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Pourquoi le gouvernement revient aux privatisations

Alors que le calendrier législatif du Parlement est déjà engorgé, on pourrait s’étonner que le gouvernement charge encore un peu plus la barque en recourant à de nouvelles privatisations.

Edito

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Pourquoi le gouvernement revient aux privatisations

 Crédit Eric CABANIS / AFP

Alors que le calendrier législatif du Parlement est déjà engorgé par les multiples réformes engagées, on pourrait s’étonner que le gouvernement charge encore un peu plus la barque en recourant à de nouvelles privatisations. Il existe pourtant un argument imparable : le dossier figure parmi les promesses du candidat Macron, qui entend transformer la France sans perdre haleine. La volonté présidentielle exprime également là encore le souci de briser un tabou : celui qui avait présidé aux deux grandes vagues de nationalisations, en 1945 avec de Gaulle et en 1981 avec Mitterrand et qui entendait maintenir un large domaine réservé où l’Etat entendait se conduire en maître face aux intérêts privés.

Nicolas Sarkozy avait même claironné à la tribune de l’Assemblée nationale que jamais le Gaz de France, devenu Engie, ne pourrait être privatisé en raison du rôle essentiel  que ce secteur jouait dans l’approvisionnement du pays. Aujourd’hui, cette considération n’a plus lieu d’être. Au motif que dans le passé, l’Etat s’est comporté bien souvent comme un piètre gestionnaire et qu’il convient de limiter son domaine réservé aux strictes activités relevant de la sécurité nationale.

Ainsi s’explique le choix des trois premières entreprises où l’Etat vendra ses participations qui sont de 50,6% dans Aéroport de Paris, 72% dans la Française des Jeux et 24% dans Engie. Si les opérations se déroulent favorablement, d’autres devraient suivre et pourraient concerner Renault, PSA ou Air France entre autres. Au départ, il existe une ambition élevée à ce nouveau cap : celle d ’inventer un nouveau modèle qui pourrait se situer au niveau européen, avec le recours à l’épargne privée et une participation des salariés, tandis que l’Etat cesserait d’être un partenaire dormant qui se contenterait de toucher des dividendes. Le problème essentiel est aussi de créer un mouvement favorable dans l’opinion pour la détention d’actions. Car les privatisations passées, après un mouvement favorable au moment où elles ont été lancées, ont fait long feu.  La détention de titres par les particuliers s’est effondrée de moitié au fil du temps. Il est vrai que les cours de Bourse ont laminé les épargnes qui leur avaient été confiées, comme on l’a vu aussi bien pour EDF, Orange ou Engie. Alors que plus que jamais, nos compatriotes privilégient la rente au risque, même si les rendements sont devenus dérisoires comme le prouvent les livets A ou l ’assurance-vie. Mais il existe dans notre pays une allergie viscérale au risque.

Par ailleurs, le moment parait peu propice dans la mesure où les marchés sont présentement à un  niveau de cours élevé, où les professionnels sont circonspects sur les prochains mois, d’autant que la conjoncture est entrée dans une phase d’affaiblissement. La perspective d’un krach obligataire est dans tous les esprits, incitant les opérateurs à pratiquer des vents de précaution plutôt qu’à engager des investissements en actions.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 22/06/2018 - 08:27 - Signaler un abus Conseil judicieux

    Aux quelques abonnés qui liront cet article, mr. Garibal offre, une fois n'est pas coutume, un conseil de bon sens : n'achetez surtout pas d'actions des futures sociétés privatisées : vous seriez ruinés lors du prochain krach boursier !

  • Par Ganesha - 22/06/2018 - 08:30 - Signaler un abus Se tenir les côtes !

    Mais la majorité des intervenants vont, bien sûr, publier des textes délirants où ces pervers polymorphes vont essayer de nous démontrer, hors-sujet, avec des statistiques truquées, que les privatisations entraînent automatiquement une amélioration du service rendu et une baisse des prix pour le consommateur. Attention : lorsque vous éclatez de rire, pensez à vous tenir les côtes !

  • Par vangog - 22/06/2018 - 09:28 - Signaler un abus Logique imparable de Garibal ...

    « l’etat PS se révèle être un piètre gestionnaire, alors il faut vendre! ».Logique imparable de Macrouille « l’etat PS-Macroniste a besoin d’argent, alors il faut vendre...en priorité à ma grande famille de menteurs et tricheurs! », ...autre logique imparable (et patriote) : « les ENArques et autres formatés de l'état PS (J.Y.Haberer, A.Lauvergeon etc...) se révèlent être de très mauvais gestionnaires , alors pourquoi ne pas les virer, pourquoi ne pas remplacer les gauchistes de l’ENA par de bons Profs?...et pourquoi ne pas conserver au sein de létat , en les faisant mieux gérer, certaines industries stratégiques et nationales (oh putain, le gros mot!). Ceci implique de retirer aux énarques gauchistes et aux syndicats gauchistes leur gestion calamiteuse des fleurons de l’industrie française...une révolution patriote...Et dans le calme, s’il vous plaît!

