Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 24 Mai 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Pourquoi les Français continuent de préférer la pierre à la bourse

L'année 2017 qui s'achève aura donné lieu dans le monde à un véritable feu d'artifice sur le plan financier.

Edito

Publié le
Pourquoi les Français continuent de préférer la pierre à la bourse

Comme souvent dans le passé, les prévisions des spécialistes auront été démenties par les faits. La prudence avait été requise par les experts, au motif que les risques géopolitiques devenaient de plus en plus menaçants, avec la multiplication des conflits, l'extension du terrorisme et le développement des mouvements migratoires de plus en plus incontrôlables. Et pourtant, les performances réalisées sur les différentes places financières sont impressionnantes. Les Etats-Unis ont mené le bal avec une hausse ininterrompue depuis l'élection de Donald Trump.

Certes, les marchés ont joué la réforme fiscale annoncée qui a fini par être menée à bien. A Wall Street, le Standard and Poor a bondi de vingt pour cent et le Nasdaq de trente. Mais les pays émergents ont enregistré eux aussi de envolées spectaculaires. Et le Japon est sorti de sa torpeur pour enregistrer une hausse de 19%. 

Ces performances ont été rendues possibles grâce à des taux d'intérêt restés excessivement bas et se sont accompagnées d'une volatilité des marchés très faible, comme si ceux-ci s'étaient habitués à surfer sur un volcan. Les dernières séquelles de la crise de 2008 paraissent bien oubliées, grâce il est vrai à la reprise généralisée de la croissance à un rythme confortable dans la plupart des pays. 
 
Dans ce contexte, l'Europe reste un peu en retrait, aussi bien sur le rythme de son expansion que de ses performances boursières. Il est vrai que la situation politique comporte certaines incertitudes, notamment en Allemagne, en Italie ou encore en Espagne. Le Dax a progressé de 14%, alors que la France, qui joue pourtant un rôle vedette dans un vieux continent affaibli , est restée un peu en dessous de dix pour cent pour son indice phare du CAC 40.  Les Français continuent de se montrer timides vis à vis du placement en actions, alors que leur faveur va toujours pour le placement immobilier : ainsi au cours des dix dernières années, les prix au mètre carré ont augmenté de 25% dans les dix plus grandes villes du pays ; à Paris ils ont doublé en douze ans et la perspective du brexit donne à penser que le mouvement va se prolonger dans la capitale. Sur le long terme, la hausse n'est pas pour autant linéaire : on assiste même dans de nombreuses villes moyennes, sans parler des déserts régionaux à des chutes de prix et bon nombre de cités n'ont pas retrouvé les niveaux de 2011. 
 
Par comparaison, la Bourse a connu des mouvements plus brutaux : en septembre 2000, le Cac 40 avait frôlé les sept mille points pour retomber à 2600 points en octobre 2002. Et il achève l'année un peu en dessous de 5400 points, en piétinant pratiquement depuis six mois. Pourtant Emmanuel Macron vient de lui administrer des stimulants : la suppression de l'ISF et la création de l'IFI qui s'en prendra uniquement à taxer l'immobilier et la nouvelle taxe unique de trente pour cent sur les dividendes représentent une réforme essentielle qui corrige non seulement les excès de prélèvement institués par le quinquennat précédent, mais vise à générer un nouveau climat dans un pays où les hommes politiques ont trop souvent manifesté leur aversion au placement boursier. L'indice Cac, qui vient de fêter ses trente ans, a pourtant connu une performance annuelle de 5,8% très honorable, mais un peu théorique, car la plupart des épargnants n'auront pas vécu une continuité aussi grande. Du moins aujourd'hui, met-on fin à une période où à l'exception de la création du PEA en 1992, chaque mesure nouvelle se traduisait par une aggravation de la fiscalité sur les actions.  Et d'autres mesures devraient suivre, telles que l'encouragement de l'épargne salariée en valeurs mobilières. Ainsi, à la manière qui lui est propre, le président de la République veut opérer un rééquilibrage dans les placements. Sur le plan financier, il ne fait que suivre ce qui se passe à l'étranger, sans que le régime de la France soit plus avantageux, mais qui va permettre de combler une grande partie du retard accumulé. Et l'on peut être assuré que le goût inné de nos compatriotes pour la pierre n'en sera pas vraiment entamé, car, au milieu des incertitudes de l'époque, elle constitue toujours une référence, à condition bien sûr de choisir aussi son emplacement.
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par excalibur2016 - 29/12/2017 - 10:38 - Signaler un abus Très superficiel....

