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Poussée inattendue de la croissance : François Hollande n'y est (toujours) pour rien mais les autres candidats 2017 comprennent-ils vraiment mieux que lui à quoi nous la devons ?

Alors que le gouvernement s'empare des derniers chiffres de la croissance et du chômage pour revendiquer la paternité de la reprise, le détail des chiffres laisse entrevoir un tout autre scénario : les résultats publiés en ce début d'année doivent tout à la politique européenne, et ce, malgré le pari raté de François Hollande sur la compétitivité.

Roi du pétrole

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Poussée inattendue de la croissance : François Hollande n'y est (toujours) pour rien mais les autres candidats 2017 comprennent-ils vraiment mieux que lui à quoi nous la devons ?

Victoire. Après 4 années de déconvenues économiques, le Gouvernement dispose désormais de chiffres permettant de se livrer à l'autosatisfaction. La semaine commençait sur les chapeaux de roues puisque le 26 avril dernier, la DARES annonçait 60 000 chômeurs de moins. Puis, ce vendredi 29 avril, l'INSEE publiait sa première estimation de l'évolution du PIB français pour le 1er trimestre 2015, soit une croissance de 0,5%, supérieure aux attentes. Logiquement, dans la foulée, le ministre des Finances Michel Sapin levait les bras au ciel en indiquant que l'action du Gouvernement "portait ses fruits".

A un an de l'échéance présidentielle, les résultats d'une politique économique "bien sentie" viendraient consacrer le succès de la stratégie menée par l'exécutif. Pourtant, derrière la véritable bonne nouvelle pour le pays se cache un revers pour le chef de l'Etat, car l'observation détaillée du retour de la croissance française permet de conclure que celle-ci ne lui doit rien. Il serait d'ailleurs plus judicieux d'indiquer que si la croissance refait surface, elle le fait malgré François Hollande.

Pourquoi François Hollande n'y est vraiment pour rien

Dans un discours tenu le 25 octobre 2012, François Hollande dévoilait ses intentions ; la compétitivité française va devenir la pierre angulaire du hollandisme économique, ce qui va se traduire par l'établissement d'un diagnostic :

"Et ce constat que je viens de faire, il a été dressé tant de fois. Il est tellement partagé que c'est devenu un facteur de consensus, et paradoxalement d'inaction. Je ne vais pas ici rappeler toutes les époques, mais il y a eu sans doute des mesures conjoncturelles, des mesures de circonstances, et qui méritent d'être saluées au nom de la continuité. Mais il n'y a pas eu de stratégie globale de compétitivité".

Pour en arriver logiquement à l'élaboration d'une stratégie :

"Aujourd'hui, nous n'avons plus le temps de différer les choix. C'est la stratégie de compétitivité que le Gouvernement prépare sur la base du rapport de Monsieur Gallois".

La cause est entendue et la suite est connue. Mise en place du CICE, alias pacte de responsabilité, dans une logique de baisse des charges permettant d'assurer une meilleure capacité d'exportations aux entreprises françaises. Le redressement passera par le rétablissement de la balance commerciale française. Formidable. Reste à regarder les résultats précis de cette politique en observant l'évolution trimestrielle de la balance commerciale française depuis l'arrivée de François Hollande au pouvoir :

Oups. En réalité, la balance commerciale française, pourtant révélatrice du succès ou de l'échec de la stratégie présidentielle, affiche, lors de ce premier trimestre 2016, son pire résultat depuis l'élection de François Hollande. En réalité, il s'agit même du pire résultat de l'histoire, en milliards d'euros. Non pas que le CICE ait dégradé la compétitivité de l'économie française, mais parce qu'une telle approche suppose de se rendre dépendant du niveau d'activité économique mondial, parce qu'il faut bien des acheteurs pour exporter plus. Or, le climat mondial s'est dégradé au cours des derniers trimestres. Le pari est perdu.

Il existe ainsi un gigantesque paradoxe dans le retour de la croissance en France. La politique menée par le Gouvernement avance à rebours des attentes mais le résultat global reste satisfaisant. Il convient dès lors d'analyser les causes de cette anomalie.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 30/04/2016 - 10:17 - Signaler un abus Professeur Shadockhollande

    Comme disaient les Shadocks, plus on rate et plus on a de chances de réussir. La compétence économique de Hollande ne va pas plus loin, et il se précipite sur un début de commencement de croissance pour affirmer qu'il a raison et qu'il doit donc continuer ce qu'il fait très mal. Comme il ne sait pas faire autre chose, il n'a de toutes façons pas d'autre choix que de dire que ça va mieux et que ça ira de mieux en mieux. N'est-ce d'ailleurs pas ce qu'il dit depuis le début, sous une forme ou une autre ?

  • Par vangog - 30/04/2016 - 10:29 - Signaler un abus Nouvelle relance monétaire?

