Atlantico : Entre les deux principaux partis de gouvernement, l’UMP et le PS, les différences idéologiques semblent de plus en plus minces. De la gauche ou de la droite, à qui reste-t-il une vraie vision du monde ?
Laurent Bouvet : Les visions du monde, au sens de ce que l’on appelle en allemand la Weltanschauung, ne recoupent pas entièrement les clivages partisans. Il reste tout de même des différences dans l’ordre des priorités des partis de gouvernement de droite et de gauche. Ainsi, de manière très classique, la gauche insistera sur l’égalité ou du moins la justice sociale, notamment en ce qui concerne les droits, alors que la droite sera plus sensible à la liberté individuelle et à l’ordre comme principe directeur de l’action publique.
Ceci dit, vous avez raison si l’on considère les déplacements des lignes de clivage. On le voit bien aujourd’hui par exemple en ce qui concerne la libéralisation des mœurs qui n’est plus l’apanage de la gauche, et les « attitudes politiques générales » (progressisme, conservatisme…) qui traversent les partis et les camps.
Alain-Gérard Slama : Il y a quand même des différences importantes entre la gauche et la droite. Qu'on le veuille ou non, la gauche est d'avantage du côté de la redistribution et la droite d'avantage du côté d'une relance prudente. Ce sont deux représentations très différentes de l'avenir des sociétés. La gauche donne un rôle de plus en plus grand à l'Etat organisateur, alors que la droite, et c'est presque un paradoxe, donne une confiance plus grande aux acteurs de l'économie.
On peut dire que la droite est plus inégalitaire, mais elle estime qu'il faut inciter des acteurs à travailler d'avantage, tandis que la gauche est beaucoup plus dirigiste et plus égalitaire. Le projet de la droite est une société méritocratique, à gauche, c'est un discours qui cherche à s'orienter vers un modèle de société plus convivial, plus juste. Il demeure toujours aussi cette opposition entre le conservatisme de la droite, où on maximise les possibilités données, et la position plus progressiste de la gauche, où on déduit de la situation présente la nécessité de changer plus ou moins de modèle.
David Valence : La question que vous posez est, dans le fond, celle de l'effondrement des idéologies et de l'effritement symétrique des "cultures politiques" démocratiques. Mais c'est une question piégée. On ne peut y répondre sans préciser d'abord plusieurs points. Et tout d'abord que la fin des idéologies ne concerne que le monde occidental, et qu'elle est tout simplement une bonne chose. Je ne crois pas qu'il y ait lieu de regretter sérieusement le terrorisme intellectuel qu'exerçait le PCF dans les années 50 par exemple !
Deuxième point : il ne faut pas s’exagérer, parce qu'elles se sont éloignées de nous, la cohérence des "cultures politiques démocratiques". Les socialistes français n'ont pas attendu 1983 et le tournant de la rigueur pour s'accommoder du capitalisme, par exemple. Dans les faits, l'expérience du Front populaire, de la Libération puis des gouvernements de la IVe République avaient déjà montré de leur part une pratique plus sociale-démocrate que révolutionnaire. Le gaullisme, la démocratie chrétienne étaient également moins cohérents idéologiquement et plus pragmatiques qu'on ne le dit aujourd'hui. À l'inverse, les écoles de pensée qui se veulent "pures" de tout compromis avec le réel ne peuvent trouver de traductions immédiates dans la vie publique : ainsi du libertarianisme, qui reste un mouvement politique influent, mais plutôt marginal, même aux États-Unis. Il n'en demeure pas moins que les opinions publiques ont le sentiment, surtout en Europe, d'un brouillage des frontières entre droite et gauche démocratiques. C'est particulièrement vrai depuis le début des années 1990.
Les partis perdent-ils leur vision du monde une fois confrontés à la réalité de l'exercice du pouvoir ?
