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Vos contenus digitaux à portée de Qleek, la cassette du futur

Qleek propose de rematérialiser vos playlists sur des galets hexagonaux à poser sur un lecteur en bois pour démarrer leur lecture. Pierre-Rudolf Gerlach, Johanna Hartzheim et Ismail Salhi surfe sur la tendance des objets connectés pour offrir un support physique design aux contenus audio, vidéo et fichiers digitaux allant de Youtube à Dropbox.

La Start-up du Jeudi

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Vos contenus digitaux à portée de Qleek, la cassette du futur

Prendre son téléphone, le brancher à Airplay, activer l’application, chercher sa playlist, la lancer… Un rituel intégré désormais par beaucoup, alors que les bons vieux disques ou les cassettes ont disparus de nos étagères. Avec Qleek, il suffit de poser sa Tapps dédiée à un contenu digital prédéfini sur le lecteur pour démarrer automatiquement la lecture.  Agréables au toucher, ces "Tapps" vendues par la start-up remettent en forme d’objets réels les morceaux, vidéos, diaporamas photos digitalisées.

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Un produit pour personnes âgées ou réfractaires à la technologie ? Bien au contraire, expose Pierre-Rudolf : "Qleek s’adresse à la nouvelle génération, fière de ses goûts", qui ne veut plus passer 5 minutes à chercher sur un ordinateur sa playlist Youtube ou son album Flickr. Un coté "ado qui affiche ses goûts musicaux avec un poster". Car visuellement, les Tapps sont personnalisables à souhait comme une sorte de pochette et, comme le lecteur, sont construits en bois de hêtre vernis. "Avec Qleek, on peut de nouveau montrer ses photos, les partager physiquement tout en profitant du coté immatériel.

Sans se connaître à l’époque, Pierre-Rudolf et Ismaïl ont eu la même idée au même moment. Pierre-Rudolf est ingénieur. Il a travaillé sur l’un des tous  premiers objets connectés en 2005. Ismaël est docteur en informatique et s’occupait de l’accompagnement de laboratoires pour trouver des applications commerciales à leurs recherches. La rencontre ? "Dans un bar !". Peu à peu le projet se forme et Johanna rejoint le duo de choc : diplômée  en design industriel, elle est la maîtresse du style des produits Qleek.  

La boite s’est lancée à l’entrée de l’incubateur le Camping en novembre 2013, un cadre idéal pour profiter des feedbacks des autres startups occupant l’open-space. De quoi aussi bénéficier d’un prêt de 7.000 euros de la part de la BNP. Un vrai coup de pouce pour Qleek, car "au départ, beaucoup de gens ne voient pas la valeur du produit." Les financiers sont toujours dubitatifs… jusqu’à avoir l’objet dans les mains. Alors que l’air du temps est aux applis mobiles dans le milieu des start-ups, "on sous-estime finalement le coté physique". Toujours la même méthode : donner le produit à l’interlocuteur, qui "tout de suite va interagir et jouer avec".

Le lecteur coûte 180 euros, fourni avec cinq Tapps. Ensuite, c’est cinq euros la Tapps. Leurs coûts de production sont élevés, l’achat de bois au prix unitaire fixe ne permet pas les économies d’échelles. Pas le choix : il faut avancer l’argent. Pour une question de "survie", ils ont mené avec succès une campagne de crowdfunding de 70.000 dollars auprès d’Indiegogo. La plateforme reste en étroit contact avec Qleek, au point que "la responsable hardware et la responsable communauté ont même acheté le produit." Et quant au business-model, l’équipe réfléchit à vendre des abonnements aux labels sous forme d’une Tapps spéciale qui contiendra toutes les nouveautés d’un artiste. "En marchandising, le fait d’avoir quelque chose dans la main, c’est une incitation à les écouter."

L’équipe espère à terme vendre Qleek dans tous les magasins. Déjà, "la moitié des commandes sont faites aux États-Unis", leur premier marché, devant l’Europe. Pas question pour eux de lâcher ce projet d’objet connecté comme on en fait rarement en France. Pierre-Rudolf ne doute pas une seconde de la direction que prend l’entreprise : "Le terme d’objet "connecté" va bientôt disparaitre. Il va devenir une évidence."

Youness Rhounna

 
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