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Zone franche

Publié le 7 octobre 2011 - Mis à jour le 8 octobre 2011

Fashion et politique : quel « dress code » pour une primaire socialiste ?

Les partisans de Montebourg porteront-ils des chaussettes dans leurs sandales ? Ceux de Valls viendront-ils en Armani ? Mais comment s’habille-t-on lorsque seul le « peuple de gauche » est de la fête ?

 
Une boutique H&M : "Ici, nous pouvons habiller tout le peuple de gauche de Montebourg à Valls pour la primaire, mais nous sommes parfois à court de costumes en velours côtelé..."

Une boutique H&M : "Ici, nous pouvons habiller tout le peuple de gauche de Montebourg à Valls pour la primaire, mais nous sommes parfois à court de costumes en velours côtelé..." Crédit REUTERS/Bobby Yip

C’est sans doute un peu vain, d’autant plus que je fais partie de ces gens qui portent la même chose tous les jours comme Jeff Goldblum dans « La mouche » (15 tenues identiques : plus une minute de perdue devant le miroir), mais je me demande s’il y a une manière spécifique de s’habiller avant d'aller voter à une primaire socialiste…

Je m’explique : voter à une élection standard, ouverte à tous, c’est un acte citoyen tout court, pas une sorte de rassemblement identitaire autour des valeurs d’un camp donné. Dans le gymnase du lycée Voltaire momentanément transformé en temple de la démocratie, on n’est pas surpris de faire la queue à l’isoloir entre une baronne en fourrure et un maçon aux mains calleuses. Tout le monde est là.

Enfin, pas les 60% de Français qui préfèrent désormais aller à la pêche au lieu d’accomplir leur devoir civique tout en pestant contre ces politiques qui ne font pas ce qu’on ne s’est même pas fatigué à leur demander, mais c’est l’idée générale…

Une primaire socialiste, en revanche, c’est un peu l’endroit où le « peuple de gauche » dans sa diversité relative ― du plus alter des montebourgeois au plus pragmatique des vallsiens ―, vient sélectionner son parfum progressiste préféré mais s’attend inconsciemment à ne rencontrer que ses semblables.

Un peu comme les familles comme-il-faut d’une messe dominicale versaillaise ou les bikers d’une concentration au Mans : les chaussures vernies et les jupes plissées ne sont pas exactement identiques, les logos sur les perfectos ne sont pas tout à fait les mêmes, mais on est en famille malgré tout.

On vote Hollande ? C'est simple, on s'habille « normalement »

Ok, le plus simple, c’est lorsqu'on a choisi Hollande : il suffit de s’habiller « normalement » même si personne ne sait exactement ce que ça veut dire…

C’est pour les autres que ça se corse. Prenez les électeurs de Montebourg, par exemple. On ne s’attend pas à ce que les amateurs de démondialisation et de reprise en main des moyens de production par l’État s’habillent comme leur mentor : en gandin à mocassins à pompons et pull en mohair sur les épaules. Non, on les attend plutôt en sandales avec chaussettes et bonnets péruviens.

Et les aubrystes, cette armée d’enseignants du secondaire ? Apprécient-t-ils encore cette petite barbiche à la Robert Hue et ces costumes en velours côtelés du catalogue de la Camif ou suis-je totalement dépassé sur ce point ? Et les fonctionnaires territoriaux ségolistes, à quoi ressemblent-ils ?

Les vallsistes, c’est fastoche : ils ont des costumes et des iPhone et regardent de travers les baylistes qui ont exactement le même look mais fument des pétards en attendant leur tour.

Ah franchement, je me demande en quoi je me déguiserai dimanche pour ne choquer personne et être perçu comme membre de la bande à part entière. Mais qu'est-ce que je raconte ? Je m'habillerai comme d'habitude et de toute manière je n'ai rien d'autre à me mettre. D'ailleurs, le seul truc qu’il faille vraiment éviter, et c’est un copain marquis qui me l’assure (car ce n’est pas pour me vanter mais j’ai des copains marquis), c’est de garer sa Porsche Panamera juste devant la porte du bureau de vote.

Ça, c’est vraiment un coup à se faire sortir.

 
Commentaires

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  • Par Aie - 07/10/2011 - 20:23 - Signaler un abus Nico Pedia

    non je n'irai pas perdre mon temps à ces folies politiques idiotes

  • Par Nico Pedia - 07/10/2011 - 16:58 - Signaler un abus Titraille and Co

    Aie, faut pas croire tout ce qui est dit dans la titraille. Vous pouvez venir voter, qu'est ce qui vous en empèche?
    M. Serraf, je peux venir avec ma djalaba?

  • Par Aie - 07/10/2011 - 11:10 - Signaler un abus Mais comment s’habille-t-on

    Mais comment s’habille-t-on lorsque seul le « peuple de gauche » est de la fête ?
    .
    pas mal comme titre. Seul les gauchos peuvent se payer le luxe.

  • Par New - 07/10/2011 - 09:17 - Signaler un abus Excellent !

    Merci, un peu de légèreté dans un monde de brutes et des observations bien trouvées

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.

Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).

 

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