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Présidentielle, malédiction française ?

L’élection présidentielle déclenche comme chaque fois une hystérie collective. Quelques personnalités rêvant de l’Elysée en se rasant choisissent de se dévoiler pour être simultanément adorées par des millions de Français et détestées par des millions d’autres.

Liberté chérie

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Présidentielle, malédiction française ?

L’élection présidentielle déclenche comme chaque fois une hystérie collective. Quelques personnalités rêvant de l’Elysée en se rasant choisissent de se dévoiler pour être simultanément adorées par des millions de Français et détestées par des millions d’autres. Elles savent que leur vie et leurs écarts vont être décortiqués, bien plus que leurs programmes auxquels personne – surtout pas les journalistes des grands quotidiens parisiens - ne croit vraiment. Les attentes s’envolent, les déceptions n’en sont que plus cruelles.

A la fin, il n’en restera qu’un. Englué dans la  réticence au changement des corps intermédiaires et des administrations, il ne fera rien de son mandat. Et imposera – parfois malgré lui - aux forces du changement de se taire. Les électeurs savent qu’il n’y a pas d’homme providentiel mais n’osent se l’avouer. La présidentielle n’est-elle pas la malédiction française ?

Cette schizophrénie nationale autour de la présidentielle – mélange d’espoir de changement et d’absence d’illusion - dure chaque fois presqu’un an. Nous sommes passés de séquences passionnelles rares, c’est le propre du septennat, au rythme endiablé du quinquennat. Même à cette fréquence, ce scrutin très personnalisé demeure incandescent, spectaculaire. Après s’être déchirés, les Français – qu’ils soient heureux ou déçus du résultat - constatent unanimement et systématiquement que les réformes tant attendues ne viennent pas. Ils ne peuvent s’en vouloir d’y avoir cru, l’attraction est trop forte à la veille du scrutin. En revanche, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes de ne pas remettre en cause cette institution lorsque le charme s’estompe et qu’ils redeviennent lucides.

Lorsque le Général de Gaulle a instauré le régime présidentiel – dans un contexte d’instabilité insurrectionnelle bien différent -, l’un des plus féroces opposants fut paradoxalement François Mitterrand dénonçant « le coup d’Etat permanent ». Le même qui, 20 ans plus tard, endossait sans scrupule l’habit monarchique qu’il dénonçait plus jeune. Aucune lecture de ce bouleversement institutionnel n’a été faite avec plus d’acuité : « en remplaçant la représentation nationale par l'infaillibilité du chef, le général de Gaulle concentre sur lui l'intérêt, la curiosité, les passions de la nation et dépolitise le reste. » Le même Mitterrand fut aussi le seul à avoir assumé une réelle rupture une fois à l’Elysée : abolition de la peine de mort, dépénalisation de l’homosexualité (également retirée de la liste des maladies), radios libres mais aussi nationalisations brutales. Privilège temporaire du chef avant le recul tactique puis la paralysie générale qui devait naturellement suivre.

Ses successeurs n’ont été qu’une succession de déceptions. Après le Mitterrand affaibli, nous avons eu droit à un Jacques Chirac déconnecté, à un Nicolas Sarkozy dénué de vision puis à un François Hollande apathique… L’élément commun qui les rassemble : tous furent de piètres gestionnaires. Le dernier budget à l’équilibre remonte à 1974. S’ils sont tous coupables, sont-ils les seuls responsables de cette léthargie générale ? Notre modèle institutionnel n’est-il pas autant en cause qu’eux-mêmes ?

 
Commentaires

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  • Par Borgowrio - 16/02/2017 - 10:37 - Signaler un abus Critiqueurs inutiles

    Les partis libéraux en critiquant Sarkosy pour son "manque de vision" ont favorisé la pire des alternatives , j'ai nommé Hollande . Même si l'opinion envers le libéralisme change , ils restent en marge et impuissants , dans le rôle confortable du yaqua , ifaudraitque . Ils ont occulté une chose fondamentale ; la résistance idéologique à laquelle a été confronté Sarkosy . Mais veulent ils vraiment le pouvoir ?

  • Par ikaris - 16/02/2017 - 11:45 - Signaler un abus Collection de demi vérités et de demi mensonges

    Cet article est un vraiment peu convainquant. Dans l'esprit des institutions le président est au dessus des partis et désigne un premier ministre pour conduire la politique de la France tandis que l'assemblée nationale est élue de manière déconnectée. Avecl'usure de Chirac et l'avènement du story telling médiatique permanent conjugué au passage au quinquennat on a changé le modèle. L'implication des présidents dans leur parti est contraire à l'esprit de la 5eme. La banalisation de l'intervention du président (Sarkozy) ou son intervention lamentable (Hollande rendant visite à Théo ou faisant de la repentance à répétition ou poussant à bout de bras les réformes sociétales) sont aussi contraire à l'eprit de la 5eme et ont considérablement déprécié la fonction. En faisant des amalgames douteux cet article ne me convainc pas.

  • Par Lau73 - 16/02/2017 - 13:20 - Signaler un abus Passons à la 6ème ou revenons à la lettre de la 5ème...

    En d'autres termes arrêtons d'élire le président de la République au suffrage universel direct. Avant 1962 et la forfaiture du "général" le président était élu par un collège électoral. C'était plus un sage qu'un foudre de guerre. Un peu au dessus des partis (sic). Un vrai régime parlementaire avec un premier ministre et un gouvernement réellement responsable devant le parlement, lequel ferait (enfin?) un véritable travail de contrôle de l'exécutif... Voilà ce qui pourrait sauver la France et ses institutions!

  • Par Pourquoi-pas31 - 16/02/2017 - 19:11 - Signaler un abus la constitution de 1958

    a été trop bidouillée par les politiques pour qu'ils puissent s'arranger entre amis. Revenons au texte d'origine. Le président n'est pas un chef de parti, mais une personne qui présente et propose sa vision de la France aux français.

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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