passant Je n'ai pas lu tous vos posts par manque de temps!

    mais vous avez mon respect pour votre énergie a défendre le système de santé Français en totale décomposition. Et il est inutile de se rendre aux USA pour s'en convaincre, la visite de l'hôpital le plus proche vous en fournira la preuve! Vous avez certainement un hôpital proche de chez vous, non? À bientôt, après votre visite...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nicole Delépine

Nicole Delépine ancienne  responsable de l'unité de cancérologie pédiatrique de l'hôpital universitaire Raymond Poincaré à Garches( APHP ). Fille de l'un des fondateurs de la Sécurité Sociale, elle a récemment publié La face cachée des médicaments, Le cancer, un fléau qui rapporte et Neuf petits lits sur le trottoir, qui relate la fermeture musclée du dernier service indépendant de cancérologie pédiatrique. Retraitée, elle poursuit son combat pour la liberté de soigner et d’être soigné, le respect du serment d’Hippocrate et du code de Nuremberg en défendant le caractère absolu du consentement éclairé du patient.

Elle publiera le 4 mai 2016  un ouvrage coécrit avec le DR G Delepine chirurgien oncologue et statisticien « Cancer, les bonnes questions à poser à mon médecin » chez Michalon Ed.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€