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Qatar-France : nouveau monde macronien ou pas, rien ne change vraiment

Petits cadeaux, avantages fiscaux... Les relations entre la France et le Qatar sont parfois discutables sur le plan éthique. Peu de chance que cela soit différent sous la présidence Macron et toutes les lois de moralisation n'y changeront rien !

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Qatar-France : nouveau monde macronien ou pas, rien ne change vraiment

Atlantico : Emmanuel Macron se rend aujourd'hui au Qatar et n'y restera que quelques heures.  Les relations entre nos deux pays sont souvent décriées dans la presse à cause de pratiques pouvant susciter des polémiques (diplomatie du portefeuille...) Quelles sont les chances pour que ces pratiques perdurent sous la présidence Macron ? 

Michael Lambert : Les pratiques vont perdurer pendant la Présidence d'Emmanuel Macron car celles-ci ne desservent pas les intérêts du président et en raison du potentiel militaire et économique que représente le Qatar. La France affiche d'excellent résultats dans le secteur militaire avec la vente de plusieurs produits comme le Rafale. Le Qatar est un pays avec des enjeux pétroliers conséquents et supporte la France dans la région, ce qui incite à une certaine prudence pour sécuriser les importations de gaz dans un contexte parfois difficile et dans une région instable.

Les expatriés français sont nombreux à travailler dans le pays et le Qatar pourrait renforcer sa législation, ce qui ne serait pas dans l'intérêt du Président Macron au regard de sa politique économique dont les résultats se font attendre depuis plusieurs mois.

Lutter contre les petits avantages reviendrait donc à afficher une rupture des pratiques diplomatiques qui pourrait entraver les bonnes relations entre les deux pays et mener à la perte d'un pays ami et prospère (le seule raison pour laquelle la France apprécie celui-ci). 

Une autre conséquence du changement des pratiques diplomatiques serait la perde d'influence de la France qui est ancré culturellement dans les "petits États"du Golf (eg. Louvre et Sorbonne à Abu Dabi) au profit d'autres comme les États-Unis et surtout la Chine. Dans le contexte de la New Silk Road qui passe par la région, la France à intérêt à conserver autant d'amis que possible.

Quels sont les grands enjeux économiques de cette visite que l'Elysée promet "dense"?

La vente d'armes sera le point central de cette visite. Avec le conflit en Syrie et l'implication de la Russie ainsi que la nouvelle base militaire chinoise à Djibouti, le Qatar souhaite renforcer sa défense pour faire face à des armées modernes dans sa périphérie (Russie et Chine). Le pays se retrouve dans l'urgence à devoir acheter des système anti-missiles haut-de-gamme et moderniser son Armée de l'Air avec des avions capables de lutter contre des modèles de 4ème générations. Le Rafale français, l'Eurofighter, le Saab, et le F35 semblent les plus à même de remplir ce rôle pour protéger le pays contre une menace emergente. 

D'une manière assez naïve, la France souhaite également vendre des produits comme un nouveau Métro. Cette possibilité semble faible en raison de l'excellence de l'Allemagne dans ce domaine et de l'expertise grandissante de la Chine pour la technologie de pointe. L'influence de la France devrait ainsi se limiter au domaine militaire et culturel ou elle affiche un véritable soft power contrairement aux domaines mécaniques et informatique. 

 
Commentaires

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  • Par cocambier - 11/12/2017 - 15:24 - Signaler un abus précisions (1ere partie)

    Monsieur Lambert, J’arrive un peu après la bataille mais enfin avec quelques remarques à propos de cet article, qui pose quelques bons points mais regorge surtout d’approximations, parfois semblant chercher de petites polémiques, et souvent mal renseigné, ce qui étonne venant d’un doctorant. Passons les très nombreuses fautes d’orthographe / grammaire / syntaxe à chaque phrase (cc Atlantico ?). "La France cherche de manière assez naive à vendre un métro à Doha, possibilité qui semble faible face à l'Allemagne"... La France est au contraire excellente dans ce domaine, et c’est pourquoi le consortium français a de fait remporté le contrat face aux Allemands, ce qui était quasiment acté depuis un moment à la date de publication de votre article. Pourquoi dénigrer notre industrie ?

  • Par cocambier - 11/12/2017 - 15:25 - Signaler un abus précisions (2ème partie)

    "La vente d'armes sera le point central de cette visite": L’ordre du jour mêlait lutte contre le financement du terrorisme, crise du Golfe et contrats, et parmi les contrats c’était mi-civil mi-militaire. Pourquoi surreprésenter les contrats pour des Rafale et VBCI dans le lot, en les associant à des « pratiques » obscures ? "Le rafale, l'eurofighter, le saab, le F35 semblent les plus à même de remplir ce role": Qu’est-ce qui justifie cette sélection ? Vous ne vous êtes pas intéressé aux récentes ventes d'avions de combat au Qatar (F-15, Typhoon) ni au vrai besoin technique. « le qatar souhaite se renforcer face à des armées modernes à sa périphérie (Russi et Chine) » : sans minimiser l’enjeu en termes de stratégie d’influence que représentent la Chine et la Russie dans le Golfe Persique, je doute que ces deux pays soient la priorité du Qatar sur le plan de sa défense quand il achète des systèmes d'armes comme ca. J’observe au contraire plutôt se dessiner une quasi-alliance Qatar Iran Russie, notamment en tant que producteurs de GNL (cf. alliance tripartite Turquie Iran Qatar en novembre, base militaire turque au Qatar…).

  • Par cocambier - 11/12/2017 - 15:26 - Signaler un abus précisions (3eme partie)

    « On constate un effritement de la France dans la région ou elle s'efface progressivement face à la Chine. » / « Pour résumer, la France est en train d'adopter les stratégies d'un petit pays » : la France revient au contraire au galop dans cette région, avec un rôle central sur certains dossiers et médiations. La Chine place ses pions, certes, mais ne sera pas un acteur majeur de la scène proche-orientale avant un bon moment. Je vous invite à consulter l’article suivant pour une autre approche, certes moins axée « influence chinoise et russe dans la sous-région » : https://portail-ie.fr/analysis/1691/la-politique-saoudienne-bouleverse-les-equilibres-economiques-dans-le-golfe Bonne journée, Alexis M.

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Michael Lambert

Michael E. Lambert est docteur en Histoire des relations internationales et de l'Europe à La Sorbonne, spécialiste des relations entre l’Union européenne et la Russie et des politiques de défense de l’OTAN et de l’UE​. Il dirige actuellement le think-tank Caucasus Initiative. 

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