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Primaires américaines : Cruz face à Trump, ou la bataille pour l’âme du parti républicain

La campagne des Républicains se résume aujourd'hui à un face-à-face entre Donald Trump et Ted Cruz, le candidat le plus inattendu, véritable ovni politique, et le héraut de l’orthodoxie conservatrice qu’est le sénateur texan. Un duel qui déciderait du candidat républicain, certes, mais aussi de l’identité du parti.

Trans-amérique Express

Publié le - Mis à jour le 17 Mars 2016
Primaires américaines : Cruz face à Trump, ou la bataille pour l’âme du parti républicain

Marco Rubio, nettement distancé, pourrait se retirer de la course. John Kasich restant invisible, cela réduirait la campagne républcaine à un face-à-face entre Donald Trump et Ted Cruz.  Crédit Reuters

Ted Cruz va-t-il sauver le parti républicain de l’implosion ? Ce n’est pas encore sûr ! Mais il est le dernier espoir des conservateurs de garder leur mainmise idéologique sur le parti de Lincoln. Une mainmise vieille de plus d’un demi-siècle et que Donald Trump menace dangereusement. C’est d’ailleurs la véritable raison du rejet de sa candidature par l’establishment. Car derrière la bataille des primaires se déroule une autre bataille, tout aussi âpre, pour l’âme du parti républicain.

Quatre Etats votaient ce week-end aux Etats-Unis dans le cadre des primaires républicaines. Donald Trump en a remporté deux, la Louisiane et le Kentucky. Ted Cruz aussi, le Kansas et le Maine. Marco Rubio, nettement distancé, pourrait se retirer de la course. John Kasich restant invisible, cela réduirait effectivement la campagne à un face-à-face entre Donald Trump et Ted Cruz. Entre le candidat le plus inattendu, véritable ovni politique, et le héraut de l’orthodoxie conservatrice qu’est le sénateur texan.

Un face-à-face qui déciderait non seulement du candidat républicain mais aussi de l’identité du parti.

Depuis un demi-siècle, cette identité est ancrée dans le conservatisme. Or, Donald Trump n’est pas un conservateur. Il y a peu, il n’était même pas républicain ! Et pour les cadres du parti, sa candidature constitue une tentative d’OPA. A la manière d’un raider de Wall Street, Trump tente de mettre la main sur le parti en jouant les petits actionnaires (les électeurs de base) contre les gros, (l’establishment). Et il pourrait bien l’emporter…

Le parti républicain a été fondé en 1854 par Abraham Lincoln. Son premier slogan était "free soil, free labor, free men" : "des terres libres, des travailleurs libres, des hommes libres" ! C’était le parti de la "liberté", au sens où elle s’opposait alors à l’esclavage, la grande question du XIXe siècle qui allait précipiter la sécession des Etats du sud et la guerre civile de 1861 à 1865.

A l’issue de ce conflit, les Républicains ont dominé la vie politique américaine jusqu'à la grande dépression des années 1930. Pendant ces six décennies, il n’y eut que deux présidents démocrates, Grover Cleveland et Woodrow Wilson, contre dix républicains. Le parti républicain était le parti de la croissance, de l’expansionnisme, de l’industrialisation et de la réforme, le parti de tous les Américains ordinaires qui voulaient croire en leur chance…

Franklin Roosevelt, élu en 1932, a transformé le pays. Sa "Nouvelle Donne" a redéfini le rôle de l’Etat. Le laisser-faire économique a fait place à une politique industrielle, à la régulation du commerce et à la réglementation des relations sociales. Le gouvernement est devenu interventionniste. L’impôt ne servait plus à simplement couvrir ses dépenses, mais avait acquis une fonction re-distributrice et égalitariste. Les citoyens n’étaient plus livrés à eux-mêmes, Washington s’était fait le garant de leur bien-être…

 
Commentaires

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  • Par vangog - 08/03/2016 - 12:18 - Signaler un abus Derrière Bernie Sanders, hier-soir...

    j'ai aperçu plus de femmes voilées que de militants dévoilés...voici la nouvelle face du gauchisme aux USA, l'islamophilie conquérante, préfiguration de ce que sera le gauchisme français dans cinq ans, puisque tout nous arrive des USA avec cinq à dix ans de retard, le meilleur comme le pire...

  • Par Texas - 08/03/2016 - 13:16 - Signaler un abus Ce que les Démocrates..

    ...disent assez peu , c' est que la grande majorité des Etats Confédérés étaient Démocrates avant la Guerre Civile . Il se trouve que Rand Paul dit à peu près la même chose que D.J.Trump de l' Establishment , du G.O.P et de la Fed en termes plus mesurés mais toujours sans succès . Si malgré les succès de D.J.Trump , les cadres du Parti Républicain ne le suivent pas , le Parti se mettra de Facto , Over . Quand au consensus sur les valeurs Républicaines , elles ont disparues avec R.Reagan .

  • Par clint - 08/03/2016 - 15:35 - Signaler un abus On compare toujours Trump à MLP : si seulement c'était vrai !

    Comment oser comparer un Trump à un couple Philippot-FN qui ne fait que prôner l'étatisme, la main mise de l'état sur l'économie, la centralisation, etc ? En revanche je dirais assez facilement que Clinton a beaucoup de ressemblance avec un Juppé ! J'avais aussi remarqué cette personne voilée derrière Sanders et je me disais même que pour la journée de la femme et de l'ouverture "patriote" je l'aurais bien vue à coté de MLP ! (à côté de Philippot ça aurait paru louche !!)

  • Par Liberte5 - 08/03/2016 - 19:30 - Signaler un abus Article qui donne un bon éclairage historique

    sur le parti démocrate et le parti républicain.S'étant coupé du peuple, le parti républicain ne sait plus parler aux classes moyennes, ni aux classes ouvrières.car il en est coupé. L'establishment républicain est composé grosso modo d'élites venant du même moule. Cette homogénéité du personnel politique l'empêche de comprendre ce qui se passe, d’appréhender les problèmes de tous ces Américains confrontés aux problèmes économiques ,au déclassement des couches moyennes, à l'immigration massive. D. Trump comprend cela et il le dit brutalement, sans nuances, les Américains le comprennent. Sera-t-il un bon président s'il est élu? Quand R.Nixon a été élu, les Républicains là aussi ne comprenaient pas comment cela avait pu se passer. Nous avons là un mal que nous retrouvons en France où la caste politique sort des mêmes écoles, fréquente les mêmes associations , les mêmes clubs,les mêmes restaurants, lit les mêmes journaux. Le peuple est pour eux invisible. Voilà le vrai problème de fond des systèmes politiques figés par des élites.

  • Par Deudeuche - 09/03/2016 - 06:18 - Signaler un abus Pour tous les sociétaux libérés

    Ted n'est pas mort et Donald trompe énormément.

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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