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Le problème n'est pas tant que la théorie du genre existe ou pas mais qu'il soit interdit d'en débattre

Le gouvernement a décidé de s'appuyer sur le concept de genre pour construire une partie de sa politique, mais sans l'affirmer clairement devant les citoyens. Et pour cause : il sait très bien que l'idée passe assez mal dans l'opinion publique.

Tabou

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Le problème n'est pas tant que la théorie du genre existe ou pas mais qu'il soit interdit d'en débattre

Il est difficile de débattre de la théorie du genre.  Crédit REUTERS/Arnd Wiegmann

La théorie du genre existe-t-elle ? A partir de cette question si vivement discutée aujourd’hui, il me semble utile de tenter une réponse – et de formuler une remarque.

Partons de ce qui est certain : le concept de genre existe bel et bien. Apparu dans la littérature universitaire il y a une quarantaine d’années, il s’est déployé dans des directions variées, au point qu’il est aujourd’hui utilisé dans des champs aussi éloignés que la sociologie, la littérature, l’économie ou les politiques publiques.

Quel est le sens de ce concept ? Il sert à ceux qui l’emploient de critère d’interprétation pour décrypter la vie sociale et les relations humaines, à partir d’une idée essentielle : les différences entre hommes et femmes ne sont pas liées à une altérité naturelle, mais produites par une construction culturelle, tout entière organisée pour consolider la domination d’un sexe par l’autre.

Ainsi explicité, le concept de genre recouvre bien une certaine vision du monde – c’est-à-dire, au sens étymologique du terme, une théorie. Le concept même est indissociable de l’hypothèse qui le sous-tend, qui affirme le caractère culturel et construit de la différence entre l’homme et la femme. C’est pour exprimer cette conception particulière qu’il a été forgé par concurrence avec le terme de sexe, supposé décrire une différence biologique que personne ne nie, mais que le concept de genre relègue à un détail insignifiant.

Pardonnez-moi ces précisions quelque peu abstraites ; elles sont nécessaires pour mettre en évidence le contenu réel du concept de genre, et donc du postulat de départ des fameuses « études de genre. »

Les défenseurs de ce concept, qui l’emploient massivement aujourd’hui (on ne compte pas les séminaires, colloques, cours, publications dédiées à des études liées au genre dans tous les domaines de la  recherche)  nient avec véhémence qu’une quelconque « théorie » soit cachée derrière ce concept. Mais cette dénégation n’a tout simplement aucun sens.

Prenons une analogie récente pour le montrer : il y a peu de temps encore, des milliers de chercheurs en histoire, en sociologie, en arts, dans tous les champs de la description du monde, tentaient d’interpréter les phénomènes qu’ils étudiaient du point de vue de la lutte des classes. La vie des sociétés humaines était analysée, à la suite des travaux de Marx notamment, comme un conflit latent entre les classes sociales, opposant ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui les mettent en œuvre.

Le concept de lutte des classes était fondé sur cette vision politique particulière et engagée. Mais pendant des décennies, des universitaires ont prétendu produire, à partir de ce concept, une littérature, une économie, une histoire rigoureusement scientifiques. C’est exactement la même supercherie que reproduisent aujourd’hui les promoteurs du concept de genre. Interpréter l’histoire, la littérature, la vie sociale, comme les lieux de la domination masculine par la construction des stéréotypes sexués, peut être une hypothèse de travail ; mais il s’agit bien d’une théorie particulière, et à ce titre elle n’a rien d’une évidence incontestable.

 
Commentaires

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  • Par Varennes - 04/02/2014 - 10:31 - Signaler un abus Les socialistes

