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Vous pouvez laisser vos enfants sucer leur pouce et se ronger les ongles : ils auront moins d'allergies à l'avenir

Selon une étude néo-zélandaise, les enfants qui sucent leur pouce et rongent leurs ongles ont moins de risque de développer des allergies à l'âge adulte.

Atchoum !

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Vous pouvez laisser vos enfants sucer leur pouce et se ronger les ongles : ils auront moins d'allergies à l'avenir

Les enfants, de manière générale, mettent souvent leurs mains à la bouche. Ils sucent leur pouce, rongent parfois leurs ongles. De mauvaises habitudes qui peuvent mener à une déformation de la dentition dans le premier cas, des infections dans le deuxième. Mais ces manies que l'on cherche à faire disparaître ont tout de même un bon côté : elles permettent aux enfants de se prémunir contre des éventuelles allergies qui pourraient se manifester à l'avenir.

C'est en tout cas ce que suggère cette étude néo-zélandaise publiée le 11 juillet 2016 dans la revue médicale Pediatrics, rapporte le site Quartz.

Pour cela, les chercheurs ont suivi l'évolution de 1 037 personnes nées à Dunedin, en Nouvelle-Zélande, entre 1972 et 1973. Parmi eux, 31 % suçaient leur pouce ou se rongeaient les ongles fréquemment durant l'enfance. À l'âge de 13 ans, les adolescents ont répondu à une batterie de tests allergiques (acariens, pollens, chats). Résultat : 38 % des enfants qui avaient sucé leur pouce ou rongé leurs ongles avaient une réaction atopique - c’est-à-dire une réponse allergique du corps humain au corps étranger –, contre 49 % des enfants qui n'avaient pas eu ces habitudes. Ceux qui avaient combiné ces deux manies présentaient un risque encore plus faible de réaction allergique : seuls 31 % d'entre eux ont réagi.

Théorie hygiéniste

"Ces résultats renforcent la théorie hygiéniste, qui suggère qu'être exposé à des microbes dans l'enfance réduit le risque de développer des allergies", écrit Robert J. Hancox, du département de médecine préventive et sociale de l'école de médecine de Dunedin et co-auteur de l'étude. En effet, c'est durant l'enfance que le système immunitaire apprend à différencier les bactéries qui représentent un danger de celles qui n'en représentent pas.

De la même manière, les enfants qui côtoient souvent des animaux ou qui font partie d'une fratrie sont davantage exposés à des agents allergènes, et peuvent mieux s'en protéger à l'âge adulte.

En revanche, aucun lien n'a été établi entre une exposition précoce aux allergènes et le développement de l'asthme ou une allergie aux pollens, précise Sciences et Avenir.

Équilibre bactérien

Madeleine Epstein, vice-présidente du Syndicat français des allergologues (Syfal) interrogée par L'Obs, tient de toute manière à nuancer cette étude : "Il s'agit d'observations. À ce stade, le lien de causalité n'est pas démontré. […] Je dis toujours à mes patients que leur domicile n'est pas une salle d'opération, ils ne doivent pas tout désinfecter : c'est à la fois impossible et nuisible. Une trop grande protection rend l'organisme plus vulnérable. En allergologie, comme dans la vie, il ne faut pas sombrer dans les excès."

Le but étant donc de parvenir à un équilibre : vous pouvez laisser votre enfant caresser des animaux, mais lécher les barres de métros est peut-être un peu plus dangereux.  

 
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