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Pourquoi le gouvernement ne fait pas une priorité de la baisse du déficit

"La Cour des Comptes tire régulièrement la sonnette d’alarme devant l’espèce d’indifférence que manifeste le pouvoir face à la montée de l’endettement – aussi bien pour le privé que pour le public. Emmanuel Macron refuse de voir la montée des périls".

Edito

Publié le
Pourquoi le gouvernement ne fait pas une priorité de la baisse du déficit

 Crédit FRANCOIS GUILLOT / POOL / AFP

En cette rentrée marquée comme chaque année par une certaine morosité, malgré la persistance d’un soleil propre à réchauffer les cœurs, les Français ont le sentiment de vivre un déjà vu sur le plan économique. La brillante période du début du quinquennat d’Emmanuel Macron avec une croissance qui a dépassé l’an dernier 2,3% et l’amélioration de toutes les grandes données conjoncturelles apparait déjà comme reléguée au passé, comme si le pays était tenté de retomber dans  les ornières de la médiocrité, en réalisant des performances inférieures à celles de la moyenne de ses partenaires.

Ainsi, les prévisions pour l’an prochain sont en recul par rapport à 2017 qui restera comme une année exceptionnelle. Les principaux indicateurs se dégradent au point de remettre en question le satisfecit que nous avait délivré Bruxelles pour le début de remise en ordre dans les comptes. L’affaiblissement de la croissance engendre une réduction des rentrées fiscales et une aggravation des déficits. La France bénéficie pourtant de la forte baisse du loyer de l’argent : elle versera cette année quarante milliards d’euros pour payer les intérêts de sa dette publique, alors qu’elle aurait dû acquitter soixante-dix milliards si le loyer de l’argent était resté à son niveau d’il y a cinq ans. Le gouvernement profite de cette aubaine sans se préparer à des jours qui s’annonceront plus difficiles lorsque le mouvement de hausse des taux amorcé aux Etats-Unis finira par se répercuter en Europe. La Cour des Comptes tire régulièrement la sonnette d’alarme devant l’espèce d’indifférence que manifeste le pouvoir face à la montée de l’endettement – aussi bien pour le privé que pour le public. Emmanuel Macron refuse de voir la montée des périls. Les dépenses nouvelles fleurissent sur le plan militaire, pour améliorer la sécurité. La reprise de la dette de la SNCF alourdit les comptes. Alors que parallèlement rien n’est fait pour améliorer sur le fond les réformes qui étaient pourtant dans le programme présidentiel. On voir réapparaitre régulièrement des dossiers qui étaient déjà sur la table des équipes précédentes. Le Président prononce des discours d’une bonne facture avec une grande élévation de pensée, mais lorsqu’il  s’agit de passer à l’exécution, on constate que les engagements importants sont toujours annoncés pour la fin du quinquennat, alors que dans l’immédiat, on se contente de quelques réglages à la marge, des ajustements  qui ne changent pas vraiment la feuille de route.
 
En réalité, depuis 1974, dernière année où les comptes publics étaient à l’équilibre, les régimes qui se sont succédés n’ont cessé de promettre des réformes, sans avoir le courage de les réaliser à fond. Ce n’est jamais le moment : dès que la situation conjoncturelle s’améliore, le relâchement entre en lisse, alors que c’est à ce moment qu’il faudrait agir. Tous nos partenaires l’ont fait. La France fait exception.  Aujourd’hui, le ralentissement est plus marqué que dans les autres pays européens. Et déjà un clignotant s’allume sur le front du chômage. Les créations d’emplois ont tendance à plafonner et certains économistes s’interrogent pour savoir s’il n’y aura pas un coup d’arrêt, alors que les besoins liés à la démographie sont énormes, et si Emmanuel Macron ne risque pas d’être victime de la persistance d’un taux excessif de chômage - la France se situe au vingt-cinquième rang sur vingt-huit en Europe - comme François Hollande avait attendu pendant cinq ans le retour de la croissance. Le doute est en train de regagner sournoisement du terrain, minant la confiance que le chef de l’Etat avait su restaurer, en créant chez nos compatriotes un sentiment amer de ne pouvoir réaliser ce que tous les autres ont fait et de glisser ainsi progressivement vers un retour à l’immobilisme.
 
 
Commentaires

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  • Par pale rider - 14/09/2018 - 07:55 - Signaler un abus A la fois il fallait être bizarrement équipé pour penser

    qu'avec les mêmes ingrédients, nous aurions une autre soupe...

  • Par cloette - 14/09/2018 - 09:00 - Signaler un abus il s'en moque

    il prend l'argent qu'il faut pour faire ce qu'il veut qui l'arrange .La génération qui suit paiera .

  • Par Ferdinand Urbain - 14/09/2018 - 09:08 - Signaler un abus La France avec Macron restera

    La France avec Macron restera dans le socialisme. Le reste n'est que p pure illusion pour les élections passées et à venir. De la poésie romantique...

  • Par cloette - 14/09/2018 - 09:13 - Signaler un abus Macron n'est pas plus socialiste

    que conservateur ou quoi que ce soit d'autre. Il agit en fonction de ce qui lui rapportera le plus dans les urnes .

