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Projet de loi asile-immigration : les associations à qui on avait sous-traité le problème des migrants entament un sévère bras de fer avec le gouvernement

Vent debout contre cette réforme, plusieurs dizaines d’associations s’efforcent de faire pression sur le gouvernement en utilisant tous les moyens possibles.

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Projet de loi asile-immigration : les associations à qui on avait sous-traité le problème des migrants entament un sévère bras de fer avec le gouvernement

La dernière couverture du Nouvel Observateur, qui représente Emmanuel Macron devant des barbelés, est symptomatique de l’hypersensibilité de la gauche sur la question des réfugiés. La mobilisation a commencé en décembre dernier lorsque le gouvernement a publié une circulaire sur le recensement des résidents dans les centres d’accueil ; elle se prolonge aujourd’hui avec la présentation de l’avant-projet de loi sur l’asile et l’immigration.Vent debout contre cette réforme, plusieurs dizaines d’associations emmenées par la principale d’entre elles, France Terre d’Asile, s’efforcent de faire pression sur le gouvernement en utilisant tous les moyens possibles : un recours devant le Conseil d’Etat et la saisine du Défenseur des droits.

Cette action des associations a été relayée, le 23 décembre dernier, par une tribune virulente signée par Benoît Hamon et 25 membres de son nouveau parti Générations : « sous l’apparat d’une politique humaniste, le gouvernement Macron-Philippe est en train d’adopter la politique migratoire la plus répressive que notre pays a connue depuis des décennies ». Quelques jours après, sur Europe 1, le politologue Patrick Weil, spécialiste de l’immigration, a dénoncé une « régression dramatique », affirmant que la politique de l’actuel gouvernement est pire que celle de Nicolas Sarkozy : « Monsieur Macron, c'est l'inverse de monsieur Sarkozy. Monsieur Sarkozy était violent verbalement, mais sur le terrain il était pragmatique. Monsieur Macron est doucereux verbalement, et sur le terrain c'est la dague ». A cette occasion, Patrick Weil a accusé le président et son ministre de l’Intérieur de violer un « principe qui nous vient de nos traditions chrétiennes : un enfant, on ne lui demande pas ses papiers quand on l'accueil à l'école, un malade, on ne lui demande pas ses papiers quand il a besoin d'être soigné à l'entrée de l'hôpital, et quelqu'un qui n'a pas de quoi se loger, on ne lui demande pas ses papiers à l'entrée d'un centre d'hébergement d'urgence » . Cette référence aux traditions chrétiennes,dont il n’est pas certain qu’elle puisse être mobilisée pareillement à d’autres occasions comme le mariage homosexuel ou les crèches de Noël, est originale par ce qu’elle révèle de l’inconscient qui anime la gauche, visiblement plus influencée par l’héritage religieux qu’elle ne veut bien l’admettre.

Il reste que la dramatisation qui entoure ces différentes prises de position apparaît disproportionnée par rapport au contenu du projet de loi. En réalité, les propositions gouvernementalesrestent modestes. Elles ne modifient guèreles dispositions existantes, sinon de façon marginale : raccourcir de 120 jours à 90 jours la durée pour déposer un dossier de réfugiés, et de 4 semaines à 2 semaines le délai pour faire un recours ; augmenter de 45 jours à 90 jours la durée en rétention administrative, et de 16 à 24 heures la retenue administrative pour la vérification du droit au séjour. La seule disposition forte concernait la mise en place d’une liste de « pays tiers sûrs », ce qui devait permettre de renvoyer les demandeurs dans leur pays sans examiner leur dossier, mais cette disposition a finalement été retirée sous la pression des associations.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 13/01/2018 - 12:14 - Signaler un abus Crédo de la gauche: recevons-les tous, Dieu pourvoira

    Ces associations, non contentes d'être financées par l’État, veulent aussi se substituer au législateur en faisant leurs propres lois, conformes à leur idéologie. Typique de la gauche: "nous sommes le peuple et nous avons tous les droits". Le migrant, après avoir abandonné tout son argent aux passeurs, est devenu un réfugié, un demandeur d'asile, et nous n'aurions pas le droit de refuser. Le contribuable doit donc financer les bandes criminelles, et prendre en plus la misère du monde à sa charge. Inacceptable, aberrant et impossible ! Mais ça ne gêne pas la gauche, qui croit au miracle de la multiplication des petits pains.

  • Par Stargate53 - 13/01/2018 - 14:37 - Signaler un abus L'état doit reprendre la main !

    Comme c'est de toute façon nos impôts qui financent ces philanthropes d'état et bien l'état n'a qu'à en reprendre la gestion des centres d'accueil à ces antichambres gauchistes. De toute façon, il est anormal de ne pas recenser qui bénéficie de la générosité du peuple français et surtout si il peut être bénéficiaire car remplissant les conditions requises par la loi française !

  • Par Deudeuche - 13/01/2018 - 15:22 - Signaler un abus Terre d’Asile Cimade et cie

    Des repaires à Bobo gauchos en quête de sens de la vie. Connais bien la Cimade étant un coreligionnaire mais pas un grand fan de ces prots protestataires et prototrotskystes.

  • Par Atlantica75000 - 13/01/2018 - 18:26 - Signaler un abus Savoir lire et compter

    Où l'on a confirmation que Sarko n'a rien fait en la matière puisque plus de régularisations que sous Jospin (ah oui, la fameuse obligation de se métisser dans l'un de ses discours !) Entendu à la radio que le dispositif de regroupement familial comprenait les frères et soeurs ! Quand on connaît les fratries à rallonge ! De plus carte de séjour passe de un an à 3 ou 4 Quelle rigueur ! Au fait qui a parlé de la décision de Macron, suite au mini sommet organisé en Italie la semaine dernière de récupérer 200 migrants venus d'Italie chaque mois pour donner de "l'élan" à la relocalisation

  • Par Liberte5 - 13/01/2018 - 19:22 - Signaler un abus Au bout du compte la pseudo montagne va accoucher

    d'une mini mini souris. Rien de structurant ne va être fait pour mettre fin à une politique de merde depuis 50 ans mise en place par une classe politique de merde.

  • Par vangog - 14/01/2018 - 04:06 - Signaler un abus Sous-traiter à des associations mafieuses????

    Si le gouvernement socialo-macroniste a bien « sous-traité le problème des clandestins » (pas « migrants », car c’est autre chose...) à des associations ultra-gauchistes mafieuses, alors c’est que la France est tombée très bas et mérite son triste sort!

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Vincent Tournier

Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

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