Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 03 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Primaires américaines : Trump-Sanders, même combat !

Question : Pourquoi un populiste de droite et un social-démocrate de gauche séduisent tant les Américains ? Réponse : Parce qu’ils vendent la même chose sous deux emballages différents. Sous leur costume de candidat anti-système, Trump et Sanders sont des marchands d’illusions. Des colporteurs d’élixir de jouvence...

Marchands d'illusions

Publié le
Primaires américaines : Trump-Sanders, même combat !

Après les deux premières étapes d’un marathon électoral qui en comptera vingt-sept, la sensation de la campagne des primaires aux Etats-Unis est incontestablement le succès inattendu des deux « trublions », Donald Trump et Bernie Sanders. Il dépasse toutes les attentes.

Bernie Sanders a écrasé Hillary Clinton dans le New Hampshire. Il pourrait remporter le caucus du Nevada ce week-end. Trump a largement battu ses adversaires dans le New Hampshire et pourrait récidiver en Caroline du Sud ce samedi 20.

Tous deux ont désormais une chance crédible d’emporter la nomination de leur parti.

Cette chance reste mince, mais, voici neuf mois, lors de leur déclaration de candidature, elle était inexistante ou infime.

Leur succès, nous dit-on, traduit une exaspération, voire une colère de l’électorat américain vis-à-vis de  « Washington », de « l’establishment », et du monde politique en général. Chez les Démocrates, comme chez les Républicains, on observe un rejet des candidats consensuels, au profit des candidats de rupture ; un abandon des idées centristes et des compromis pour des positions extrêmes et intransigeantes. En cette année 2016 les électeurs cultivent la radicalité, plus que d’habitude.

Cette explication détient une part de vérité. Mais une part seulement. La colère de l’électorat américain n’est pas nouvelle. Elle est palpable depuis des années, voire des décennies. Elle s’est exprimée par le passé sous des formes aussi différentes que la candidature de Ross Perot en 1992, celle de Pat Buchanan en 1996, de Ralph Nader en 2000, et  le mouvement du Tea Party en 2010.  Les  campagnes primaires ont toujours favorisé, au moins dans leurs premières phases, les candidats des extrêmes plutôt que ceux du centre. L’explication n’est donc pas suffisante. Surtout, elle passe, me semble-t-il, à côté de l’essentiel.

A savoir que Sanders comme Trump séduisent les électeurs parce qu’ils leur vendent du rêve ! Chacun à sa manière. Ce sont tous les deux des marchands d’illusions. Non pas des menteurs, ou des charlatans, mais des distillateurs d’une poudre aux yeux qui aveugle et charme leurs auditoires. Ils ont la même approche du processus électoral. Une approche qui consiste à dénoncer le système et ses dirigeants et affirmer qu’un autre monde est possible, à portée de main même, si seulement les électeurs votent pour eux. Car eux, et seulement eux, sauront changer les choses. Comment ? Mystère ! Ils se gardent bien de le détailler. Au contraire de leurs adversaires qui s’astreignent à chiffrer leurs propositions, eux s’affranchissent de tout  contexte et avancent des solutions générales, simples, et indolores quelle que soit la complexité du problème.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Lafayette 68 - 17/02/2016 - 15:30 - Signaler un abus Certes mais...

    On aimerait un article de Gérald Olivier aussi enflammé et argumenté pour démonter Hillary Clinton...

  • Par Ganesha - 17/02/2016 - 17:38 - Signaler un abus Péripatéticiennes

    Comparées à mr. Olivier, les dames et les travestis qui, en minijupe et ultra-maquillées, font les cent pas au Bois de Boulogne et sur les boulevards périphériques, paraissent tout à coup, hautement respectables ! Ce monsieur ne veut pas savoir que les USA ont un des taux de pauvreté les plus élevés du monde occidental : 25 % ! Le plus parfait exemple que les dérives du Libéralisme ne connaissent aucune limites ! Obama est tout juste parvenu à établir un début de Sécurité Sociale. Se gargariser du chiffre officiel du chômage (5 %) peut rassurer quelques imbéciles, ceux qui n'y connaissent rien et cherchent surtout à ne pas en savoir plus. Mr Olivier ne fait évidemment pas partie des 1 % les plus riches, mais il espère que sa servilité continuera à être récompensée par les quelques miettes qu'on lui jette de temps en temps !