  • Par Atlante13 - 14/09/2018 - 10:04 - Signaler un abus Tout à fait d'accord,

    Macron n'est qu'un charlatan, un bonimenteur de foire.

  • Par edac44 - 14/09/2018 - 10:19 - Signaler un abus Fallait pas voter pour ce p'tit branleur de "Macrouille"

    et pour vous redonner le moral avant que tout s'écroule : ===================================================================> https://www.time-is-money.biz/

  • Par lima59 - 14/09/2018 - 11:21 - Signaler un abus 1er ministre de la commission européenne

    Au fait il a réformer, mais comme 65% des lois viennent de l'europe, macron est un premier ministre, de la commission européenne. A part l'allemagne, je ne vois pas de quelle pays vous parler, qui vont tellement mieux; Ou peut-être du Royaume-Uni, Danemark, Suède, Suisse. L'Espagne souvent cité, le salaire moyen est de 1200 euro. Pourtant ils on une belle croissance qui sert les multi-nationales.

  • Par assougoudrel - 14/09/2018 - 11:57 - Signaler un abus Espagne

    Avec le connard qui est en ce moment aux manettes, le mieux qui a eu lieu grâce à Rajoi, fondra en moins de deux comme neige au soleil. Donnez à un socialiste des pierres précieuses et il vous le transforme rapidement en fientes. D'ailleurs les socialistes au pouvoir rallume le feu en Catalogne; comme les nôtres, ce sont des irresponsables.

  • Par vangog - 14/09/2018 - 13:10 - Signaler un abus Qu’est ce qu’il a fait des 63,9 milliards , Macrouille?

    Trente milliards de remboursements en moins, grâce aux taux d’intérêts bas, auraient dû servir à rembourser 30 milliards de dette socialiste...ah ben non! Ce n’est pas comme ça que comptent les socialauds-macronistes...en fait, c’est quasiment l’inverse!...et même un peu plus que l’inverse: La dette publique de la France - celle de l'ensemble des administrations publiques du pays - a augmenté au premier trimestre 2018 de 36,9 milliards d'euros, l’amenant à un record de dette publique de 2255 milliards d’euros, malgré 30 milliards d’économies de taux.... Or, les économistes non biberonnés à la pensée unique neo-marxiste (c’est à dire excepté Delpla, Cohen, Aghion, Piketty...) affirment intelligemment: « les augmentations de dette d’aujourd’hui sont les impôts de demain! »...vous en rêviez? Macron-Rothschild vous a enflé de 63,9 milliards d’euros!

  • Par jurgio - 14/09/2018 - 18:43 - Signaler un abus Les réformes électoralement promises

    ont deux finalités : d'abord mettre sur le trône l'impétrant qui en a fait les promesses, puis de l'y garder aux prochaines élections par l'espoir d'être enfin démarrées.

  • Par salamander - 15/09/2018 - 08:09 - Signaler un abus Le comptes de la France à jamais en déficit?

    incroyable renoncement effectivement alors que l'Allemagne dégage depuis plusieurs années des excédents budgétaires et voit sa dette revenir sûrement vers les 60% du PIB. Nous n'avons aucune excuse sauf peut-être la médiocrité de la sphère politique et médiatique qui couvre ces sujets. Ce qui va se passer , on peut le pressentir, c'est que la récession US approchant (2020?), l'Europe n'ayant aucune dynamique économique propre en subira comme toujours les effets amplifiés et donc le gouvernement d'alors nous expliquera que pour assurer le maintien de la croissance il faudra procéder comme toujours à une bonne vieille relance budgétaire keynésienne qui fera replonger le déficit vers les 5% Douce France...

  • Par salamander - 15/09/2018 - 08:12 - Signaler un abus Le comptes de la France à jamais en déficit?

    incroyable renoncement effectivement alors que l'Allemagne dégage depuis plusieurs années des excédents budgétaires et voit sa dette revenir sûrement vers les 60% du PIB. Nous n'avons aucune excuse sauf peut-être la médiocrité de la sphère politique et médiatique qui couvre ces sujets. Ce qui va se passer , on peut le pressentir, c'est que la récession US approchant (2020?), l'Europe n'ayant aucune dynamique économique propre en subira comme toujours les effets amplifiés et donc le gouvernement d'alors nous expliquera que pour assurer le maintien de la croissance il faudra procéder comme toujours à une bonne vieille relance budgétaire keynésienne qui fera replonger le déficit vers les 5% Douce France...

  • Par Yves3531 - 15/09/2018 - 09:11 - Signaler un abus Pourquoi ??? La réponse est simple....

    ceux qui l’ont propulsé là, ne l’y pas mis pour ça ....!!! Élémentaire !!!

  • Par Yves3531 - 15/09/2018 - 09:16 - Signaler un abus La réponse est simple .... suite

    et ils le rappellent à l’ordre si jamais l’idee lui prenait de commencer à « gérer » le système ... voir le coup de semonce Benalla...

  • Par edac44 - 17/09/2018 - 10:19 - Signaler un abus @ Yves3531

    " gérer " ou " gêner " le système ???

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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