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Les professeurs femmes gâchent-elles les chances des élèves garçons ?

Selon une étude britannique, les enseignantes, largement majoritaires dans l'éducation, noteraient moins bien les garçons. Une occasion de questionner la place prédominante de celles-ci au sein des structures d'enseignement...

Choc des sexes

Publié le

Faudrait-il ajouter au catalogue des mesures pour l’école présentées par les candidats à l’élection présidentielle "la volonté d’établir la parité entre hommes et femmes parmi les enseignants des écoles, collèges et lycées" ?

La lecture d’une étude étonnante conduit à penser que, oui, il est urgent que les hommes soient beaucoup plus nombreux à devenir enseignants. Cette étude prouve en effet que les écoliers britanniques ont de moins bons résultats que les écolières (comme c’est le cas en France) si ils savent qu'ils seront notés par des institutrices, parce qu’ils intègrent le fait qu'alors, leurs résultats seront moins bons. S'ils ne savent si leur travail sera noté par un homme ou une femme, alors leurs résultats sont meilleurs. (Enquête du Centre for Economic Performance, London School of Economics). Il est probable qu'une telle étude conduite en France produirait des résultats comparables.

Le problème est d’autant plus important que l’échec scolaire des petits garçons français, supérieur à celui des filles (phénomène qui s’aggrave depuis 2000), génère les incivilités et violences qui gangrènent la vie quotidienne des établissements scolaires. Et logiquement, sur les 150 000 jeunes éjectés chaque année du système sans diplôme ni qualification, plus de 100 000 sont des garçons ! Le phénomène durant depuis des années, on peut parler d'une bombe sociale à retardement.

Donc, globalement les filles réussissent mieux, même dans l'enseignement supérieur. Mais là où la situation est particulièrement absurde, c'est lorsqu'on sait que, par ailleurs, la part des filles diminue dans les filières scientifiques et sélectives du supérieur, ce qui contribue ensuite aux inégalités de carrière et salariales. Comme dit le ministère de l’Education nationale, garçons et filles "anticipent des rôles adultes en fonction de représentations stéréotypées". Ainsi, les filles représentent moins de 43% des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles, mais 75 % dans les filières littéraires pour 30 % dans les filières scientifiques.

C’est donc dès l’école maternelle (et pourquoi pas aussi dans les crèches), qu’il faut renforcer la part des hommes. Ainsi, le think tank Terra Nova rappelle-t-il que "l'univers de la petite enfance continue à être fortement marqué par la prédominance de la mère, jusque dans l'organisation et l'appellation de ses structures".

Remplaçons donc "école maternelle" par "école élémentaire", et appelons l’actuelle "école élémentaire", "école primaire ». Le mot "maternelle" souligne trop que nous sommes dans "une période de la vie où le rôle du père est considéré comme secondaire" (Terra Nova, rapport de juin 2011).

Non seulement presque 90 % des enseignants sont des femmes issues de milieux sociaux favorisés, avec des conjoints cadres supérieurs ou de professions intermédiaires. Le choc des cultures est frontal avec les enfants, notamment les garçons, issus des milieux ouvriers, employés, connaissant des difficultés économiques souvent graves. Alors que, très souvent, rien dans leurs univers familial, quand il existe encore, ne les aide à réussir à l’école, tout ce que proposent les institutrices est, très souvent, rendu d’emblée plus difficile pour ces écoliers par le fossé culturel. L’historien Antoine Prost le remarquait en 1981, déjà: "Ces institutrices (...) sont souvent d’origine bourgeoise, or elles ont à enseigner aux enfants du peuple. Il leur est difficile d’imaginer ce qu’ils ressentent, quelles sont leurs difficultés, ou sur quels éléments de leur vie quotidienne et de leur culture pourraient s’appuyer une pédagogie de la motivation".

 
Commentaires

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  • Par cappucino - 18/02/2012 - 13:51 - Signaler un abus Pour une fois qu'elles sont dominantes

    Quelque part, cela pose problème. Que les hommes soient professeurs et cela résoudra les problèmes, si ils existent vraiment.

  • Par Petra - 18/02/2012 - 13:58 - Signaler un abus réussite scolaire

    Enseignant depuis 23 ans, votre propos appelle plusieurs remarques complémentaires. 1/ Dans "mon" lycée, les profs de français = 1 homme et 5 femmes; à l'inverse pour l'informatique = 1 femme et 4 hommes. 2/ Les filles ont globalement de meilleurs résultats scolaires mais il leur est plus difficile de s'insérer dans la vie professionnelle. 3/ Le profil des élèves a changé (je suis en lycée technologique) : le sens de l'effort est moins prégnant (implication en cours, régularité du travail, volonté de surmonter ses difficultés). 4/ un étude a été faite montrant plus de difficultés scolaires chez les garçons en collège, d'où la proposition avancée par certains pédagogues de renoncer à la mixité dans les collèges.

  • Par asty - 18/02/2012 - 15:15 - Signaler un abus c'est un peu du grand n'importe quoi cet article

    ainsi il faudrait donc surnoter les garçons , en général nettement moins bons éléves que les filles, pour saisfaire leur égo, il n'y a que des hommes pour écrire pareilles stupidités. Si les petits garçons veulent être bien notés qu'ils travaillent et qu'ils n'attendent pas que ça leur tombe tout roti au prétexte qu'ils sont des garçons! Plus sexiste que ça, faut vraiment le faire!

  • Par flogo - 18/02/2012 - 19:36 - Signaler un abus C'est normal...

    la vengeance de la maîtresse... Les gars y font rien qu'à essayer de r'garder sous les jupes des filles...Alors hein...bon !

  • Par New - 19/02/2012 - 04:09 - Signaler un abus Le vrai problème, tabou,

    c'est la montée incessante des enfants -et des garçons- d'origine non européenne dans les effectifs scolaires. De par leurs cultures - et de leur niveau intrinsèque - ils ne peuvent en majorité pas réussir. Les garçons maghrébins en particulier ne respectent pas les enseignantes femmes. Ce sont des boulets. Tout le monde le sait -y compris les gauchistes de l'éducation nationale- mais personne n'ose le dire.

  • Par New - 19/02/2012 - 04:11 - Signaler un abus Et en GB c'est pareil :

    le problème vient de l'invasion des non européens, pakistanais et autres bronzés indiens. Problème culturel et problème intellectuel. Un naufrage.

  • Par asty - 19/02/2012 - 09:40 - Signaler un abus les bas du plafonds

    j'habite en région et dans nos écoles la proportion des garçons issus de l'immigration reste stable, et ce sont bien nos petits garçons , bien issus de "familles française de souche cathos et réacs"qui travaillent moins bien que nos petites filles. Alors nos racistes primaires cherchez les causes ailleurs. Peut être dans l'éducation des petits français " de souche" par leur papa " de souche" Dans beaucoup de familles française, le bébé garçon est toujours valorisé par rapport au bébé fille ( une mère s'occupe en général près de 20 min de plus d'un petit garço que d'une petite fille) le transformant dès son plus jeune âge en assisté chronique à qui tout est du! Et à l'école ça change forcemment, d'où le résultat constaté!

  • Par DEL - 19/02/2012 - 19:47 - Signaler un abus Ah, bon!

    Et inversement?

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Roger Celestin

Roger Célestin est journaliste.

Il écrit pour Atlantico sous pseudonyme.

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