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Ce programme d'étiquetage des aliments qui pourrait vous aider à y voir enfin clair dans la galaxie des labels et autres certifications au supermarché

Vert, jaune, orange, rose, rouge. Le nouveau programme d'étiquetage, tel que prévu par le PNNS, pourrait s'avérer idéal afin de déterminer la qualité d'un produit alimentaire. Il n'en est pas moins torpillé par les lobbys, dans l'indifférence générale.

Pas trop tôt

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Bien manger dans sa cantine, ne serait-ce pas aussi créer des solidarités locales qui rendent notre monde plus vivable, chaleureux, solidaire, et plus goûteux en définitive ! Ici la carte des fournisseurs de l’association Manger local en pays de Redon

Nous sommes ce que nous mangeons : nous "faisons" littéralement société et culture à table. Bien manger en France, c’est donc d’abord manger… comme un français, ce que le reste de monde nous envie puisque nous sommes "le" pays de la gastronomie mondiale.

Songeons que l’UNESCO a inscrit le repas gastronomique français dans sa liste du patrimoine mondial ! Ce repas "met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature… Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets ; l’achat de bons produits, de préférence locaux ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table… il commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert"…, et du bon vin. Il n’y a plus qu’à appliquer ces principes pour bien manger, comme un français, ce qui n’empêche nullement de manger de temps en temps du sushi ou du couscous, et même un hamburger ou du fish and chips, ni de boire du thé !

Bien manger, pour la Planète ? 

Mais ces deux items, bien manger, pour soi et pour faire société, n’épuisent pas le sujet : on peut encore élargir la réflexion à l’ensemble de la planète ! A l’heure où le réchauffement devient un problème majeur, nous pouvons prendre conscience du fait que notre nourriture, sa production, son transport sa transformation et sa distribution, représente 25 à 30 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre, autant sinon plus que le transport ! Dès lors, la question se pose réellement : combien de gaz à effet de serre pour produire ce qu’il y a dans mon assiette ? Comment bien manger, littéralement "bon pour le climat" ?

La consommation de légumes frais, locaux et de saison provoque l’émission de 15 fois moins de gaz à effet de serre que celle de légumes hors saison importés par avion ! De ce point de vue les fruits ou légumes provenant de serres chauffées sont une véritable aberration. Et surtout la viande de notre assiette a émis 90 fois plus que les petits légumes qui l’accompagnent. Un mot d’ordre fort simple permet de rééquilibrer : passer du traditionnel bœuf-carottes à la carotte au bœuf : deux fois plus de carottes, deux fois moins de bœuf, et la planète vous dira ouf ! Ce qui n’empêche nullement d’exiger du bœuf de grande qualité, produit localement, et de la payer à son juste prix pour que l’éleveur puisse en vivre décemment.

Rappelons qu’un carnivore qui roule en vélo réchauffe beaucoup plus la planète qu’un végétarien qui roule en 4/4 ! Je ne propose pas de tous devenir végétariens, mais manger moins de viande et rouler plus souvent en vélo permet de façon certaine de mieux protéger à la fois la planète et notre santé !

Pour ceux qui veulent en savoir davantage, l’association de restaurateurs Bon pour le climat a mis au point un éco-calculateur qui permet de calculer l’empreinte carbone de n’importe quelle recette. Très instructif !

Poursuivons : une dernière solidarité à inscrire autour du bien-manger est intergénérationnelle ; elle consiste à manger aujourd’hui sans gâcher ni piller, pour que les générations suivantes puissent, elles aussi, manger à leur tour ! Par ses choix au quotidien, le consommateur peut renforcer le type d’agriculture et d’élevage qu’il souhaite ; par exemple une agriculture dite "conventionnelle", en fait "tout pétrole, chimie, mondialisation, déforestation", ou bien une agriculture écologiquement intensive, voire biologique, qui respecte davantage la planète, la biodiversité, la vie du sol, et économise au maximum les ressources naturelles non renouvelables.

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Alors, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? On voit bien que ce choix apparemment anodin a des incidences considérables sur notre santé, notre convivialité, notre joie de vivre, mais aussi l’organisation de la société, l’emploi dans notre pays, notre culture collective, et même sur la faim dans le monde, le réchauffement de la planète, et la protection des ressources naturelles. Une vraie prise de tête, mais gardons néanmoins notre spontanéité en même temps que le moral et la mesure, et faisons remonter de saines envies. Bon appétit !

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 23/11/2016 - 09:55 - Signaler un abus Moins lourde et moins fragile

    Le principal problème, c'est que la nutrition n'est pas un science exacte. Ou, en tout cas, qu'elle n'est absolument pas figée ! Mais le plus grand reproche que les peuples font désormais à ceux qui les dirigent, c'est de commencer par leur cacher les nouvelles informations pendant des décennies avant d’être, finalement, piteusement obligés de les admettre ! Personne n'est choqué lorsque le gouvernement impose que tous les paquets de cigarette portent la mention ''Le Tabac tue''. Combien de temps faudra-t-il avant que toutes les bouteilles en plastique de boisson nous disent : ''Moins lourde et moins fragile qu'une bouteille en verre, mais contient des perturbateurs endocriniens'' ?

  • Par J'accuse - 23/11/2016 - 11:38 - Signaler un abus Il ne suffit pas d'une étiquette pour manger mieux

    La part des dépenses consacrée à la nourriture n'est pas un choix pour beaucoup de ménages, mais une contrainte: dépenser plus pour manger mieux n'est possible que s'ils dépensent moins pour d'autres choses (logement, énergie, transports, taxes, etc.). D'autre part, les marques et les producteurs se servent des labels pour augmenter leurs prix, selon le principe que la qualité se paye: nul doute que les produits qui se verront attribués un A seront rapidement plus chers. L'intention est louable, mais ne produira pas l'effet voulu: mettez des E aux hamburgers McDO, et l'enseigne aura toujours autant de clients. Seuls les ménages aisés pourront profiter de cette initiative, qui manquera donc son objectif premier.

  • Par Anouman - 24/11/2016 - 11:21 - Signaler un abus CO2

    Cette obsession du CO2 vire à la paranoïa chez beaucoup de gens. Ca devient inquiétant.

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Bruno Parmentier

Bruno Parmentier est ingénieur de l’école de Mines et économiste. Il a dirigé pendant dix ans l’Ecole supérieure d’agronomie d’Angers (ESA). Il est également l’auteur de livres sur les enjeux alimentaires :  Faim zéroManger tous et bien et Nourrir l’humanité. Aujourd’hui, il est conférencier et tient un blog nourrir-manger.fr.

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