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Pourquoi se dirige-t-on peut-être vers une scission du PS

La rue de Solférino a, de nouveau, haussé le ton contre les frondeurs et pourrait, samedi, décider de sanctions. Le ton monte alors que la loi Travail sera de retour à l'Assemblée dans 15 jours et qu'une motion de censure de gauche pourrait être ralliée par un certain nombre de députés de droite.

Crash

Publié le - Mis à jour le 17 Juin 2016
Pourquoi se dirige-t-on peut-être vers une scission du PS

Les appels au calme avaient pourtant fusé rapidement. "Halte au feu", avaient crié certains proches de François Hollande lorsque Stéphane Le Foll et Jean-Marie Le Guen avaient évoqué de possibles sanctions à l'égard des frondeurs. "Je ne suis pas favorable à ce que l'on offre aux frondeurs un statut de victimes, je préfère que l'on mène une bataille publique.

Que nous les mettions devant leurs contradictions. Il faut prendre date, montrer de la fermeté sans prendre de mesures disciplinaires. Il faut savoir garder son calme, ce qui ne veut pas dire être faible. Il va vite y avoir un vrai débat stratégique", expliquait alors Julien Dray à Atlantico. Mais les temps ont changé.

 

Les proches de François Hollande espéraient encore éviter une motion de censure venue de leur camp lors du retour du texte à l'Assemblée. Ils imaginaient alors qu'à force de discussions et de pressions, ils parviendraient à contenir leurs frondeurs, mais patatras.

 

La mobilisation syndicale est toujours bien présente, les blocages toujours soutenus par une majorité de Français et les frondeurs toujours prêts à fronder. S’il n’y a pas d’avancées sur la loi Travail, "nous redéposerons une nouvelle version de notre motion de censure", prévenait déjà le 29 mai Aurélie Filippetti, député PS de Moselle. Depuis, un petit groupe d'élus se retrouve régulièrement à l'Assemblée nationale pour discuter de la loi Travail, tenter de faire évoluer le texte, mais semble résolu : "La grande majorité d'entre nous est favorable au dépôt d'une nouvelle motion de censure", confiait récemment l'un d'eux au Parisien. Des frondeurs qui se sentent d'autant plus forts que, cette fois, une partie de la droite se dit prête à les soutenir. C’est le cas de Jean-Christophe Lagarde qui indiquait, le lundi 23 mai, "s'il y a une motion de censure déposée par des gens de gauche, à moins qu'elle ne soit totalement déraisonnable dans son texte, nous la voterons". Le patron de l'UDI était alors suivi par Eric Ciotti et Guillaume Larrivé, deux proches de Nicolas Sarkozy, mais aussi par un certain nombre de députés LR. De quoi inquiéter le gouvernement qui voit l’heure tourner et le retour du texte à l'Assemblée se rapprocher.

 

D’où ce nouveau coup de semonce venu, lundi, de la rue de Solférino. Dans une décision alambiquée et toute en nuance, la Haute Autorité Éthique, saisie en mai par Jean-Christophe Cambadélis, estime : "La signature d'une motion de censure à l'initiative de députés du groupe majoritaire est un acte politique contraire au principe de solidarité et à la règle de l'unité de vote énoncé à l'article 5.4.3 des statuts du Parti socialiste. Il appartient éventuellement aux instances compétentes prévues à l'article 4.3.2 des statuts d'en tirer les conséquences qu'elles estiment utiles". En l'occurrence, l'instance compétente, le Conseil national du PS, doit justement se réunir samedi à Paris et pourrait décider d'un avertissement, d'un blâme et d'une suspension temporaire ou définitive.

 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 15/06/2016 - 10:33 - Signaler un abus Que la bête socialiste meure!

    Elle a fait suffisamment de mal à la France (et au monde) comme cela! En privilégiant les minorités bruyantes, elle a fait exploser le communautarisme en France, dont chaque Français peut constater les effets morbides. Quant au travail, les socialistes répandus dans l'éducation nationale ont tout fait pour en dégoûter les Français. Alors, leur loi travail est symptomatique de leur dédain pour le travail et leur goût pour le bla-bla inutile...les remugles internes d'une bête à l'agonie n'émeuvent plus les Français. Que la bête meure!

  • Par zouk - 15/06/2016 - 11:09 - Signaler un abus Scission du PS

    Quelle bonne nouvelle ce serait! les habituels débats internes, manœuvres, astuces politiques dans lesquels excelle Fr. Hollande ne suffiraient-ils plus. Mais de là à voir une partie de la droite prête à approuver une manœuvre de la gauche du PS, NON! folie sucidaire.

  • Par Ex abrupto - 15/06/2016 - 15:09 - Signaler un abus Et aussi...

    ...le FN qui se coupe en deux: FN du Sud et FN du Nord...Mais après la présidentielle.

  • Par ikaris - 15/06/2016 - 16:06 - Signaler un abus Titre un peu racoleur ...

    mais sauvé par l'article. Pratique courante dans Atlantico : on nous fait un titre qui attire l'oeil et la lecture de l'article (bine plus mesuré) nous convainc que c'était exagéré. Je suis d'accord avec l'analyse de fond : frondeurs ou pas ils veulent continuer à bouffer de la soupe et à payer les Rollex, le champagne et les dames donc vu que l'électeur est assez bête pour voter pour le nom d'un parti les roulements de mécanique n'iront pas bien loin. La motion de censure est un symbole en soit : tout le monde en fait un fromage alors que toutes les parties (PS frondeur ou pas et LR) font en sorte que la majorité ne soit pas atteinte pour virer Valls.

  • Par Liberte5 - 15/06/2016 - 23:04 - Signaler un abus Eclatement ou pas la gauche restera le poison.de la France

    C'est dans sa nature et elle dispose de gros relais dans les médias ,dans la justice, l'éducation nationale , les entreprises publiques et en grande partie dans l'armée de fonctionnaires.

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Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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