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PV automatisés de stationnement : quand les médecins décident de supprimer des visites

Dans une lettre adressé au maire du Mans, le Dr Terrades exprimait son ras-le-bol d’être verbalisé pour mauvais stationnement à chaque intervention chez un patient. Une situation qui est loin d’être anecdotique et qui alimente un peu plus la guerre entre les agents verbalisateurs et les pouvoirs publics.

Contre-productif

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PV automatisés de stationnement : quand les médecins décident de supprimer des visites

« J’ai encore été verbalisé par vos agents, avides de résultats, à deux pas de mon cabinet. Mon but n’est pas de provoquer les forces de l’ordre, mais de soigner mes patients. Que dois-je faire lorsque je ne trouve pas de place disponible autorisée ?«

Le médecin supprime ses visites

C’est la guerre entre le praticien et le maire Christophe Counil qui ne souhaite pas pour autant revenir sur sa position. En clair, il demande au praticien de « ne plus se garer sur les trottoirs. » 

Une réponse qui ne satisfait pas le médecin qui argue faire son faire travail de médecin. Face aux positions inflexibles de l’élu, le généraliste annonce qu’il supprime ses visites au domicile de ses patients. « Je leur ferai un mot, ainsi qu’aux maisons de retraite, en les renvoyant vers vous pour plus d’information » annonce-t-il dans sa lettre. 

Un procédé en pleine expansion, de même que ses dérives

Comme de nombreuses villes, Le Mans a pris des positions fortes en ce qui concerne la sécurité routière.

La ville s’est d’ailleurs doté d’une voiture à lecture automatisée des plaques d’immatriculation pour verbaliser « les automobilistes qui se garent n’importe où, n’importe comment et de façon dangereuse ».

Du côté de Paris, les automobilistes ont aussi eu la surprise de voir arriver des scooter Lapi.

Ces systèmes de verbalisations sont le plus souvent l’apanage de société privée, au même titre que des sociétés privées embarqueront de nouveaux radars mobiles capables de flasher les excès de vitesse. Néanmoins, plusieurs problématiques apparaissent. Il est arrivé, au même titre que le Dr Terrades, que des ambulances, des voitures de police ou des camions de pompiers, tous en intervention, soient flashés.

De même, en Suisse, il a été question de chantage à l’amende. En clair, la société privée envoyant les dénonciations à la police proposait aux contrevenant, parfois supposés, d’effacer leur dénonciation en échange d’une certaine somme d’argent.

Ce système est-il constitutionnel ?

Reste la dernière problématique qui découle des deux précédentes : l’argument de la sécurité routière est-il toujours valable ? Officiellement, des règles sont appliquées afin que l’argument pécunier ne passe pas au premier plan. A Creil, le commissariat explique si le système Lapi prend les clichés, des agents au poste de police valident ou non l’infraction. 

En 2015, Auto Plus révélait que des policiers touchaient une prime au rendement, au nombre de PV dressés. Phénomène visible dans le service public, on peut logiquement penser, par extension, que ce phénomène touche aussi les structures privées.

En plus donc de s’attaquer sans distinction aux professions possédant une mission d’utilité publique, ce système fait passer l’idée selon laquelle l’argument financier est prioritaire face à celui de la sécurité. On en viendrait presque à se demander s’il est conforme à la Constitution. Mais bien sûr nous extrapolons. Non ?

 
Commentaires

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  • Par gregoire25 - 22/02/2018 - 09:36 - Signaler un abus Pots de vin

    Les sociétés privées qui ont remporté les marchés du PV doivent d'bord amortir les pots-de-vin versés aux élus avant de gagner de l'argent.

  • Par J'accuse - 22/02/2018 - 10:03 - Signaler un abus Il parait qu'on vit en démocratie

    L'endettement des collectivités publiques étant à son maximum, et la fiscalité devenue insupportable, les élus cherchent d'autres moyens pour récolter toujours plus d'argent (après avoir promis le contraire, bien sûr). Tant qu'ils ne seront pas contraints à réduire les dépenses, ils continueront. Ils font croire que ces dépenses sont nécessaires, en "oubliant" de citer les gabegies et les abus. Le peuple doit avoir la maîtrise des dépenses publiques: sinon, quelle différence avec l'aristocratie d'Ancien Régime, avant l'abolition des privilèges ?

  • Par Citoyen-libre - 22/02/2018 - 10:29 - Signaler un abus Vive Raffarin !!!

    Mais c'est ça la décentralisation. C'est le règne des petits seigneurs locaux. Regardez le nombre de vice-présidents dans les régions, payés à on ne sait trop quoi. Le courage de Macron aurait été de virer tout ces pique assiettes. Mais ça c'est pas pour demain. Ce sont ces gens, gratins politiques, haut fonctionnaires, etc, qui ne veulent pas se réformer. Ils ont trop à perdre. Alors quand Wauquiez balance ce qui se dit tous les jours dans les chaumières, ça choque ce petit monde.

  • Par Atlante13 - 22/02/2018 - 10:49 - Signaler un abus C'est marrant ça,

    à Creil ce sont les agents qui valident les PV relevés par les Lapi. Je suppose que cet agent a sous les yeux la liste des numéros des élus et de leurs copains-coquins?

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Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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