  • Par cloette - 22/06/2018 - 09:42 - Signaler un abus Privatisé c'est mieux ?

    hum, je n'en suis pas sûre du tout , parfois oui, parfois non .

  • Par assougoudrel - 22/06/2018 - 10:04 - Signaler un abus Il faut privatiser les

    "boutiques" comme l'Opéra de Paris, les musés comme le Louvre que Mitterrand a nationalisé et d'autres de ce genre. Combien d'étrangers paient un billet d'avion et qui arrivent devant les musés fermés pour cause de grève des fonctionnaires. Les autres grosses boites "appartiennent" à des syndicats qui paralysent le pays. Il y a du nettoyage de printemps à faire.

  • Par LouisArmandCremet - 22/06/2018 - 12:38 - Signaler un abus Quelle utilité ?

    Je suis le premier à dire qu'il faut recentrer l'état sur ses fonctions régaliennes. Mais je me pose une question : alors que nous sommes en situation de déficit, déficit profond et qui n'est pas résorbé année après année, est il avisé de vendre des participations dans des structures qui nous rapporte chaque année ? A terme, le faire, pourquoi pas ? Mais pourquoi maintenant alors que l'énergie devrait être plutôt consacrée à cesser les énormes gâchis d'argent publique ?

  • Par gerint - 22/06/2018 - 19:55 - Signaler un abus @Assougoudrel

    D’accord avec vous sur le mauvais fonctionnement de pas mal de boutiques publiques. Mais pas d’accord pour les privatisations à outrance au profit des goinfres macroniens ou autres et la spoliation excessive et internationale du patrimoine des Français. Je suis pour une reprise en main du secteur public et retour à des valeurs qui faisaient leur succès. Pas pour les solutions de Bruxelles, de l’OMC et autres. Il faudrait être gouverné par des personnes francophiles et respectueuses du peuple, faisant passer la France avant tout, le contraire de Macron

  • Par ajm - 22/06/2018 - 22:45 - Signaler un abus L'origine du Service Public.

    Le service public autrefois signifiait quelque chose. En droit public , on apprenait que la notion de service public était consubstantielle à la notion de continuité du service public, incompatible avec toute idée de grève. Le statut de fonctionnaire , réservé à l'origine aux fonctions d'un certain niveau ( les autres étaient des contractuels précaires ) était construit dans cet esprit. Les communistes, après la guerre , ont bouleversé cette tradition républicaine dans un esprit de guerre civile révolutionnaire , avec le projet de s'emparer des leviers du pouvoir le moment venu. De ce fait, le "service public" est devenu une mascarade gigantesque qui constitue un boulet phénoménal pour les services de l'état ou les entreprises chargées d'un " service public".

  • Par gerint - 23/06/2018 - 10:00 - Signaler un abus @ajm

    L’esprit sain....des services publics ou au moins de certains a survécu bien après la guerre. Je suis assez âgé pour me souvenir que France Télécom venait me dépanner même le Dimanche encore dans les années 80 et gracieusement dans le cadre du service normal aux professionnels prioritaires. Et aimablement. La privatisation y a mis fin. Gare à soi si on tombe en rade un vendredi même avec un contrat d’assistance. Dans les hôpitaux il y avait tout un personnel dévoué corps et âme au Service Public qui n’a pas disparu dans ce secteur mais qui s’est amenuisé (35 heures et RTT ont fait du mal). Considérer les entreprises publiques comme les autres a fait tomber leur aura en les marchandisant et en tuant cet esprit de service en réduisant leur intérêt à la rentabilité comptable.

  • Par assougoudrel - 23/06/2018 - 10:20 - Signaler un abus @gerint

    Tout est vrai dans ce que vous dites. Je me souviens aussi, avant la concurrence, qu'il fallait un chrono à la main pour téléphoner dans le département à coté. Pour les hôpitaux, en 1983, étant en séjours en Guadeloupe, j'étais allé me faire opérer d'un genou en Martinique; il y avait un service pour les armées dans cet hôpital civil. Les médecins faisaient grève et le chirurgien militaire a opéré les civils accidentés pendant 24 heures d'affilé (un fait exprès, ils arrivaient par vagues). Les infirmières nous a raconté qu'il titubait quand il a quitté le bloc opératoire. Les opéré ont eu de la chance car il était réputé pour son travail. Les 35 heures ont fini par tout précipiter.

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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