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"La Promesse de l'aube" : une promesse magnifiquement tenue

Pierre Niney n'a rien à voir physiquement avec Romain Gary et pourtant il joue bien son rôle, comme Charlotte Gainsbourg exceptionnelle dans celui de la mère de Gary. Un film ambitieux, culotté, et admirablement réussi.

Atlanti-culture

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 Sous chacun de ses plans, on perçoit ce qui  a constitué la matière première du livre, à savoir l’amour passionné, unique, exclusif et tellement ambitieux d’une mère pour son fils. Même quand  Mina n’est pas physiquement à l’écran, on ressent sa présence.

Cette sensation est due au scénario, mais aussi, et surtout peut-être, à Charlotte Gainsbourg qui s’est emparée de Nina avec une puissance émotionnelle saisissante. Vieillie, affublée d’une perruque grisonnante, alourdie par de faux seins tombants, la comédienne, qui joue avec un léger accent polonais est bluffante. Elle « est » Mina, cette mère excessive, qui dévore son fils dans l’élan irrépressible de sa passion. A quarante-six ans, Charlotte Gainsbourg a trouvé là son plus beau rôle. Il serait inconcevable qu’elle ne soit pas nommée aux Césars.

 Dans le personnage de son fils, celui de Romain Gary en route pour sa légende, Pierre Niney, tout en justesse et en subtilité, confirme qu’il est décidément l’un des meilleurs comédiens de sa génération.

A noter aussi la formidable prestation de Didier Bourdon, qui campe, assez génialement, un saltimbanque alcoolo. Celle aussi de Jean-Pierre Darroussin qui habite avec sa douceur et son humanisme habituels, Zaremba, le peintre  qui fut le timide amoureux de Mina.

POINTS FAIBLES

Il est rare qu’un film de plus de deux heures tutoie, de bout en bout, le chef d’œuvre. Cette version Barbier de la Promesse de l’Aube se fait, ici, un peu trop mélodramatique, là, un peu trop emphatique. Mais c’est furtif, véniel, et ne déclasse pas ce très grand film.

EN DEUX MOTS

Il est difficile de ne pas se laisser emporter par cette Promesse de l’Aube. Mélangeant drame intimiste, récit d’émancipation et épopée picaresque, cette fresque monumentale renoue, par son ampleur et son envergure, avec ces films épiques de la grande époque desOuest-Est et autre Indochine de Régis Wargnier.

Il faut dire que ce film s’est donné les moyens de son ambition: un scénario très travaillé, des dialogues d’une haute volée, une distribution cinq étoiles et un budget suffisamment colossal qui a permis de n’escamoter aucune des séquences importantes du livre dont il est tiré.

On en sort, avec l’envie impérieuse de relire Romain Gary.

UN EXTRAIT

« Dans La Promesse de l’Aube, le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire  se mélangent tout le temps. C’est un récit autobiographique où la mémoire est sublimée, les souvenirs reconstruits. Des épisodes du livre que j’imaginais faux se sont révélés exacts, et d’autres évènements très importants de sa jeunesse, découverts depuis l’ouverture des archives de Wilno en 2014 pour le centenaire de sa naissance, ne sont jamais mentionnés… Il (Gary) puise dans la matière réelle de son passé, mais il la transcende pour la rendre épique, extraordinaire ». (Eric Barbier, réalisateur).

 
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Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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