Il est devenu de bon ton d’affirmer – certains craignant le phénomène, d’autres, au contraire, s’en réjouissant – que la révolte des peuples arabes représente une menace pour Israël, que l’éclosion d’une opinion publique et la formation de gouvernements sortis des urnes dans le monde arabo-musulman modifieront les rapports de force dans la région dans un sens défavorable à l’Etat hébreu.
A n’en pas douter, bien des incertitudes pèsent sur l’issue de la révolte arabe et l’impact de celle-ci sur la paix dans la région. Des mouvements islamistes, aux visées dictatoriales et vouant Israël aux gémonies, sont en train d’assumer un rôle de premier plan dans plus d’un pays d’Afrique du Nord, et pourraient éventuellement le faire aussi au Moyen-Orient. Plus inquiétant encore, la montée des islamistes en Egypte fragilise l’une des pièces maîtresses de la stabilité régionale, à savoir : le traité de paix israélo-égyptien de 1979.
En même temps, cependant, la configuration du pouvoir qui se dessine dans la région, consécutive à la révolte arabe, comporte des éléments qui jouent, ou peuvent jouer, en faveur d’Israël. Les voici.
L’axe Iran-Syrie-Hezbollah sort ébranlé par la révolte arabe. L’effondrement éventuel du régime syrien (hypothèse de plus en plus plausible) priverait, et l’Iran de son seul allié dans la région, et le Hezbollah de sa base arrière ainsi que du conduit par lequel Téhéran alimente cette organisation terroriste en armes et argent. Puis, les propos virulents tenus par le leader du Hezbollah contre les manifestations en Syrie éliminent le peu de crédibilité que cette organisation pouvait encore garder dans la région.
D’autre part, les ayatollahs de Téhéran ont peur de voir la contestation gagner leur pays. Aussi des dissensions pourraient-elles surgir, au sein du pouvoir iranien, quant aux avantages de poursuivre un programme nucléaire qui, par le fait de mener à des sanctions économiques internationales – et éventuellement à des frappes militaires – contribue à la détérioration économique du pays, ce qui pourrait accroître le malaise social et, par voie de conséquence, la probabilité d’une contestation de grande ampleur en Iran[1].
La popularité dont jouissent actuellement un nombre d’organisations islamistes ne tiendra pas face à l’épreuve de l’exercice du pouvoir. Comme tout mouvement démagogique, les Islamistes peuvent duper et gagner les votes de majorités crédules ; ils pourront beaucoup moins facilement empêcher celles et ceux qui étaient sortis dans les rues, réclamant liberté et égalité des droits homme-femme, de reprendre leur combat dès qu’ils commenceront à se sentir étouffés par le carcan de la charia.
L’incompatibilité entre le programme islamiste et le désir de liberté et de progrès économique qui anime la population arabo-musulmane, n’est plus à démontrer. Il suffit d’aller demander ce qu’en pensent les Iraniens qui ont manifesté en 2009 pour protester contre le régime des ayatollahs, les Libanais qui ont par leurs voix montré leur désaffection pour le Hezbollah lors des élections tenues cette même année, et enfin les Palestiniens de Gaza qui en mars dernier réclamaient des élections avant de voir leurs manifs interdites et réprimées par le Hamas.
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Raisonnement simpliste que le vôtre, permettez-moi de vous le dire. Est-ce que dans les pays européens, les partis sont-ils "chrétiens"? Et en Asie du Sud-Est, les partis sont-ils "bhoudistes" ou "confucianistes"? Et la région du Moyen-Orient n'est pas une exception; la preuve: le nassérisme ne revendiquait pas une idéologie musulmane ou coranique; il se voulait laïque.
Je trouve que l'analyse n'est pas si bonne car les peuples des pays sont Musulmans de naissance et de culture dans la grande majorité, donc une fois les révolutions arabes finies, seuls des partis musulmans émergeront, la preuve par les faits: Tunisie, Egypte, Lybie (même le Maroc), les partis Musulmans ressortent avec une écrasante majorité.
Comme d'ailleurs plus tôt en Algérie et en Palestine...
Israël, seule véritable démocratie de la région, ne peut que bénéficier à terme des avancées de la démocratie dans le monde arabo-musulman. Le Hamas et le Fatah ne pourront pas garder longtemps leur mainmise sur la population palestinienne. Celle-ci finira par s'insurger contre leurs soi-disant représentants, comme l'ont fait, d'ailleurs, bien d'autres peuples de cette partie du globe.