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Primaires, l’effet Trump : pourquoi les Républicains lui doivent une fière chandelle malgré sa défaite dans l’Iowa

Hillary Clinton et Ted Cruz ont donc remporté le « caucus » de l’Iowa, premier vote de la campagne des primaires présidentielles aux Etats-Unis, avec une participation en progrès de 50% chez les Républicains, comparée aux élections de 2012. Et pour cause, la présence de Donald Trump poussent les Républicains vers les urnes.

Trans Amérique Express

Publié le - Mis à jour le 5 Février 2016
Primaires, l’effet Trump : pourquoi les Républicains lui doivent une fière chandelle malgré sa défaite dans l’Iowa

Donald Trump est dans la course. C’est l’ironie de l’histoire. Le grand perdant du vote de l’Iowa est l’artisan du succès des Républicains Crédit Reuters

Côté démocrate, l’ex-Première Dame Hillary Clinton est parvenue à préserver un avantage infime sur son adversaire, Bernie Sanders,  49,9% contre 49,6%. Cette marge de 0,3%  lui évite l’humiliation d’une seconde défaite dans cet Etat, après celle de 2008 face à Barack Obama. 

Côté républicain, Ted Cruz, chrétien évangélique, a profité de la prédominance de cette communauté (47% de l’électorat républicain dans l’Iowa) pour se hisser à la première place. Comme l’avaient déjà fait Rick Santorum en 2012, Mike Huckabee en 2008, et même George W. Bush en 2000, tous trois des candidats dont les positions politiques reflétaient les convictions religieuses. Cruz est parvenu à devancer Donald Trump, 28% des voix contre 24%, alors que Marco Rubio, le jeune sénateur de Floride, démontrait une popularité insoupçonnée en talonnant Trump avec 23% des voix. 

Au-delà de ces chiffres, et largement oublié dans les commentaires des médias qui se sont focalisés sur la défaite surprise du milliardaire newyorkais, un autre chiffre a fait saliver les pontes du parti républicain, celui de la participation !

Celle-ci a été quasiment deux fois plus forte qu’en 2012. Elle a même atteint un record historique. Record qui rend le parti républicain très optimiste pour l’élection générale de novembre. 

Ce 1er février 2016, Ted Cruz a reçu plus de cinquante et un mille votes, Trump quarante-cinq mille et Rubio quarante-trois mille. Soit près de cent quarante mille votes à eux trois. En 2012, par comparaison, Rick Santorum et Mitt Romney avaient reçu moins de trente mille votes chacun. L’ensemble des candidats avaient mobilisé cent trente mille électeurs à peine quand cette année le total cumulé des votes attribués aux candidats républicains approche les deux cent mille. Une progression de 50%. Pourquoi une telle différence ? Principalement parce que Donald Trump est dans la course. C’est l’ironie de l’histoire. Le grand perdant du vote de l’Iowa est l’artisan du succès des Républicains

Depuis l’annonce de sa candidature le 15 juin 2015 Donald Trump suscite un intérêt sans précédent. Quelques soient ses défauts, ses excès, ses provocations, ses insolences ou ses insultes, les Républicains lui doivent une fière chandelle car sa popularité apporte à ses adversaires et aux idées du parti une visibilité qu’ils n’auraient pas sans lui. 

L’effet Trump est quantifiable. Au mois d’août, pour le premier débat télévisé des primaires républicaines, la chaine Fox News avait enregistré une audience de 25 millions d’Américains. Cinq fois plus que l’audience moyenne générée par ce type d’événement. Quelques semaines plus tard un autre de ces débats, diffusé cette fois par la chaine CNN, offrait, à cette dernière, sa plus forte audience historique, 24 millions de personnes aux Etats-Unis. Le dernier de ces débats, qui a eu lieu le 27 janvier, a été boycotté par Donald Trump, en conflit avec une journaliste de la chaine. Conséquence de sa non-participation, l’audience est tombée à 12 millions. Elle a été divisée de moitié. Ce qui n’en constitue pas moins un chiffre supérieur à celui de l’audience du dernier débat démocrate entre Hillary Clinton et Bernie Sanders, pourtant diffusé un dimanche soir, créneau de grande écoute, dix millions de téléspectateurs. 

 
Commentaires

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  • Par Texas - 03/02/2016 - 16:41 - Signaler un abus Difficile..

    ....d' émettre des pronostics en se référant aux " Caucuses " de l' Iowa . Même Ronald Reagan , en son temps , l' avait perdu avant d' atteindre la Présidence .

  • Par Le gorille - 03/02/2016 - 20:32 - Signaler un abus Défaite surprise ?

    Trump ? Ce n'est pas une surprise du tout : il ne passera pas... On s'amuse en l'écoutant, mais on ne vote pas pour lui !

  • Par Deudeuche - 03/02/2016 - 20:45 - Signaler un abus Cruz ou Rubio ou Saunders

    sont très bien. Pourquoi ne pas les nommer et se répandre sur ces deux fléaux que sont Trump et Clinton.

  • Par Marie-E - 03/02/2016 - 21:51 - Signaler un abus moi je verrais

    bien Rubio et Sanders. Ils sont vrais et puis Clinton on a déjà donné avec Bill en tout cas moi les élections américaines je les trouve passionnantes. Je ne suis pas sûre qu'elles me passionnent autant en France

  • Par Texas - 04/02/2016 - 18:44 - Signaler un abus Sanders...

    ...est un Socialiste pur jus , son élection à la Maison-Blanche provoquerait un chaos assuré . Rubio , c' est le candidat de Washington , un RINO ( Republican in Name Only ) . Comme une large part des Républicains ne veulent ni l' un ni l' autre , je vous laisse deviner quel sera leurs favoris .

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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