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Le progressisme tente de se donner une nouvelle définition mais peine à le faire

La République en Marche, la Fondation Jean Jaurès et la Fondapol organisent ce samedi une conférence intitulée : "Progressisme, mais encore ?". Au cours de cette conférence, des thèmes comme la dignité, l'émancipation , l'engagement, la transmission, ou la responsabilité seront abordés. Ils auraient tout aussi bien pu être traités lors de colloques libéraux ou conservateurs.

Dans quel état j'erre ?

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Le progressisme tente de se donner une nouvelle définition mais peine à le faire

 Crédit PATRICK HERTZOG / AFP

Atlantico : La République en Marche, la Fondation Jean Jaurès et la Fondapol organisent ce samedi 20 octobre une conférence sur le thème : "Progressisme, mais encore ?" Au cours de cette conférence, des thèmes comme la dignité, l'émancipation , l'engagement, la transmission, ou la responsabilité, en plus de plusieurs sujets concernant la méthode seront abordés, tout comme ils auraient pu être traités lors de colloques libéraux ou conservateurs. Comment expliquer cette difficulté à proposer un contenu exclusif, aussi bien sur la forme que sur le fond ? 

Eric Deschavanne : Assez simplement !

D'abord parce le progressisme en politique tend à se confondre avec le volontarisme, avec l'optimisme de la volonté : le progressiste, c'est celui qui croit le progrès possible, de sorte que tout candidat, même s'il ne se revendique pas progressiste, est nécessairement pour le progrès. Ensuite, parce que celui qui proclame qu'il est pour le progrès a bien souvent les mêmes objectifs politiques que ceux qu'il baptise "conservateurs", lesquels n'ont que le tort à leurs yeux d'exprimer réserves et scepticisme à propos de l'efficacité des réformes proposées. 

Dès lors que vous avez à peu près les mêmes critères d'amélioration du sort de vos concitoyens, mieux éduquer les enfants, mieux protéger la santé, accroître la prospérité par la croissance économique, l'augmentation des salaires, la diminution du chômage et la baisse des impôts, etc., il est difficile de se présenter aux élections en disant qu'on est contre le progrès ! Il existe bien entendu des vrais adversaires du progrès, les partisans de la décroissance par exemple, dont la position se fonde sur des considérations morales et idéologiques, mais ils sont voués à une certaine marginalité politique.

Que peut révéler cette focalisation sur les questions de méthode ? Le progressisme n'est il plus qu'une forme ? 

Le "progressisme" comme étiquette politique n'a guère plus de sens aujourd'hui que celle de "réactionnaire", car tout le monde en réalité partage la même conception de la "société juste" : une société démocratique assurant au moyen d'un marché libre et d'un Etat social le maximum de liberté, d'égalité et de bien-être. Les divergences de principes et de modèles n'existent qu'à la marge, contrairement à ce qu'on a connu dans des situations historiques antérieures, après la Révolution française, quand partisans de l'Ancien Régime et révolutionnaires s'opposaient, ou dans les années 30 du 20e siècle, lors du conflit idéologique opposant fascistes, communistes et libéraux. J'ajoute que l'arrière-fond philosophique, l'opposition entre partisans d'une nature humaine intangible et partisans de la perfectibilité humaine, tend lui aussi à s'estomper. Dans la société de l'innovation permanente, il est possible d'être conservateur et nostalgique, mais il devient difficile de croire à la permanence de la condition humaine.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 20/10/2018 - 10:52 - Signaler un abus Progrès

    "une société démocratique assurant au moyen d'un marché libre et d'un Etat social le maximum de liberté, d'égalité et de bien-être" Si tout le monde partage cette vision on se demande pourquoi les politiques suivies vont dans un sens inverse, notamment par ceux qui se disent progressistes.

  • Par Ganesha - 20/10/2018 - 12:55 - Signaler un abus Une page et demie !

    Mr. Deschavannes tergiverse un peu... mais, heureusement pas trop : au bout d'une page et demie, il nous livre déjà le fond de sa pensée : lisez au moins la fin de sa dernière phrase ! Je cite : ''face au scepticisme qui monte, et qu'exprime le Populisme, à l'égard du Libéralisme économique et de la construction européenne''.

  • Par Ganesha - 20/10/2018 - 12:58 - Signaler un abus Poubelles de l'Histoire !