    Ont toujours prônè la dilution des différences. Il y a des riches et des pauvres? Supprimons les riches et le monde sera un peu plus "égaux" . C'est du Coluche, mais ça a imprégné profondément l’idéologie de nos dirigeants ( de gauche, mais aussi de droite comme Juppé, NKM et bien d'autres . C'est eux, l'écotaxe). Le socialisme a horreur des différences.Il prône aujourd'hui la diversité qui est une manière comme une autre de gommer les différences de race et de religion . Sa nouvelle approche, c'est la théorie du genre. Il n' y plus de femmes ou d'hommes. Mais une bouillie indifférenciée interchangeable, La ressemblance avec le marxisme des années 70 me parait judicieux. Même dogme, même mythe simplificateur qui permet , d'un coup de baguette magique, d'expliquer le monde. Que la réalité soit très différente ne les gène pas. C'est à la réalité à s'adapter au dogme et non l'inverse. Heureusement, la, ils vont trop loin et même des gens très proches sur le plan idéologique , de leurs idées, ne les suivraient pas. Alors, ils s'avancent masqués. Ne vous y trompez pas. Ils nient mais ils font. Et comme ils s'adressent à nos enfants, il faut absolument les empêcher de nuire.

  • Par Ravidelacreche - 04/02/2014 - 11:13 - Signaler un abus nos corps d’hommes et de femmes.

    Les filles naissent dans les roses, les garçons dans les choux mais dans l'oignon ? j'ai un doute ? Il manque une poule dans cette affaire.

  • Par Loupdessteppes - 04/02/2014 - 12:23 - Signaler un abus La gauche n'a jamais aimé débattre sauf en privé : en comités

    Ces clowns de francs-macs se prennent pour des élites : ils débattent entre-eux et imposent ensuite leur vues. Pauvres cloches marxistes !

  • Par Loupdessteppes - 04/02/2014 - 12:25 - Signaler un abus William Shakespeare

    "Quelle époque terrible que celle ou des idiots dirigent des aveugles."

  • Par BenTiens - 04/02/2014 - 13:09 - Signaler un abus Cher jeune philosophe

    ne vous étonnez pas de ne pas trouver d'interlocuteurs pour débattre contre une construction culturelle "toute entière organisée pour consolider la domination d'un 'sexe' par l'autre". Ca fait longtemps que d'autres avant vous les ont renvoyés à leurs études. D'autant que cette façon de parler de "l'homme" et de "la femme", signe définitivement le néophyte en la matière, blanc bec. D'ailleurs ces concepts ne recouvriraient-ils également "une certaine vision du monde".

  • Par golvan - 04/02/2014 - 16:09 - Signaler un abus Excellent texte qui pose avec

    Excellent texte qui pose avec lucidité et clarté le problème de l'hypocrisie "libérale libertaire", qui prétend être le progrès sans jamais demander leur avis aux intéressés qui doivent se plier aux idioties et expérimentations sociétales de crétins soixante-huitards parvenus au stade ultime de leur développement. Plusieurs exemples: pas de concertation de type référendum sur le mariage homo, rejet méprisant de la manif pour tous, programmes expérimentaux à l'école. Sur tous ces sujets les socialistes affichent un mépris hautain envers ceux qui refusent leurs élucubrations, et surtout ils se gardent de soumettre à l'assentiment démocratique d'un référendum leur obsession de destruction d'un cadre de vie ancestral, qu'ils baptisent avec pudeur "déconstruction des stéréotypes", "déconstruction" étant un néologisme destiné à remplacer le terme destruction qui pourrait éveiller la conscience des tièdes. Le corps électoral étant constitué de 50% de femmes, on pourra constater d'ici peu si la déconstruction de la notion de couple traditionnel par celui qui nous sert de président est une notion populaire et considérée comme un progrès...

  • Par ヒナゲシ - 04/02/2014 - 20:24 - Signaler un abus Comme un genre de…

    Pfff… quel tissu d'approximations. Ça commence mal : « [le genre] sert à ceux qui l’emploient de critère d’interprétation pour décrypter la vie sociale et les relations humaines, à partir d’une idée essentielle : les différences entre hommes et femmes ne sont pas liées à une altérité naturelle, mais produites par une construction culturelle, tout entière organisée pour consolider la domination d’un sexe par l’autre. »   C'est évidemment faux : les 13 derniers mots sont juste un point de vue de l'auteur, qui s'apparente à de la fabrication de rumeurs comme on en a tant vues de la part des antigenristes hystériques. Quant au milieu de phrase, il est grossièrement caricatural, et conviendrait d'être strictement nuancé ainsi : « les différences entre hommes et femmes ne sont pas *seulement* liées à une altérité naturelle, mais *aussi* produites par une construction culturelle »   ⚩ ⚦   ⚨

