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Ce qu’il faut absolument savoir pour comprendre la Hongrie d’aujourd’hui

Aux dernières élections, dans un contexte de participation record, les électeurs hongrois ont renouvelé leur soutien incontestable pour le gouvernement de Viktor Orbán. La Hongrie a envoyé un message fort mais positif à l’Europe. Toutefois, pour le comprendre, il faut s’en finir avec l’angle d’analyse habituel.

Vu de Budapest

Publié le

En vue de ce troisième mandat consécutif pour Viktor Orbán, résultat d’un soutien démocratique extraordinaire, il est temps de poser la question : ne serait-il pas possible que ceux qui blâment la situation des droits fondamentaux et de la démocratie (domaines encore plus subjectifs) mal interprètent aussi les choses, de la même manière que les critiques économiques se trompaient concernant la Hongrie ?  

Aujourd’hui, il devient criant que la narrative de l’Etat de droit, c’est-à-dire de chercher à identifier une violation de tel ou tel principe fondamental (économique, social ou politique) dans chaque mesure gouvernementale ne permettra jamais de comprendre la politique hongroise. La politique est une affaire complexe, une décision peut résulter d’une multitude de dynamiques à la fois. Le souci de préserver le pouvoir est certainement présent dans l’esprit de chaque gouvernant, il suffit de lire les philosophes politiques classiques pour admettre que c’est un réflexe naturel de tout homme politique souhaitant faire valoir son projet de long terme pour un pays.

C’est vrai en France, en Allemagne, aux États-Unis … et aussi en Hongrie. Là où beaucoup d’analystes de l’Europe occidentale se trompent souvent c’est que, s’agissant de la Hongrie, c’est l’unique aspect d’analyse qu’ils privilégient. Ainsi, la diminution de la charge des ménages devient une mesure populiste au lieu d’être une mesure économique aidant le pouvoir d’achat de la population. La taxe sur les grands groupes devient une agression protectionniste au lieu de constituer une mesure économique réaliste permettant de rééquilibrer une répartition des charges intenable dans le pays. Le refus d’une immigration incontrôlée est présenté comme un comportement xénophobe au lieu d’y voir un réflexe de protection contre un phénomène sans lien avec l’histoire du pays. La nouvelle Loi fondamentale est signe d’une dictature au lieu d’être un fondement solide et nécessaire d’un ordre juridique moderne ou un acte politique symbolique dans un pays qui tient à son passé, à son identité et à ses valeurs reniés pendant l’occupation communiste… Concordance de circonstances, cette analyse s’approche du discours de l’opposition politique en Hongrie. L’opposition hongroise paraît avoir pris en otage l’angle d’analyse européen ce qui est particulièrement pénible compte tenu du fait que la population hongroise vient de discréditer l’opposition pour la troisième fois consécutive.

Il n’est possible de sortir de cette impasse que par le dialogue. Les Hongrois ont envoyé un message que l’Europe doit comprendre correctement. De la part des destinataires du message, cela suppose l’abandon de la narrative de l’Etat de droit et la recherche d’un nouvel angle d’analyse pour mieux comprendre le contexte hongrois. Il faut comprendre que le message de la Hongrie n’est pas hostile. Surtout, il faut éviter les propos qui apostrophent les résultats des élections récentes comme l’acte d’une population « bête », « immature », « manipulée » ou « souffrant des complexes ». De la part des Hongrois, le message doit être davantage expliqué. De véritables efforts sont nécessaires pour trouver les bons mots, pour parler non seulement la même langue mais aussi le même langage.

 
Commentaires

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  • Par MIMINE 95 - 17/05/2018 - 09:43 - Signaler un abus VOILA QUI PROUVE SI BESOIN ETAIT

    Le stalinisme des institutions européennes et sa dévotion à tous les thénardiers de la planète. Félicitations au peuple Hongrois pour sa résilience et son intelligence politique. Je préfère ne pas m'étaler sur la =C....... des franchouilles et europanouilles béats au ordre et toujours prêt à hurler au lynchage sur demande.

  • Par MIMINE 95 - 17/05/2018 - 09:44 - Signaler un abus OUPS

    auX ordreS et toujours prêtS à hurler......

  • Par GP13 - 17/05/2018 - 11:16 - Signaler un abus Le chemin qui reste à faire

    Les hongrois ont eu du mal à tourner la page du communisme. Au début de l’ère post soviétique, ce sont les mêmes dirigeants communistes qui sont restés au pouvoir en Hongrie et il a donc fallu leur échec pour que le grand ménage soit fait. Chez nous , la page du communisme n'est pas encore tournée et nos difficultés sont toujours là, aggravées par la volonté des communistes et de leurs pseudopodes de maintenir leur influence. Il faudra pourtant que cette page soit tournée, mais le chemin semble encore bien long.....

  • Par Ganesha - 17/05/2018 - 13:55 - Signaler un abus Aliénés

    En lisant cet article, je me disais : il faudrait que les ''papys-libéraux'' d'Atlantico lisent cet article ! Mais, quand ensuite, je découvre les élucubrations d'aliénés qui prétendent que la France est une Démocratie Populaire !

  • Par kelenborn - 17/05/2018 - 18:42 - Signaler un abus X.S.S.

    De qui il parle Mimine? Il a du faire une erreur...où c'est XLS et il est dans une cabine d'essayage ou c'est XXL et il est en train de se palucher devant un porno...Ah oui Ganesha, JMS il doit pas aimer ce genre d'article mais il se trump toujours!

  • Par vangog - 17/05/2018 - 22:21 - Signaler un abus La Hongrie a eu du mal à tourner la page du socialisme...

    car les corrompus se sont accrochés comme des berniques, avec l’aide de l’UE. Mais les néo-socialistes ont échoué lamentablement, et dans tous les domaines. Depuis que les nationalistes de Viktor Orban ont pris les rênes du pays, ils ont inversé le déclin de la Hongrie, viré les socialistes et remis ce pays sur la voie du progrès et du plein-emploi...bravo, les Hongrois, car vous avez fait mentir l’histoire du déclin gauchiste!

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Ákos Bence Gát

Ákos Bence Gát est politologue hongrois, ancien élève de Sciences Po Paris et de l'ENA.

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