    C'est une augmentation des doses de morphine dans un corps très malade! C'est bien de reconnaître que les politiques de la BCE ne font qu'injecter de la morphine de consommation dans un corps presque mort, car délocalisé de ses fonctions naturelles vers les pays à bas coût de main d'œuvre et tres faibles critères sociaux et économiques, mais la conclusion du raisonnement est d'une ineptie totale! L'UE serait donc vouée, à très long terme, à ne fonctionner qu'en taux négatifs et en injections de QE-morphine? Selon ces technocrates ineptes, elle serait donc condamnée à perdre toute son industrie non subventionnée comme EDF , RFF ou La Poste, et à distribuer de l'argent gratuit à ses peuples, pour les voir consommer toujours plus de produits frelatés chinois ou américains? Et comme la BCE les réalise avec un an de retard sur les USA, ils perdent la moitié des bénéfices de ces QE, en plus...belle perspective! Encore une fois, la France montre l'exemple de la déconfiture économique, avec une balance commerciale ultra-déficitaire qui prouve qu'il faut le Front National très vite, afin de réaliser un grand plan de relance industrielle et technologique! Technologique, pas monétaire...

  • Par Anguerrand - 30/04/2016 - 10:57 - Signaler un abus A vangog

    N'avez vous pas remarqué que toutes les grandes puissances économiques ont utilisé la même arme monétaire, la création de monnaie papier, c'est bien ce que vous vouliez faire avec votre idée " géniale" de retours au franc ? Sur le reste je suis d'accord.

  • Par vangog - 30/04/2016 - 15:38 - Signaler un abus @Anguerrand Lorsque les USA, la Chine...

    utilisent cette arme monétaire, il n' a pas d'autre choix que de répondre avec la même arme, et très vite, dans cette guerre monétaire dont les victimes sont les plus faibles et les moins rapides, soit les europeistes. Quant au retour au Franc et à une dévaluation de 20% par rapport à l'Euro- mark, elle devient de plus en plus nécessaire, et pas seulement pour la France. Le prochain épisode grec vous le confirmera amplement, à moins que vous n'ayez envie de payer pour les grecs ad vitam aeternam?...

  • Par Liberte5 - 30/04/2016 - 19:18 - Signaler un abus Analyse un peu simplifiée, conduisant à une mauvaise conclusion.

    Dans cette analyse un point est bien indiqué: la croissance provient essentiellement de la consommation. En effet,la baisse du pétrole se traduit par du pouvoir d'achat supplémentaire, les taux bas conduisent à des achats dans l'immobilier et donc profitent au secteur du bâtiment, ensuite et dernier point il y a rattrapage avec des ventes de véhicules neufs après une forte baisse depuis 2012.Toutefois cette consommation a encore accentuer le déficit extérieur. La politique monétaire menée par M. Draghi a surtout permis à la France d'emprunter à taux très bas et à pouvoir continuer à augmenter la dette. Pour assurer un redressement économique de la France, ce sont des réformes structurelles qu'il faut mettre en œuvre, pour reconstruire une industrie performante pouvant exporter. Ce n'est pas la relance monétaire qui rendra notre pays innovant et productif. Cette recette keynésienne fonctionne depuis 40 ans et a échouée.

  • Par zeliclic - 30/04/2016 - 23:35 - Signaler un abus @Liberte

    Les QE n'ont rien a voir avec Keynes mais avec Friedman (monétarisme).

  • Par Liberte5 - 01/05/2016 - 00:11 - Signaler un abus @zeliclic vous avez raison...

    J'ai fait un raccourci en pensant à la relance par une distribution massive de monnaie dans l'économie avec plusieurs leviers comme augmentation des salaires, des minimas sociaux, des diverses allocations. La stricte politique monétaire joue sur la masse monétaire mise en circulation et les taux d'intérêts principalement. Mais une politique monétaire accommodante amène souvent les gouvernements socialistes à faire de la relance budgétaire et à creuser les déficits.

  • Par Philippine - 01/05/2016 - 09:11 - Signaler un abus Mortifère !!!!!

    Tout ce que je sais c'est que faire marcher la planche à billet à outrance et fabriquer de la monnaie de singe , ne dure , en général pas longtemps et nous mène à la catastrophe pour la bonne et simple raison qu'à cause de cela, des millions de petits épargnants sont en train d'être complètement sur la paille alors que ce sont eux qui , par leur épargne, aussi petite soit-elle servent de caution à l'état pour emprunter à l'étranger. Et pourquoi donc, allez-vous me dire, des millions d'épargnants vont-ils être sur la paille ? Hé bien, tout simplement parce que l'ARGENT QU'ILS ONT PLACES PENIBLEMENT NE RAPPORTE PLUS UN SEUL CENTIME!!! Voilà le résultat de la politique de MARIO DRAGHI qui, sur les conseils et pressions, notamment de son ami Hollande le grand économiste, à lancé le TGV que représente l'Europe tout droit vers le précipice ! Sachant que le prix du pétrole est en train de monter, attendons nous, dans les mois qui viennent, à de sacrées surprises !!

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

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