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Des prénoms des enfants aux couloirs de métro, ces minables qui tentent d’établir leur pouvoir sur nos vies

Alors que le pays croule sous le chômage, que les problèmes d’incivilité s’accumulent et que le sentiment d’insécurité galope gaiement un peu partout, on pourrait s’attendre à ce que ceux qui sont chargés d’y remettre bon ordre soient directement employés au cœur des foyers les plus vifs.

Troubles du quotidien

Publié le
Des prénoms des enfants aux couloirs de métro, ces minables qui tentent d’établir leur pouvoir sur nos vies

C’est assez régulièrement que les petites avanies de la vie courante en France trouvent une place dans ces colonnes. Certains, la critique facile et l’art malaisé, me reprocheront paresseusement de trop me pencher sur des micro-faits divers… Oubliant tout aussi paresseusement que ces notules s’entassent par centaines, formant par leur accumulation une structure bien spécifique que l’analyse permet de dégager.

Pour illustrer, il suffit de s’attarder quelques minutes au-delà des gros titres baveux de la presse quotidienne. En regardant les « insolites » et autres « chiens écrasés », on découvre de belles brouettées d’articles consternants (et pas seulement au regard de leur respect approximatif de la grammaire, de l’orthographe et de la syntaxe françaises).

Il suffit par exemple d’exhiber le cas étrange de ce couple, tancé par le Juge aux affaires familiales du tribunal de Lorient pour avoir tenté d’appeler leur fille Liam. Pour le magistrat, aucun doute possible : Liam est un prénom masculin et en affubler ainsi une fille relève d’une évidente volonté de nuire à l’enfant.

Oubliant bien vite les Dominique, Ange, Camille, Lou, Sacha ou Yannick, il s’agit manifestement pour notre indispensable Juge de poser un acte fort : il a été arbitrairement décidé que Liam serait masculin, un point c’est tout.

Dans le même temps, un autre juge, d’un autre tribunal, laisse passer « Marseille » pour le prénom d’un enfant. C’est aussi ça, l’égalité devant la justice française ou cette parodie qu’on veut faire passer pour telle.

À ces prénoms dont l’avenir dépendra ultimement du bon vouloir d’un préposé aux Saintes Écritures Administratives Républicaines, on pourra ajouter le cas, ubuesque, de cette femme enceinte sévèrement verbaliséepour avoir – abomination intenable en République Festive ! – emprunté un couloir de métro dans un sens interdit.

Oui, vous avez bien lu et l’affaire a fait les choux gras de quelques fascicules journalistiques : Le Monde, Le Parisien, BFM et d’autres n’ont pas pu résister à l’envie de revenir sur cet invraisemblable comportement d’agents RATP qui, le mardi 28 février, n’ont rien trouvé de mieux à faire pour occuper leur temps que de verbaliser cette femme enceinte qui a eu l’impudence de prendre un sens interdit lors d’une correspondance à la station Concorde pour gagner un peu de temps sur son trajet.

Au passage, on ne pourra s’empêcher de noter que l’amende de 60€ est notoirement supérieure à celle que cette femme aurait supportée si elle avait voyagé sans ticket. Pendant le même temps, les passagers de la régie de transports parisiens doivent se coltiner les accordéonistes plus ou moins déclarés, les pickpockets, les mendiants voire les groupes d’individus interlopes aux pratiques douteuses (voire carrément illégales) sans qu’on trouve, dans les parages, le moindre agent prêt à verbaliser ces activités louches. Que voulez-vous, une femme enceinte a sans doute l’énorme désavantage de ne pas pouvoir s’encourir rapidement pour échapper aux petits chefaillons de station.

 
Commentaires

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  • Par 2bout - 06/03/2018 - 11:18 - Signaler un abus Bravo !

    Vous êtes tellement plus utile dans ce rôle plutôt qu'en tentant de trouver des vertus à une monnaie qui en a si peu.

  • Par Fredja - 06/03/2018 - 11:22 - Signaler un abus C'est du vécu...

    par nombre d'entre nous en effet. J'ai un souvenir poignant d'une horde de policiers contrôlant et verbalisant des automobilistes / motards vers Pont de Bezon, alors qu'environ 300m plus loin, les jeun's à casquette faisaient des rodéos en scooter volé ! Très émouvant, mais tellement représentatif de la réalité française...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 06/03/2018 - 15:01 - Signaler un abus Tėmoignage d'un directeur de

    Tėmoignage d'un directeur de super marché ce matin. 90% des plaintes qu'il dépose régulièrement à la gendarmerie sont classées sans suite.... Avantages : moins de délinquance déclarée = amélioration des statistiques sur la sécurité............inconvénients : augmentation du nombre et de l'importance des délits du fait de l'absence de sanction.

  • Par Laurent DUBOIS - 06/03/2018 - 15:17 - Signaler un abus Vécu

    Les agents de la RATP sont tous des cas sociaux et pas seulement les contrôleurs. Tous les matins la RRH du dépôt de Saint Ouen est obligée de renvoyer 30 % des effectifs des conducteurs qui arrivent en état d'ivresse.

  • Par OLYTTEUS - 06/03/2018 - 20:23 - Signaler un abus FRAPPE AU COIN DU BON SENS.

    FRAPPE AU COIN DU BON SENS. MERCI. H16

  • Par Ajar - 07/03/2018 - 11:36 - Signaler un abus Je hais mon époque

    Lire cet article ....

  • Par jurgio - 07/03/2018 - 19:01 - Signaler un abus Pourquoi s'attaquer aux forts

    quand on peut sans risques et à profit harceler les faibles ?

  • Par emends30 - 07/03/2018 - 22:34 - Signaler un abus Que c’est bon de lire un rebelle

    On se sent moins seul parmi tous les béni-oui-oui

  • Par emends30 - 07/03/2018 - 22:34 - Signaler un abus Que c’est bon de lire un rebelle

    On se sent moins seul parmi tous les béni-oui-oui

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