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Pourquoi la majorité silencieuse finira par venir à bout des grèves

On commence à observer des signes de lassitude de la part des Français qui assistent impuissants aux dégâts provoqués par une minorité d’activistes. La majorité silencieuse pourrait bien se réveiller.

Edito

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Pourquoi la majorité silencieuse finira par venir à bout des grèves

 Crédit JEFF PACHOUD / AFP

Apparemment, la France se trouve aujourd’hui dans une situation de non droit. L’Assemblée nationale vient de voter la réforme de la SNCF à une majorité écrasante de quatre députés sur cinq, qui garantit le maintien à vie du statut des cheminots en place. Ces derniers ont ainsi obtenu satisfaction sur leur revendication essentielle ainsi que sur l’engagement de l’Etat de prendre en charge l’essentiel de la dette de l’entreprise publique. Pourtant, la majorité des conducteurs de trains affiche sa volonté de poursuivre la grève, dans une politique du refus inconcevable dans un pays moderne lorsque les objectifs poursuivis ont été atteints.

De même, les zadistes de Notre-Dame des Landes ont obtenu l’abandon du projet d’aéroport dans la région, ce qui aurait dû les conduire à se retirer. Mais là encore une minorité combative aux éléments disparates refuse tout compromis., sans la moindre justification.

Parallèlement, certaines universités s’agitent avec la nostalgie de mai 1958, en occupant plusieurs facultés avec l’espoir de développer le mouvement de contestation. Il y a même quelque chose de dérisoire de voir une école comme Sciences Po rejoindre les grévistes en accusant Emmanuel Macron d’engager une « vaste entreprise néolibérale » qui leur parait intolérable.

Pourtant, la « convergence des luttes » prônée par Jean-Luc Mélenchon est en train de faire long feu, ne fût-ce qu’en raison des divergences observées par les syndicats qui refusent de défiler ensemble le 1er mai tant leurs points de vue sont opposés. La grande manifestation organisée le 19 avril s’est traduite par un échec en raison du faible nombre de participants compte tenu de la variété des professions qui étaient appelées à descendre dans la rue. Au demeurant, on commence à observer des signes de lassitude de la part des Français qui assistent impuissants aux dégâts provoqués par une minorité d’activistes. La majorité silencieuse pourrait bien se réveiller, comme le montre la véritable mobilisation des réseaux sociaux en faveur de l’évacuation des établissements occupés par des grévistes, avec le souci de créer les conditions favorables à la reprise des cours et des examens. Une prise de conscience s’est produite pour dénoncer les aberrations où la sélection est présentée comme une exclusion dans un système égalitariste, alors que l’absence de sélection est justement le meilleur moyen de dévaloriser les diplômes ainsi que la fonction des enseignants, dans un monde où la compétition est la règle.

Par ailleurs, les mouvements de menton du gouvernement pour assurer l’ordre républicain génèrent un certain scepticisme, devant les atermoiements observés au niveau de l’administration pour faire preuve de fermeté. Préfets ou magistrats observent une certaine tolérance, parce qu’ils décèlent une certaine mollesse au niveau du pouvoir central qui les conduit à temporiser. Mais l’opinion se montre de plus en plus impatiente : les sondages montrent qu’elle ne suit pas les grévistes et la cote de popularité du président de la République, qui prêche la fermeté vient de remonter de trois points.

 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 20/04/2018 - 09:30 - Signaler un abus Le bon sens de la majorité silencieuse

    C'est celle qui ne dit jamais rien, mais qui au final, malgré son bon sens, sera la grande perdante de la bataille que mène la CGT. Il y a fort à parier, qu'après cet ultime baroud d'honneur, le gouvernement se sente excessivement pousser des ailes, et qu'il décide d'appliquer ses réformes plus brutalement et sans discernement. Dans ces cas, ce sont ceux de la tranche intermédiaire qui seront encore lésés et vont devoir passer au bassiner. Ce n'est pas la justice ou l'équité qui sortiront gagnant de ce rapport de force. Pourtant il serait temps que le gouvernement face preuve de courage, d'intelligence et pas seulement de clientélisme, pour qu'il se préoccupe enfin, de cette majorité silencieuse, qui concentre, véritablement toutes les forces vives de ce pays.

  • Par assougoudrel - 20/04/2018 - 09:52 - Signaler un abus Même quand la majorité silencieuse

    manifeste son mécontentement; les gouvernements de tous bords ne l'écoutent pas, mais, de plus, la méprisent.

  • Par essentimo - 20/04/2018 - 11:05 - Signaler un abus Mais peut-être

    que la majorité silencieuse en a assez d'être prise en otage par ceux qui ont un emploi et une retraite assurée. Quand aux étudiants, encore faudrait-il qu'ils se souviennent comment ils ont obtenu les places qui sont les leurs dans les universités et cessent aussi de prendre les autres en otage.

  • Par Anouman - 20/04/2018 - 19:26 - Signaler un abus majorité

    Si la majorité silencieuse s'exprime sur les réseaux sociaux il est difficile de dire qu'elle est silencieuse. Il doit être tout aussi difficile de dire que c'est une majorité. Comparer la SNCF et les zadistes est ridicule puisqu'il y a d'un côté une grève légale et de l'autre côté une occupation illégale que seule la bêtise des gouvernements successifs a fait perdurer. D'ailleurs la majorité silencieuse devrait plutôt s'inquiéter de la reprise par l'état de la dette de la SNCF car c'est la partie solvable de cette majorité qui va la payer, comme elle continuera de payer pour toutes les subventions accordées aux transports en commun.

  • Par BB5962 - 20/04/2018 - 22:45 - Signaler un abus " Nostalgie de mai 1958 " ???

    Je ne suis pas certain que les guignols de Tolbiac puissent se revendiquer de la nostalgie de mai 1958, c'est le Putsch d'Alger qui conduira De Gaulle aux pleins pouvoirs et à la 5ème République C'est sans doute un lapsus révélateur !

  • Par venise - 21/04/2018 - 18:18 - Signaler un abus 1968

    ceux qui battent pavé pour "vous allez voir ce que vous allez voir" n'étaient pas nés en 68 au mieux certains étaient au lycée bac 68 au rabais j'étais là en 58 et en 68 10 ans d'espérance de paix durable avec en toile de fond l'Algérie le Viet Nam, c'était ça qui nous inquiétait à casa si ces échevelés veulent servir qu'ils hurlent aux 35000 par le fond en Grande bleue, juste une idée comme ça, qu'ils exigent clarté en politique étrangère et qu'ils se soucient du chantier UE sauce Macron

  • Par Lepetant - 21/04/2018 - 20:02 - Signaler un abus On oublie l'essentiel

    Beaucoup de bla-bla, mais on oublie que les Français sont génétiquement des émeutiers et des révolutionnaires. Impossible de contrer la nature.

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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