Laurent Bouvet : C’est une accusation courante et récurrente dans l’histoire politique. Celle de la traîtrise par rapport aux idéaux une fois arrivé au pouvoir. Mais c’est une manière de voir les choses très fermée, comme si la politique était une affaire de pureté idéologique qui se corromprait nécessairement au contact du pouvoir. Il n’en est rien bien évidemment. La politique, ce sont indissociablement des idées et du pouvoir, et l’infinité de liens qui existent entre les deux.
De la même manière, distinguer conquête et exercice du pouvoir est classique en politique. Mais là encore, si l’on explique que la conquête nécessite certaines qualités et l’exercice d’autres, on a du mal à voir l’ensemble du tableau. La politique, c’est l’enchaînement quasi-continu des deux situations et, j’ajouterais, leur superposition. Un parti ou un responsable politique qui aspire à gouverner ne peut pas faire comme si seule la conquête importait. De la même manière un gouvernant, a fortiori en démocratie, ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas une échéance électorale.
Alain-Gérard Slama : Ça a toujours été le cas. Devant les réalités, les partis sont obligés de renoncer à certains dogmes, on l'a vu avec le vent de nationalisations frénétiques de la gauche en 1981, et celui de privatisations par la droite en 1995, où, après coup, on s'est rendu compte que ce n'était pas si simple.
La droite a sans doute plus sacrifié de son libéralisme en économie que la gauche de son volontarisme. Mais le libéralisme économique fait-il partie de la tradition de la droite ? Ce n'est pas sûr. Sur la question sociale, on a connu la droite volontariste de De Gaulle. Il y a à droite une ambition de puissance. Les moyens pour l'atteindre - pour réaliser un Concorde ou un Plan calcul - sous De Gaulle, étaient plus dirigistes qu'aujourd'hui.
David Valence : Disons que le pouvoir a tendance à tamiser les projets politiques de ceux qui le conquièrent... Mais cette "conversion au réel" n'est pas forcément une mauvaise chose! 
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Réponse : non.
Les deux sont étatistes, constructivistes, centralisateurs ou au mieux déconcentrateurs, européanophiles sans principe de subsidiarité, favorables à une fiscalité injuste, aucun ne fera rien pour favoriser l'entreprise. Bref, il n'y a plus rien à attendre du PS et de l'UMP depuis bien longtemps. Face à une politique foncièrement étatiste, il ne reste plus qu'à départager entre les deux thèmes régulièrement mis en avant, lutte contre les "inégalités" ou réaction identitaire, les deux n'ayant à l'heure actuelle pas le moindre importance.
Il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre un parti qui fait semblant d'être socialiste et une UMP qui n'est plus une majorité qui n'a plus de président et dont l'union est un mythe: les uns font semblant de vouloir créer des emplois alors que les autres font semblant de soutenir les pauvres et les classes moyennes. Cependant un point les réunit tous: vivre grassement aux dépens des citoyens...
Parce qu'ils ont une vision maintenant..! Une nouvelle taxe..? Un nouvel emprunt..?
ghislfa vient de découvrir ce qui cachait son cerveau intelligent
Pour tous les sympathisants de droite qui sont illettrés, car ils ne savent pas lire les 60 propositions du PS . Il faut supprimer l'école pour tous les gens qui ne savent ni lire ni écrire. On pourra économiser 45 milliards d'euro. En résumé le PS va faire une banque d'investissement de 30 milliards d'euro alors que sarko voulait faire un emprunt, pour réorienter une partie des 4000 milliards d'euros d'Epargne vers les PME au lieu du trading en compte propre dans les banques sur les marchés de grés à grès ou over the counting. L'Epargne Française doit être investie en France. Il est trop facile de demander au banque de garantir un rendement via l'ouverture d'un livret bancaire ou d'une assurance vie. SI on veut que les investissements responsables progressent, les épargnants doivent poser des questions sur les stratégies d'investissement vu que les consommateurs en France préfèrent payer chers pour une soi disant qualité! le prix n'a jamais été une garantie de qualité!!! Le citoyen a les moyens de consommer Français, au marché les victuailles viennent de 20 kilomètres et le supermarché propose de la daube!!! vive l'écolocation
et leur carriére! Ce sont d'excellents comediens et de parfaits communicants! la difference entre PS et UMP, c'est d'abord une question d'opportunité!
