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Qatar-France : nouveau monde macronien ou pas, rien ne change vraiment

Petits cadeaux, avantages fiscaux... Les relations entre la France et le Qatar sont parfois discutables sur le plan éthique. Peu de chance que cela soit différent sous la présidence Macron et toutes les lois de moralisation n'y changeront rien !

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D'un point de vue plus diplomatique, quels sont là encore les enjeux ?

Sur un plan diplomatique, la France doit rester présente dans la région au risque de perdre son influence militaire, économique et culturelle face à la Chine et le projet de Nouvelle route de la soie. La Chine devrait devenir l'acteur principal et supplanter la France et les États-Unis d'ici la prochaine décennie. La France et les experts du MAE n'ont pas pour ambition de lutter contre l'influence chinoise, mais de devenir la puissance juste après la Chine pour conserver une importance moindre mais sans pour autant disparaître (une stratégie similaire à celle dans les pays d'Europe de l'Est ou elle apparaît en toile de fond mais jamais comme acteur principal). 

La France est un pays qui dispose d'un soft power faible en Amérique, en Asie et Eurasie (Russie et Asie Centrale) mais autrement plus forte au Moyen-Orient.

Cette influence française l'amène à concentrer son attention au détriment de l'Europe de l'Est. Un situation paradoxale car un conflit au Moyen-Orient n'aurait qu'une influence moindre et n'impliquerait pas de puissances nucléaires (contrairement à la Russie en Ukraine). 

On constate un effritement de la France dans la région ou elle s'efface progressivement face à la Chine. La Présidence de Macron sera donc sans aucun doute celle de la transition de la France vers la Chine au Moyen-Orient. Dans une perspective historique, les Empires ne disparaissent économiquement et culturellement qu'après quelques décennies (à l'image de la Russie qui reste influente dans l'espace post-Soviétique). Nous subissons donc les effets de la chute de l'Empire colonial français dans les années 1960 en nous faisant progressivement remplacer par des pays comme la Chine. Cela incite la France à tenter de conserver une influence moindre mais avec une refus de disparaître compréhensible. 

Pour résumer, la France est en train d'adopter les stratégies d'un petit pays ou le Moyen-Orient se divise désormais entre Grandes puissances que sont les États-Unis avec l'influence culturelle, la Chine avec la Nouvelle route de la soie, et la Russie avec son armée en Syrie.

 
Commentaires

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  • Par cocambier - 11/12/2017 - 15:24 - Signaler un abus précisions (1ere partie)

    Monsieur Lambert, J’arrive un peu après la bataille mais enfin avec quelques remarques à propos de cet article, qui pose quelques bons points mais regorge surtout d’approximations, parfois semblant chercher de petites polémiques, et souvent mal renseigné, ce qui étonne venant d’un doctorant. Passons les très nombreuses fautes d’orthographe / grammaire / syntaxe à chaque phrase (cc Atlantico ?). "La France cherche de manière assez naive à vendre un métro à Doha, possibilité qui semble faible face à l'Allemagne"... La France est au contraire excellente dans ce domaine, et c’est pourquoi le consortium français a de fait remporté le contrat face aux Allemands, ce qui était quasiment acté depuis un moment à la date de publication de votre article. Pourquoi dénigrer notre industrie ?

  • Par cocambier - 11/12/2017 - 15:25 - Signaler un abus précisions (2ème partie)

    "La vente d'armes sera le point central de cette visite": L’ordre du jour mêlait lutte contre le financement du terrorisme, crise du Golfe et contrats, et parmi les contrats c’était mi-civil mi-militaire. Pourquoi surreprésenter les contrats pour des Rafale et VBCI dans le lot, en les associant à des « pratiques » obscures ? "Le rafale, l'eurofighter, le saab, le F35 semblent les plus à même de remplir ce role": Qu’est-ce qui justifie cette sélection ? Vous ne vous êtes pas intéressé aux récentes ventes d'avions de combat au Qatar (F-15, Typhoon) ni au vrai besoin technique. « le qatar souhaite se renforcer face à des armées modernes à sa périphérie (Russi et Chine) » : sans minimiser l’enjeu en termes de stratégie d’influence que représentent la Chine et la Russie dans le Golfe Persique, je doute que ces deux pays soient la priorité du Qatar sur le plan de sa défense quand il achète des systèmes d'armes comme ca. J’observe au contraire plutôt se dessiner une quasi-alliance Qatar Iran Russie, notamment en tant que producteurs de GNL (cf. alliance tripartite Turquie Iran Qatar en novembre, base militaire turque au Qatar…).

  • Par cocambier - 11/12/2017 - 15:26 - Signaler un abus précisions (3eme partie)

    « On constate un effritement de la France dans la région ou elle s'efface progressivement face à la Chine. » / « Pour résumer, la France est en train d'adopter les stratégies d'un petit pays » : la France revient au contraire au galop dans cette région, avec un rôle central sur certains dossiers et médiations. La Chine place ses pions, certes, mais ne sera pas un acteur majeur de la scène proche-orientale avant un bon moment. Je vous invite à consulter l’article suivant pour une autre approche, certes moins axée « influence chinoise et russe dans la sous-région » : https://portail-ie.fr/analysis/1691/la-politique-saoudienne-bouleverse-les-equilibres-economiques-dans-le-golfe Bonne journée, Alexis M.

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Michael Lambert

Michael E. Lambert est docteur en Histoire des relations internationales et de l'Europe à La Sorbonne, spécialiste des relations entre l’Union européenne et la Russie et des politiques de défense de l’OTAN et de l’UE​. Il dirige actuellement le think-tank Caucasus Initiative. 

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