  • Par perceval - 17/02/2016 - 19:14 - Signaler un abus @M. Olivier et @ Ganesha

    @ M. Olivier: excellente présentation, pertinente. Pour aller cependant un peu dans le sens de "lafayette 68" il serait bon de rappeler effectivement qu'Hillary a peu à envier à notre sublissime Président. @Gnesha: Quand on assène quelque chose, on vérifie. On vérifie, entre autres, le niveau du seuil de pauvreté aux US exprimé en € (parce que vous ne le savez peut être pas ce seuil diffère d'un pays à l'autre). Votre texte est en même temps parfaitement stupide.

  • Par Ganesha - 17/02/2016 - 19:42 - Signaler un abus Taux de Pauvreté

    http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=990&id_groupe=20&id_mot=116&id_rubrique=117

  • Par Liberte5 - 17/02/2016 - 19:54 - Signaler un abus Sanders et Trump ne peuvent être mis sur le même plan.

    Ce qui est dit sur la politique proposée par Sanders et assez juste. C'est un gauchiste qui vend du rêve. Demain on rasera gratis , c'est ce qui se passe en France depuis 40 ans. Mélenchon et l'extrême gauche sont les champions de ces discours irresponsables. En ce qui concerne Trump il met le doigt sur des problèmes qui inquiètent les Américains.Les deux mandats de B. Obama sont un désastre sur bien des plans. Son slogan de campagne " yes we can" relevait aussi de l'illusion. Trump dit sur quoi il veut se battre. Il trouvera les personnes qui sauront mettre en place les nouvelles politiques G. Olivier considère qu'on ne peut rien faire contre l'immigration ,contre l'islam, contre l'affaiblissement des USA dans le monde etc.Il considère qu'il faut laisser filer et que les meilleurs candidats sont ceux de l’establishment. C'est à dire ceux qui ont montré leur incompétence jusqu’alors et que les Américains rejettent.

  • Par vangog - 17/02/2016 - 20:51 - Signaler un abus 35% des électeurs américains...

    et ses meetings, selon Gérald Olivier, seraient des déclinaisons de deux phrases répétées en boucle?'..allons, allons, un peu de sérieux! J'ai vu des interviews fort intéressants de Donald Trump, et il a plus de deux phrases à dire, et il est passionnant, si on veut se donner la peine de l'écouter et non de répéter bêtement l'image de lui qu'a créée de toute pièce la Nomenklatura trotsko-immigrationniste qui suce le cerveau des Français..mais on ne prête qu'aux riches! A l'inverse, le tableau de Bernie Sanders est beaucoup plus professionnel, et paraît honnête. Mais la bipolarité instillée dans les esprits faibles, oblige leurs commentateurs à trouver systématiquement une tête de turc de droite, lorsqu'ils osent critiquer un gauchiste..."les stéréotypes sur Trump feront l'affaire!" Pourtant...2000 a 3000 milliards de dépenses supplémentaires par an, ce n'est pas Trump, mais Sanders..qui n'est pourtant pas taxé de populiste-la nouvelle injure à la mode chez les trotskystes- à combien de milliers de milliards de dépenses supplémentaires peut-on être taxé de "populiste"? Ah mais j'oubliais...Sanders est de gauche, et le populisme n'existe pas à gauche...il n'a jamais existé!

  • Par valencia77 - 18/02/2016 - 04:04 - Signaler un abus Marchands d'illusions?

    Les guignoles elus au congres sont quoi? ah, oui des vendus aux lobbys.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€