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Prêts entre particuliers sur Internet : les pièges à éviter

Entreprises, immobilier, santé, éducation, etc. : les plateformes de prêt entre particuliers, ou crowdlending, connaissent un grand succès. Permettant de financer des projets pour lesquels les banques sont généralement frileuses, le prêt en peer-to-peer présente cependant des risques liés notamment à une mauvaise évaluation des risques de solvabilité.

Argent facile ?

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Prêts entre particuliers sur Internet : les pièges à éviter

Les prêts en peer-to-peer sont des financements sur Internet qui facilitent les recours aux crédits en-dehors du circuit bancaire traditionnel, en connectant les consommateurs et les petites entreprises directement avec les investisseurs potentiels.

Le crowdlending a tellement le vent en poupe que les autorités américaines veulent désormais réguler cette activité. Une annonce qui a fait chuter en bourse le leader du marché US, Lending Club. Cette plateforme, qui brasse désormais des milliards de dollars, n'a pas eu à se doter d'agréments contraignants à ses débuts mais les autorités des marchés financiers commencent à se pencher sur la question. Elles étudient un moyen de rendre plus strictes les procédures de contrôle de solvabilité de ceux qui recherchent un crédit.

Malgré tout, les analystes ne sont pas pessimistes quant à l'avenir de la société car LendingClub est un pionnier qui s'est positionné sur un marché en croissance. D'ailleurs, depuis la mi-février, le cours de l'action commence déjà à remonter. Et la banque Goldman Sachs vient d'annoncer le lancement de sa propre plateforme de prêt...

Du cash de façon simple et rapide

Les prêts collaboratifs en peer-to-peer mettent en relation des personnes qui ont des projets à financer avec des personnes qui ont des fonds à investir, sans passer par une banque. Ces crédits sont conclus en général pour une durée de 2 à 5 ans, le montant peut varier entre 3 000 et 40 000 €, le taux d'intérêt dépend du montant demandé et de la durée souhaitée, les risques sont mutualisés entre tous les prêteurs, et la plateforme qui organise ce crédit collaboratif n'est rémunérée que par les frais de dossier versés par les emprunteurs. L'ensemble des intérêts sont, quant-à-eux, versé aux prêteurs.

Ces crédits sont devenus de réelles opportunités de financement pour les particuliers et les PME à la recherche de cash de façon simple et rapide quand les banques, depuis de longues années, sont devenues extrêmement frileuses sur ces dossiers.

Redonner du sens à son épargne

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences en Economie à l'université Paris-I, où elle dirige le Master 2 Professionnel "Contrôle des risques bancaires, sécurité financière et conformité", l'essor des plateformes de prêts en peer-to-peer est un phénomène qui s'est renforcé en raison de la crise financière, avec le rationnement des crédits et le durcissement des prêts. Elle ajoute que " la méfiance envers le secteur bancaire et la volonté de s'en émanciper ont poussé les PME à se tourner vers ces plateformes. Et pour les particuliers, un moyen de redonner du sens à son épargne ".

Ce marché s'est développé à grande vitesse aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où près de 8 milliards de dollars ont déjà été levés par les principaux acteurs. En France, le monopole bancaire empêchait ce marché de se développer, jusqu’à ce que le législateur ouvre une brèche dans ce monopole en 2014, permettant aux particuliers de prêter directement et fixant à 1 000 euros l’apport  maximal d’un  particulier à un  projet donné, et à 1 million d’euros le montant maximum emprunté par une entreprise par ce biais.

Financer ses études, l'achat d'une maison et même... son téléphone portable

Aujourd'hui, toutes les formes de prêts ont leur plateforme : le prêt aux entreprises, l'affacturage, l'éducation, la santé, ou l'immobilier. Elles permettent également de financer des études, des vacances, l'achat d'une voiture ou d'un mobile, etc. La plateforme la plus connue aux Etats-Unis est Lending Club, lancée par le Français Renaud Laplanche, qui a plus de 9 milliards de prêts à son actif en 2015. Un chiffre faible comparé aux 3 000 milliards du marché des prêts à la consommation aux Etats-Unis. Et les investisseurs se frottent les mains : ils engrangent près de 1,2 milliards de dollars d’intérêts. Les données fournies par Lending Club en 2014 indiquent que 61 % des emprunts servent au refinancement (dont 22 % au remboursement de dettes accumulées sur des cartes de crédit), 9 % à acheter d'autres biens de consommation et 6 % à financer des améliorations de l'habitat. Les prêts aux entreprises ne représentent que 2 % et, de façon générale, se révèlent plus chers que ceux octroyés par les établissements de crédit traditionnels. Avec Lending Club, il est possible d’emprunter jusqu’à 35 000 dollars, à rembourser sur une période de 2, 3 ou 5 ans. La durée de remboursement dépend du montant et du profil de l’emprunteur. En moyenne, les prêts tournent autour de 14 500 dollars. Les taux d’intérêt débutent à 6 % pour les prêts de courte durée et peuvent atteindre 33 %. Selon les dernières statistiques de la plateforme, le taux moyen est de 13,12 %.

La croissance du crédit à la consommation aux ménages, d'après la Banque de France, s'est accélérée en septembre 2015 dans les principaux pays européens : le taux de croissance annuel atteint 4,1 % en France, 2,2 % en Allemagne, 12,5 % en Italie et 3,6 % en Espagne. Dans l’ensemble de la zone Euro, ce taux de croissance s’établit à 2,6 % à la fin du troisième trimestre 2015.

 
Commentaires

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  • Par brennec - 04/03/2016 - 15:45 - Signaler un abus Il n'y a pas de rendement sans risque.

    L'analyse du risque fait partie du métier de banquier. En principe ils sont capables de le faire correctement a condition que les états ne viennent pas mettre le bazar par exemple en obligeant a prèter sans considération de capacité de remboursement (a l'origine de la crise des subprimes) ou en distribuant de l'argent quasiment gratuitement (les QE a l'origine de la bulle sur les actions et obligations), dans ce dernier cas la prise de risque devient pathologique puisque les banquiers peuvent se dire que s'ils risquent la faillité ils seront renfloués par l'état.

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Eric Coder

Eric Coder est journaliste.

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