A mon avis les deux partis sont dépassés par la marche du monde.
Il y a comme un "vide" qui se crée dans le paysage politique français.
Au futur bénéfice des extrêmes ?
Il s'exprime ici, et envisage de faire de la politique...
En plus, c'est rigolo.
"CARAMEL – Un chat de notre époque vous parle"
http://www.grincant.com/2012/09/14/caramel-un-chat-de-notre-epoque-vous-parle/
Au PS, ça fait longtemps qu'on a compris le sens de l'histoire et du progrès, qu'on a la connaissance du monde, qu'on veut s'affranchir des frontières et fonctionner suivant un mode universel démocratique. A l'UMP, on s'est dit qu'il fallait rivaliser. C'est le marché économique et la démographie qui dirige le monde, quand on aura mis un prix sur toute chose la terre tournera rond. Ce qu'hier encore on appelait le modèle français n'existe plus. Et naturellement, aucun, de l'UMP ou du PS, n'a prévu la résistance des Nations.
Strictement aucune différence sur le plan politique entre l'UMP et le PS. Pas la moindre. A moins que vous n'accordiez une importance quelconque aux différences de vocabulaire, bien sûr.
Marine Le Pen n'a aucun souci à se faire pour 2017 : elle sera élue.
Un article relativement équilibré et qui ne satisfera donc personne, en ne désignant pas un gagnant et un perdant...
Et qui risque de renforcer les convictions de ceux qui pensent que c'est "bonnet blanc et blanc bonnet" !
L'incertitude s'est encore renforcée avec la dernière intervention de François Hollande : n'est-il qu'une lamentable carpette qui s'est rallié à l'austérité Sarko-Merkozienne, malgré les réserves de presque tous les économistes, ou bien un brillant joueur de billard qui parie sur un échec rapide de ce plan pour pouvoir imposer les vraies réformes ?
Une certitude, les vrais "Flanby", c'est l'ensemble des français qui suivent sans broncher ce spectacle digne d'une très mauvaise émission de "télé-réalité" !
Force est de constater qu'à part le domaine sociétal (et encore), certaines logiques de fond, PS et UMP se sont tellement rapprochés qu'il devient difficile de les distinguer sur leurs actes, et non sur la rhétorique utilisée car leurs actes opèrent à la marge et non sur le gros du morceau.
Ex? Le présiflan n'a pas changé la logique européenne de NS
Taubira suit la logique de Dati avec ses "pas trop de prison pour moins de 2 ans de condamnation".
NS a fait *2 en ce qui concerne l'immigration légale.
Là est le piège: le discours à droite de NS était en trompe l’œil complet et totale. Pareil pour la gauche et les roms.
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Ce ne sont plus des politiques, mais des commerciaux utilisant de techniques marketing digne de fabricants de lessives (la poudre de base est la même pour tous).
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Quant à la nation, euh, c'est quoi? Plus rien. Qui veut faire nation avec les gentils salafistes d'hier?
Qui veut faire nation avec les 700 - 800 quartiers sensibles, dits pour certains quartiers de droits shariatique...?
Il reste l'état qui sera dissous prochainement dans l'UE.
Il ne restera que cette merde d'UE, machin sans passé donc sans futur, avec des con sommateurs.
c'est BO. Rome, nous voilà
Remplacement des Etats nation par une organisation supranationale antidémocratique. Remplacement de la population européenne, taxes et immigration, désintégration des classes moyennes avec la suppression des droits de douane. Tel est le credo de l'UMP et du PS.
Formidable votre commentaire !
Je reste pantois devant une telle élévation de pensée, l'illustration même de la puissance de l'esprit ! Je ne manquerai pas désormais la moindre de vos interventions.
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" Alors que les chapelles se battent pour prendre la tête de l'UMP et que le PS vient de changer de Premier secrétaire, y-a-t-il une réelle différence entre les deux partis de gouvernement français ?"
Magnifique cadeau au F.N. que cette question... c'est tout leur argumentaire !