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Pourquoi vieillir avec moins de médicaments est aussi une question de choix personnel

Et si le fait de nous apprendre à vieillir nous concernait finalement tous. C'est ce que propose le docteur Christophe de Jaeger dans son dernier livre, "Bien vieillir sans médicament" (Cherche Midi).

Vieux os

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Pourquoi vieillir avec moins de médicaments est aussi une question de choix personnel

 Crédit Pixabay

Vous l'affirmez : il est possible de rester en bonne santé pendant sa vieillesse sans pour autant passer par une médicamentation lourde ou régulière. La première étape est d'apprendre selon vous à "connaître ses déficits". Qu'appelez-vous un "déficit" et en quoi celui-ci devient-il important avec l'âge ?

Christophe de Jaeger : Le vieillissement est un processus physiologique qui se traduit à partir d’environ 20 ans par une diminution régulière de nos capacités physiologiques (cardiaque, vasculaire, rénale, pulmonaire, immunitaire, etc…).

C’est cette diminution progressive, cet affaiblissement de nos différents systèmes qui va nous mener aux maladies et bien sûr, aux médicaments qui seront à ce stade, indispensables.

La révolution que nous devons mener consiste à changer notre vision sur notre propre vieillissement. Il ne faut plus le considérer avec fatalisme, mais l’accompagner activement, utilement, pour le contrôler le mieux possible, le retarder, voire en inverser certaines évolutions qui conduisent à la maladie.

Mais pour cela il faut savoir où nous en sommes objectivement vieillissement, de notre fonctionnement physiologique. Je ne parle pas de savoir si on est malade ou pas. Ce n’est pas le sujet. Il faut connaitre notre statut physiologique réel. Il faut absolument sortir de la dualité simpliste dans laquelle nous nous trouvons depuis le siècle dernier : « malade », « pas malade ». Sortir de cette dualité est réellement révolutionnaire. Car il y a énormément de choses qui se passent dans notre organisme au cours du vieillissement et en dehors de toute maladie.

Pour bien comprendre, il vous suffit de penser à votre voiture. Au départ, quand vous l’achetez, elle fonctionne bien : tous les voyants sont au vert. Deux attitudes possibles : 1/ vous pouvez continuer à rouler indéfiniment jusqu’à la panne ou l’accident (ce qui est le cas actuellement dans notre vision de la santé), ou bien, 2/ l’amener régulièrement faire des contrôles chez votre garagiste préféré. Que va faire l’homme de l’art pour votre voiture ? Il va contrôler les différents paramètres de votre voiture, par exemple, le niveau d’huile, le niveau du liquide de frein, les plaquettes, etc… pour pouvoir intervenir. Il ne va pas remettre de l’huile au hasard.

Pour notre corps humain, c’est exactement la même problématique. Nous fonctionnons, nous nous usons, nos niveaux, par exemple de vitamines, d’hormones, etc… baissent, ce qui évidemment ne peut pas ne pas avoir de conséquences. Notre organisme s’affaiblit et devient fragile aux maladies. On peut prendre des exemples, comme, les carences quasi systématiques en vitamine D, les déficits hormonaux de la ménopause, etc. Ces déficits sont nombreux, mais n’entrainent pas, en tous cas immédiatement, de maladies. Ils nous affaiblissent et nous fragilisent.

Mais il ne faut en aucun cas céder aux tentations de prendre au hasard tels ou tels compléments nutritionnels ou vitamines. Cela peut être largement contre-productif. Dans tous les cas, il faut mesurer pour objectiver une carence ou un déficit et refaire les dosages après corrections. Mais tout ceci doit se faire globalement. Corriger juste les taux sanguins de vitamine D, alors que l’on ignore ses taux de vitamines E ou C est très largement insuffisant aujourd’hui. Les sciences ont fait énormément de progrès. Mettons nos connaissances au profit de la prévention primaire, c’est-à-dire, la prévention pour ne tomber malade. Ne traitons pas plus mal notre organisme que notre automobile, ce qui est le cas aujourd’hui. Soyons simplement logiques : appliquons à notre organisme les principes élémentaires de la logique scientifique. Enfin, le mot clef est la personnalisation des conseils et des prises en charge.

 
Commentaires

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  • Par Bobby Watson - 24/09/2018 - 11:03 - Signaler un abus Illusions

    Ce que notre auteur refuse, c'est ce que les stoïciens appelaient la sagesse. Ce transhumanisme qui se focalise sur l'état physique n'amènera que des illusions. L'homme est appelé à mourir, autant l'accepter. Lisons Sénèque, Epictète, ou Montaigne plutôt que De Jaegere

  • Par patafanari - 24/09/2018 - 11:24 - Signaler un abus Pour rester en bonne santé

    Je bouffe un gériatre tous les matins.

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Christophe de Jaeger

Le docteur Christophe de Jaeger est chargé d’enseignement à la faculté de médecine de Paris, directeur de l’Institut de médecine et physiologie de la longévité (Paris), directeur de la Chaire de la longévité (John Naisbitt University – Belgrade), et président de la Société Française de Médecine et Physiologie de la Longévité.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment "Nous ne sommes plus faits pour vieillir"  chez Grasset, et "Longue vie", aux éditions Telemaque.

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