    Quarante années de Libéralisme thatcherien, et de ''Concurrence Libre et Non-Faussée'' européenne, ont enfoncé les classes populaires dans la misère et/ou l'assistanat. Mais désormais, les classes moyennes sont également touchées. Et, cela, ''ça ne passera pas'' !

  • Par vangog - 20/10/2018 - 14:05 - Signaler un abus Le progressisme gauchiste aboutit à la régression...

    régression démocratique (persécution Marine Le Pen, Melenchouille..), injustice (copains du pouvoir miraculeusement épargnés...), à la corruption (entreprises publiques bradées aux copains de la bande à Drahi qui doit un retour d’ascenseur...), au communautarisme etc...une belle merde, comme n’importe quelle idéologie !

  • Par ajm - 20/10/2018 - 15:55 - Signaler un abus Libéral et patriote.

    Ganesha , mettez une fois pour toute dans votre très, très, petite tête, qu'en matière économique il n'existe rien en dehors du libéralisme, sauf la misère , la vraie, massive et organisée du socialisme. Par contre, les politiques commerciales des états entre eux peuvent varier et on n'est pas du tout obligé, même libéraux, d'accepter une concurrence totalement déloyale et manipulée d'un état policier géant comme la Chine qui organise méthodiquement l'ouverture hautement sélective et orientée de son marché tout en agissant comme prédateur subventionné à l'extérieur. On peut être un Libéral réaliste et exigeant, imposant une véritable réciprocité aux autres nations, comme Trump pour les USA.

  • Par AZKA - 20/10/2018 - 20:14 - Signaler un abus Le progressisme

    Est l'alliance des libéraux et des libertaires (liberals en anglais). En résumé "traverse la rue et tout pour les 20% vivant dans les villes de plus de 100 000 habitants). Pour les autres ni branchés ni Cac40 ni LGBT ou islamo friendly, allez vous faire foutre....sales populistes.

  • Par Ganesha - 20/10/2018 - 20:22 - Signaler un abus AZKA

    Cela fait plaisir de lire de temps en temps des expressions du ''bon sens'' !

  • Par Ganesha - 20/10/2018 - 20:32 - Signaler un abus Quelques Vérités sur les USA

    Il y a un chiffre ''triomphal'' que l'on trouve partout : il n'y aurait que 3 millions de chômeurs aux USA ! La moitié du nombre total de chômeurs en France. Mais, une analyse qui se concentre sur ce seul chiffre est tout, sauf objective ! 1) Un premier problème, c'est qu'il y a une part croissante d'inactifs dans la population en âge de travailler. Le ''taux d'activité'' était stable à 66% depuis 1990, il s'est brusquement effondré à partir de 2008, il a désormais baissé à 60%. 2) Un autre point, essentiel, que la quasi totalité des lecteurs d'Atlantico ignorent, c'est qu'il existe aux États-Unis un programme gouvernemental d'aide aux pauvres ! Il y a actuellement 39 millions d'américains qui bénéficient de ''bons alimentaires'' (foodstamps) de 125 dollars par mois. 3) Un dernier point important, les USA détiennent le triste record du ''taux d'incarcération'' de très loin le plus élevé du monde : 743 pour cent mille habitants, et c'est en constante augmentation. Il y a actuellement 2,3 millions de pensionnaires dans les prisons américaines : en très grande majorité des pauvres et des noirs...

  • Par Ganesha - 20/10/2018 - 20:36 - Signaler un abus Lunettes Roses !

    Alors, il faut se rappeler le proverbe qui dit : ''il n'y a pas de pires aveugles que ceux qui refusent de voir'' ! Évidemment, si les ''papys propagandistes du Libéralisme'' ouvraient les yeux, et acceptaient d’intellectualiser ces quelques réalités, ce serait momentanément un peu dur pour eux... comme de retirer des lunettes roses !

  • Par Ganesha - 20/10/2018 - 20:42 - Signaler un abus Références Internet

    https://www.businessbourse.com/2018/07/07/etats-unis-plus-de-102-millions-damericains-sans-emploi-au-30-juin-2018/ === https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Supplemental_Nutrition_Assistance_Program === https://www.fns.usda.gov/data-and-statistics === https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population_carc%C3%A9rale

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Eric Deschavanne

Eric Deschavanne est professeur de philosophie.

A 48 ans, il est actuellement membre du Conseil d’analyse de la société et chargé de cours à l’université Paris IV et a récemment publié Le deuxième
humanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry
(Germina, 2010). Il est également l’auteur, avec Pierre-Henri Tavoillot, de Philosophie des âges de la vie (Grasset, 2007).

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