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Un prix Nobel de la paix pour Trump... made in Chine ?

Il y a un an, peu sont ceux qui n'auraient pas crié au canular. Mais en progressant vers la fin d'un des plus anciens conflits de notre planète, Donald Trump et Kim Jung-un pourraient très bien briguer le prochain Nobel de la Paix.

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Un prix Nobel de la paix pour Trump... made in Chine ?

A Trump et à Kim Jung-un bien sûr, ensemble ! Bien sûr que non, diront certains ! Bien sûr oui, dans le monde fou qu’est devenu le nôtre ! Obama l’a bien eu ! Et Barack Obama l’a eu en 2009 « pour ses efforts en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale des peuples », rien de bien concret. Il avait en effet présidé une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui, à l’unanimité, avait entériné une résolution rédigée par les États-Unis qui appelait les pays nucléarisés à démanteler leurs arsenaux.

L’intention était louable, et fut nobélisée, alors que la réalisation n’était pas au rendez-vous. En plus, à l’époque, Barack Obama avait à gérer les conflits d’Irak et d’Afghanistan – qui durent. Obama a donc plus été primé pour des intentions et de beaux discours que pour de franches avancées de la paix !

Nobel ! Nobel ! Nobel ! Le slogan n’est pas récent : Donald Trump est déjà entouré de ces mots quand il réunit ses supporters sur l’évolution de la Corée, en attendant la réunion prévue le 12 juin à Singapour. A la question « aurez-vous le Nobel ? », il répond « tout le monde le pense ». « Mais je ne le dirai jamais », modeste et prudent, ajoutant aussitôt après : « le prix que je veux est celui de paix pour le monde ». Le naturel est revenu. 18 membres de la Chambre des Représentants en ont déjà fait la demande officielle et le Président Moon Jae-in appuie la démarche. 

Bien sûr, rien n’ira de soi. Berit Reiss-Andersen, Présidente du comité membre du Prix, note depuis plusieurs mois qu’il ne faut pas s’offusquer des rapprochements que salue le Prix Nobel de la Paix. On se souvient de l’Afrique du Sud, entre Nelson Mandela et Frederik Willem de Klerck, et de Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin pour le Moyen-Orient.  Elle ajoute « que l’on ne négocie pas la paix avec vos amis » mais ajoute aussi, lors d’une autre interview à propos d’une candidature Trump : « Oh my God, no f**king way” face à cette éventualité. Mais les mots passent ! 

Donald Trump pourra dire que sa violence, ses invectives et ses sanctions ont affaibli le régime, le conduisant à négocier très rapidement. Même s’il possède encore « la bombe » et « les missiles », il sera désormais surveillé et cantonné, pour détruire ses rampes de lancement, cesser les fabrications de bombes et en réduire les stocks. En même temps, les Etats-Unis ne feront plus d’exercices militaires avec la Corée du Sud.

Certes, les opposants (et les experts) feront remarquer qu’on ne connaît pas tout le texte et que le Président coréen a vu deux fois le Président chinois avant ses propositions (plus d’autres rencontres à niveau inférieur). Ils pourront faire remarquer que la Corée du nord a bien joué son rôle de chien de garde, verrouillant la péninsule et y fixant des troupes américaines, avec leur matériel dernier cri. Maintenant, ce n’est plus la peine : le rapprochement des deux Corées ira avec la dénucléarisation de la péninsule, en clair avec le départ des troupes américaines, en attendant les avancées chinoises, plus leurs achats d’entreprises sud-coréennes. Trump veut une « victoire rapide », pour le Nobel ? Oui bien sûr, parce qu’il est occupé au Moyen-Orient et préoccupé par les élections intermédiaires de novembre. 

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 13/06/2018 - 13:56 - Signaler un abus Le meilleur choix: supprimer le prix Nobel

    La guerre de Corée eut lieu de 1951 à 1953, et donc depuis 65 ans, il n'y a plus de conflit en Corée. Donner le prix Nobel de la paix à ceux qui, finalement, au bout du compte, tout bien réfléchi, etc. ont décidé de ne pas déclarer une nouvelle guerre, est une parfaite imbécillité. Pourquoi ne pas le donner aux Israéliens et aux Iraniens qui se menacent régulièrement, et ne se font pas la guerre non plus ? Trump aurait méprisé Kim s'il n'avait pas visé le prix Obama (pardon, Nobel), et ç'aurait été beaucoup mieux ainsi.

  • Par Marie-E - 13/06/2018 - 15:56 - Signaler un abus pas sur aue lq

    "Les hydrocarbures iraniens ne sont pas irremplaçables: la Chine peut importer davantage de Russie (via un nouvel oléoduc récemment inauguré, NDLR) et d'Arabie saoudite", insiste Hu Xingdou. Surtout, les entreprises chinoises "demeureront très prudentes pour ne pas compromettre leurs activités aux Etats-Unis ou en Occident", ajoute-t-il, notant que CNPC possède diverses coopérations avec des partenaires américains. Selon lui, les milieux d'affaires sont traumatisés par le cas ZTE -- géant chinois des télécoms dont la survie est menacée par une sanction de Washington après qu'il ait violé un embargo américain sur l'Iran. Enfin, l'incertitude politique à Téhéran peut être dissuasive. "Il est possible que le régime iranien change à tout moment, faisant partir en fumée les investissements chinois", indique M. Hu. "La Chine doit tirer les leçons du passé: elle avait investi massivement en Libye et au Venezuela, et y a perdu énormément".

  • Par Marie-E - 13/06/2018 - 16:07 - Signaler un abus desolee,je ne suis pas encore habituee au clavier

    pas sure que la Chine aide l'Iran :" petrole et gaz iraniens: la Chine aux aguets, face au retrait" ...www.lepoint.fr › Économie 17/05/2018 "Les hydrocarbures iraniens ne sont pas irremplaçables: la Chine peut importer davantage de Russie (via un nouvel oléoduc récemment inauguré, NDLR) et d'Arabie saoudite", insiste Hu Xingdou. Surtout, les entreprises chinoises "demeureront très prudentes pour ne pas compromettre leurs activités aux USA ou en Occident", ajoute-t-il. CNPC possède diverses coopérations avec des partenaires américains. Selon lui, les milieux d'affaires sont traumatisés par le cas ZTE -- géant chinois des télécoms (sa survie est menacée par une sanction après qu'il ait violé un embargo américain sur l'Iran). Enfin, l'incertitude politique à Téhéran peut être dissuasive. "Il est possible que le régime iranien change à tout moment, faisant partir en fumée les investissements chinois", indique M. Hu. "La Chine doit tirer les leçons du passé: elle avait investi massivement en Libye et au Venezuela, et y a perdu énormément". . .l'impact sera modéré car les échanges sino-iraniens ne représentent qu'une fraction du marché.

  • Par vangog - 13/06/2018 - 23:37 - Signaler un abus Oh my god! Oh my god!...

    elle ne serait pas cousine avec Hidalgomygode, la bécasse Présidente du Nobel?...ceci écrit, je m’en fous autant que Donald qu’il obtienne le prix Nobel de la paix! Mais, rien que pour faire pleurer les gauchistes, ce sera assez jouissif...

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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