  • Par ヒナゲシ - 04/02/2014 - 20:24 - Signaler un abus *manip* pour tous

    Personnellement, je formulerais les choses plus finement que l'auteur en disant que le genre est un concept qui permet de distinguer — au sein des différences observées entre hommes & femmes — les aspects qui ressortissent d'un déterminisme biologique de ceux qui ressortissent d'une construction sociale. Ainsi exprimé il n'y a plus aucune « hypothèse indissociable » particulière qui sous-tende le concept, contrairement à ce que prétend l'auteur. À partir de quoi la suite du raisonnement, fondé sur des prémisses avariées, ne tient plus.   Rebelote ! « Affirmer, comme le fait la loi Taubira, qu’un enfant peut avoir deux pères ou deux mères, c’est dire qu’aucun des deux sexes n’a de fonction particulière dans la procréation ».   Sans blague ?! Il n'y a *aucune* relation logique — dans un sens ou dans l'autre — entre la loi Taubira et la procréation. Si cette loi ouvre de nouvelles possibilités de parenté, c'est par adoption. Et rien d'autre.

  • Par yavekapa - 04/02/2014 - 20:35 - Signaler un abus c'est pourtant simple

    il faut mettre cette théorie fumeuse aux chiottes. et apprendre aux petits français les bases: le calcul, etc... parce que quand on dit que les français sont très compétents dans l'industrie, on vit sur le passé. quand on voit ce que ça donne sur les jeunes qui arrivent aujourdhui sur le marché du travail, c'est désolant. imaginez alors le résultat après 10 ans d'enseignement Peillon: là c'est la débandade assurée, plus d'industrie; et une armée de folles effeminées pour défendre notre patrie : c'est mai 40 en moins d'un jour.

  • Par cloette - 04/02/2014 - 21:29 - Signaler un abus Le vrai motif

    rapport lunacek Les députés européens UMP et PS ont voté aujourd'hui le rapport lunacek de la LGBT qui impose le droit aux procréations médicalement assistées ( PMA et GPA ) aux Lesbiennes ,Gays, Trans, ( etc, je ne sais si j'en oublie) La France peut ne pas le permettre pendant deux ans seulement, après ce sera imposé par l'Europe, car il faut le savoir ,nous ne sommes plus souverains chez nous. La LGTB a des soutiens financiers énormes Bien entendu, il s'agit de la mise en place d'un ultra -libéralisme qui sera à mon avis mortifère. Il est évident que le comité d'éthique ,remanié par Hollande qui a nommé les membres qu'il fallait va émettre un avis favorable. Il y en a un qui en avait rêve, Hollande l'aura fait . RIP, France ! Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/raisons-silence-assourdissant-droite-desemparee-face-manif-pour-tous-saison-2-jean-garrigues-guillaume-bernard-971723.html#YjWSxmChwwC2p0h2.99

  • Par ヒナゲシ - 04/02/2014 - 22:25 - Signaler un abus Allez, vas-y… cherche !

    Comme d'hab.(et comme bien d'autres) cloette pompe et recrache tout ce qu'elle peut lire sur les sites brunâtres : « […] le rapport lunacek de la LGBT qui impose le droit aux procréations médicalement assistées ( PMA et GPA ) aux Lesbiennes ,Gays, Trans ».   Sans prendre la peine de faire la moindre recherche pour vérifier par elle-même, évidemment.   Allez voilà un début de piste : http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/content/20140203IPR34507/html/Une-feuille-de-route-pour-protéger-les-droits-fondamentaux-des-personnes-LGBTI

  • Par Blurp - 04/02/2014 - 23:54 - Signaler un abus Je ne sais pas pourquoi....

    Mais je pense que si Cro Magnon s'était posé ce genre de question, nous ne serions pas là à en débattre...

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François-Xavier Bellamy

François-Xavier Bellamy est normalien, agrégé de philosophie. Il est professeur de philosophie dans un lycée de banlieue parisienne.

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