    Bonne idée de traiter un tel sujet mais il n’est que survolé. Si on se demande pourquoi les français restent éloignés de la bourse : La méconnaissance complète des mécanismes de la bourse. Sur 100 investisseurs moins de 5% tirent leur épingle du jeu et je ne parle pas de ceux qui se font plumer en frais de courtage par leur banque. La bourse demande une FORMATION préalable car pour ceux qui veulent VRAIMENT gagner (rendement supérieur à 5% annuel) il faut y consacrer du temps quotidien et développer des stratégies. Ceux qui s’imaginent investir et gagner en confiant leur pécule à leur banquier se trompent lourdement. Ils ne surveillent rien la plupart du temps et ne font pas d’arbitrage. Un bon conseil: se former ++++, n’investir que l’argent que l’on peut perdre sans conséquences et surtout ne pas faire confiance à son banquier +++++

  • Par Anouman - 29/12/2017 - 11:48 - Signaler un abus Bourse

    D'accord avec Excalibur. Placer en bourse cela demande du suivi et des connaissances, si on veut en tirer quelque chose.

  • Par gerint - 29/12/2017 - 15:18 - Signaler un abus La pierre c’est comme la terre

    Ça se voit, ça a une consistance et ça reste. Comme la terre il faut l’entretenir pour lui garder sa valeur qui s’apprécie à long terme.

  • Par gerint - 29/12/2017 - 15:22 - Signaler un abus Pour la Bourse

    Il faut effectivement une formation et il faut s’y intéresser tous les jours à la manière des traders, la volatilité ayant sûrement augmenté de nos temps. C’est malaisé de concevoir les actions comme un patrimoine pour la plupart des citoyens contrairement à la pierre

  • Par Djib - 29/12/2017 - 15:29 - Signaler un abus Au royaume des aveugles, les borgnes sont roi ...

    Comme les placements de "bon père de famille" rapportent des cacahouètes, les revenus locatifs à 4 ou 5% brut reprennent paradoxalement des couleurs, même si au final l'Etat et les collectivités local en prennent plus de la moitié (tranche marginale de l'IR, CSG/CRDS, taxe foncière). Au final il reste 2% net et la perspective d'une plus value sur le capital.

  • Par Ganesha - 29/12/2017 - 17:12 - Signaler un abus Bulle

    Il paraît que les exploiteurs, les crapules et les gangsters qui disposent d'un ''magot'' de plus de 20 millions d'euros, placent généralement 80% du produit de leurs corruption, prévarication et autres larcins dans des titres boursiers. Mais la Justice divine est immanente et imminente : lisez attentivement les chiffres que cet article débile vous donne sur la situation actuelle, et dites : ''Oh, quelle magnifique bulle, je n'en ai jamais vu une aussi énorme !''

  • Par ajm - 29/12/2017 - 20:41 - Signaler un abus Placement en bourse pour gangster.

    Ganesha: contrairement à vous je pense que les gangsters qui ont un gros magot de 20 millions et plus "gagnés" a priori dans un contexte de risque physique et juridique fort, recherchent, si cela est possible pour "blanchir" discrètement le magot, un placemenr "père de famille" tranquille , immobilier bien placé, commerces annodins, grosses exploitations agricoles ainsi que des lingots, des diamants, de beaux tableaux et des bijoux faciles à transporter au cas où . Évidemment je parle de vrais gangsters, pas d' entrepreneurs qui ont connu une réussite certaine. Pour vous la différence n'existe sans doute pas.

  • Par Ganesha - 29/12/2017 - 23:35 - Signaler un abus AJM

    AJM, je pense qu'il y a un niveau de richesse qui ne peut être dépassé en restant parfaitement honnête. Je ne fixerai pas de chiffre, mais je vous livre un souvenir personnel : un de mes meilleurs amis était vraiment ''très riche'', avec tous les signes extérieurs et biens matériels que cela implique. Un jour, il a fini par m'indiquer l'origine de sa situation : son père avait fait de l'import-export avec des pays neutres pendant la seconde guerre mondiale... Comme je sais que vous avez une vocation d'avocat, je ne doute pas que vous m'affirmerez que même en temps de guerre, il s'agit là d'une activité ''parfaitement normale et légitime''... Avec la bénédiction de l'occupant ?

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 30/12/2017 - 10:12 - Signaler un abus La bourse fonctionne comme

    La bourse fonctionne comme une essoreuse à crétin...... Pour qu'un petit nombre gagne beaucoup, il faut qu'un trés grand nombre perde un peu ! Alors comme au boneto, on laisse gagner le blaireau pour l'apâter et mieux le ferrer ensuite.... Un professionnel de la bourse gagne toujours, même quand elle baisse !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€