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Pourquoi les grands assureurs mondiaux redoutent le coût des cyber-attaques massives qui nous menacent

Pour le Lloyd’s, une cyberattaque d’ampleur majeure pourrait s’avérer beaucoup plus coûteuse que les dégâts causé par l’ouragan Sandy...

Pire que les ouragans

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La PDG du Lloyd’s, Inga Beale, explique d’ailleurs à ce propos que : « ce rapport permet de prendre conscience de l’ampleur des dommages potentiels d’une attaque cyber pour l’économie mondiale. Tout comme certaines des pires catastrophes naturelles, les incidents cybers sont susceptibles d’avoir de graves répercussions sur les entreprises et les économies, de donner lieu à de multiples déclarations de sinistres et d’augmenter considérablement le coût des sinistres pour les assureurs. Il appartient aux souscripteurs de tenir compte de ces éléments et de veiller à ce que le calcul des primes d’assurance cyber tienne compte de la réalité de la cyber menace.

» Inga Beale poursuit ses explications plus avant : « Nous avons imaginé ces scénarios pour aider les assureurs à mieux comprendre leur exposition au risque cyber, l’objectif étant qu’ils puissent améliorer la gestion de l’exposition de leur portefeuille et la tarification des risques, définir des limites appropriées et s’engager, en confiance, sur ce segment de l’assurance innovant et en forte croissance. »

 

Dans le cadre du scénario dit : « de perturbation des services informatiques Cloud », envisagé dans cette étude de 56 pages du Lloyd’s, les pertes économiques moyennes s’échelonnent de 4,6 milliards de dollars US, pour l’occurrence forte d’un évènement important, à 53 milliards de dollars US, dans le cas d’un évènement d’amplitude majeure. Mais il ne s’agit là que d’une moyenne estimative… Du fait de la difficulté à quantifier très précisément les pertes de données informatiques, ce chiffre pourrait aisément atteindre les 121 milliards de dollars américains, ou alors se limiter à 15 milliards de dollars… En parallèle, le montant assuré moyen est compris entre 620 millions de dollars pour une perte estimative importante, et 8,1 milliards de dollars américains pour une perte d’amplitude majeure. Dans le cadre du scénario envisagé sur la base d’une « faille logicielle généralisée », les pertes moyennes s’échelonneraient-elles entre 9,7 milliards de dollars pour un évènement important, et 28,7 milliards de dollars pour un évènement d’amplitude exceptionnelle. Le montant assuré moyen oscillant, lui, entre 762 millions de dollars et 2,1 milliards de dollars.

 

Le déficit d’assurance pourrait atteindre lui, plus de 45 milliards de dollars dans le scénario des « services informatiques Cloud » – ce qui signifie que moins d’un cinquième des pertes économiques (soit 17 %), sont donc réellement couvertes par une assurance. Pour le scénario dit de « la faille logicielle généralisée », le déficit d’assurance pourrait atteindre 26 milliards de dollars. Ce qui signifie que seules 7 % des pertes économiques sont couvertes. Comme nous le rappelions au début de notre tribune, pour obtenir ces résultats projectifs, le Lloyd’s a travaillé avec la société leader dans la modélisation des analyses du risque cyber : Cyence. Et ceci, afin de mieux collecter des données essentielles à l’échelle de l’internet – pour de modéliser le cyber risque – et ainsi évaluer les impacts envisageables de ces deux scénarios-catastrophes sur les plans économiques, financiers et assurantiel. L’étude complète du Lloyd’s est d’ailleurs consultable par nos lecteurs, et téléchargeable via le lien suivant :https://www.lloyds.com/news-and-insight/risk-insight/library/technology/...

 
Commentaires

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  • Par patafanari - 20/07/2017 - 05:52 - Signaler un abus coquins d'assureurs

    Il faut donc augmenter les primes d'assurance

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Franck DeCloquement

Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique". Il enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi spécialiste sur les menaces Cyber-émergentes liées aux actions d'espionnage économique et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la SCIA (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la FNCDS (Fédération Nationale des Cadres Dirigeants et Supérieurs), à la FER (Fédération des Entreprises Romandes à Genève) à l’occasion de débats organisés par le CLUSIS - l'association d’experts helvétiques dédiée à la sécurité de l'information - autour des réalités des actions de contre-ingérence économique et des menaces dans la sphère digitale. 

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