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Ce qu’Emmanuel Macron devrait faire de la croissance s’il souhaite s’occuper de sa réélection

En deux ans, il peut continuer à soutenir les entreprises, et donc l'emploi et l'investissement... mais il faut qu'il s'y mette maintenant.

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Ce qu’Emmanuel Macron devrait faire de la croissance s’il souhaite s’occuper de sa réélection

Emmanuel Macron a deux ans devant lui pour continuer à soutenir les profits des entreprises, donc l'investissement et l'emploi, pour surveiller les salaires et l’inflation, pour encourager l'épargne en actions et surtout pour réduire très fortement le déficit budgétaire et assainir les comptes sociaux. C’est aujourd’hui que l’économie française a enfin de bonnes perspectives pour renforcer ses capacités de résistance face à un ralentissement qui se prépare, un jour ou l’autre, et à une crise financière et boursière qui menace, de plus en plus.

C’est donc aujourd’hui que cette économie doit creuser l’écart, bien plus à la montée pour mieux « tenir » à la descente, par rapport à ses concurrents, en zone euro notamment. Et c’est donc aujourd’hui qu’Emmanuel Macron prépare sa réélection. Mais le fait-il ?

Pour percer, un homme politique doit avoir du talent et, plus encore, de la chance. Dans cette brève description, on aura reconnu Emmanuel Macron. Du talent il en a, au-delà de la moyenne du personnel politique local ; de la chance surtout, pour profiter du boulevard économique qui s’est ouvert il y a un an, un boulevard de croissance qui monte toujours. 

Mais, pour durer, outre le talent et la chance, les choses sont plus compliquées. Il faut à l’homme politique de la vista et de la persévérance. C’est là que l’on jugera Emmanuel Macron : comment va-t-il profiter de son talent dans le désert politique actuel pour « transformer » le pays, et de sa meilleure situation économique pour organiser sa réélection, puisque « transformer » prend du temps ? 

Aujourd’hui en effet on peut s’interroger, quand on mesure les tensions en cours dont parlent les médias avec la Commission européenne. Il s’agit ainsi d’un « drame » : mesurer le déficit budgétaire pour 2017. Est-il de 2,9% du PIB ou bien de 3%, sachant que la croissance va vers 1,8% ! Est-ce bien le sujet, ou la marque d’une faible ambition ou, pire, d’une trop courte vue ? Car le vrai futur budgétaire peut inquiéter, avec des déficits prévus à 2,9% du PIB en 2018, puis à 3% (2019), 1,5% (2020), 0,9% (2021) et 0,2% en 2022. En montée de cycle ! Et 2022, c’est évidemment une année où des dérapages préélectoraux sont prévisibles. Tout ceci ne paraît pas bien prudent, très insuffisant même, autrement dit très risqué pour un homme politique de talent et qui entend durer (sans parle de la France). Il ne faut jamais trop solliciter sa chance !

En effet, il ne s’agit pas d’attendre 2021 et 2022 pour réduire « un peu » le déficit, car le calendrier électoral est tout sauf français. Certes, les entrepreneurs, auparavant sur leur réserve, se disent désormais que les extrêmes ne passeront pas, faute de programme ou de leader. Ils investissent donc enfin, embauchent et rattrapent leur retard. Mais combien d’années vont-ils continuer ainsi, et avec quelle intensité, sans avancer des engagements politiques plus puissants ? Les partis « traditionnels » sont en reconstruction, à la recherche d’un chef médiatique, puis de propositions crédibles, dans cet ordre. L’arène politique est encore vide de programmes d’opposition, pleine de tweets et de petites critiques. Les médias cherchent alors à diviser la majorité actuelle, trop nombreuse selon eux pour rester unie. Diviser pour publier ! C’est le risque politique qui deviendrait politique. Les entreprises se demandent donc comment ceci peut durer, car leur stratégie économique dépendra de la cohérence majoritaire, une cohérence qui doit viser plus fort et plus loin. 

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 04/12/2017 - 21:07 - Signaler un abus Réélection

    Même si la baisse des dépenses publiques est nécessaire ce n'est certainement pas avec ça que Macron va gagner sa réélection, cela fâche trop de monde. Il fera donc le minimum syndical européen et jouera au bonneteau en mettant l'impôt des uns sur d'autres et réciproquement si nécessaire.

  • Par Ganesha - 05/12/2017 - 03:54 - Signaler un abus Courageux, mais téméraire !

    Un article qui se risque à présenter des prévisions d'avenir, c'est courageux, exceptionnel ! Mais Mr Betbèze ''se fourre complètement le doigt dans l'oeil'' quand il estime que le problème principal, c'est qu'une part significative du corps électoral (les ''salariés'' ?) s'enrichirait de façon ''extravagante'' ! La réalité, c'est que l'appauvrissement de la quasi totalité de la population, pour permettre aux milliardaires de doubler leur patrimoine, va inévitablement provoquer une révolution, à très brève échéance !

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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