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Pourquoi la fin du paritarisme souhaitée par Emmanuel Macron ne pourra se passer d'une vraie réforme des institutions (et d'une culture de la performance accrue de la fonction publique)

Emmanuel Macron a présenté mardi soir ses premières propositions. L'ancien ministre de l'Économie a ouvert le volet "la vie quotidienne" de sa Grande Marche. Il s'est notamment concentré sur une "refonte" du modèle social, rendu obsolète selon lui par les contraintes du marché du travail actuel. Mesure phare : la fin du paritarisme, avec notamment le remplacement de l'Unedic (géré par les partenaires sociaux) par l'Etat.

Un modèle social à dépoussiérer

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Pourquoi la fin du paritarisme souhaitée par Emmanuel Macron ne pourra se passer d'une vraie réforme des institutions (et d'une culture de la performance accrue de la fonction publique)

Atlantico : Emmanuel Macron a présenté mardi soir ses premières propositions. Il s'est notamment concentré sur une "refonte" du modèle social, rendu obsolète selon lui par les contraintes du marché du travail actuel. Mesure phare : la fin du paritarisme, avec notamment le remplacement de l'Unedic (géré par les partenaires sociaux) par l'Etat. Que pensez-vous du modèle social version Macron ?

Jean-Charles Simon : Il formule des constats qui me paraissent indiscutables, et que j’ai d’ailleurs développés dans une note récente pour l’Institut de l’entreprise, « Faut-il en finir avec le paritarisme ? ».

Le système de cogestion de pans entiers du système social par les syndicats patronaux et de salariés est en effet à bout de souffle. Les acteurs sont très peu légitimes : 8,5% de salariés syndiqués dans le privé, éparpillés dans un grand nombre d’organisations ; une majorité d’entreprises en dehors des confédérations existantes, et très peu qui y adhèrent autrement qu’à leur insu. Et ils paraissent incapables de transformer les mécanismes dont ils ont la responsabilité et qui accumulent les déficits, comme l’assurance chômage ou les retraites complémentaires, ou semblent totalement archaïques, comme l’organisation de la formation professionnelle.

Emmanuel Macron a également raison de plaider pour un approfondissement de la logique de la loi Travail, en donnant davantage de poids à la négociation dans l’entreprise. C’est bien au plus près du terrain que doivent s’inventer les solutions adaptées à un environnement économique en forte mutation, qui exige de l’agilité et dans lequel chaque entreprise doit construire ce qui lui convient le mieux. Ce n’est plus au niveau interprofessionnel ou même à celui des branches, définies il y a des décennies et qui ont pour beaucoup perdu leur pertinence, au point qu’il est souvent difficile pour des jeunes entreprises de savoir à laquelle se rattacher. Dans le cadre d’un ordre public social établi par la loi, l’entreprise doit pouvoir définir son modèle, par l’accord si possible, par référendum si nécessaire. Les dispositions plus générales, par exemple sectorielles, ne doivent être qu’un cadre par défaut.

Pour autant, l'Etat peut-il vraiment s'avérer meilleur gestionnaire ? A quelles conditions ?

C’est d’abord une question de clarté des responsabilités, indispensable pour réformer. Aujourd’hui, par exemple, les partenaires sociaux définissent les paramètres de l’assurance chômage, mais celle-ci ne peut survivre que grâce à la garantie de l’Etat, car elle a accumulé 30 milliards de dettes, bientôt l’équivalent d’une année de cotisations. Comme les partenaires sociaux ne parviennent pas à dégager des pistes de réforme, ils n’ont pas réussi à négocier un nouvel accord – ce qui donne d’ailleurs juridiquement la main à l’Etat aujourd’hui. Enfin, 10% des recettes du régime sont allouées au financement de Pôle emploi… piloté par l’Etat ! Ça ne peut pas marcher. En l’espèce, un pouvoir politique avec une vision réformatrice claire sur ce sujet pourrait remettre à plat un dispositif totalement dévoyé, dans lequel il n’y a plus vraiment de notion d’assurance d’un aléa depuis la création de la rupture conventionnelle. Et éventuellement, mieux articuler un dispositif rénové avec les minima sociaux dont il a la charge.

 
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  • Par Benvoyons - 20/10/2016 - 16:57 - Signaler un abus En effet remplacer des Syndicats de Fonctionnaires par

    des Fonctionnaires faut sortir de l'ENA pour une telle connerie dite Révolutionnaire par les Médias de Fonctionnaires. C'est certain avoir travaillé dans une Banque pour organiser des ventes achats d'entreprises vous forme un homme à l'entreprise à ses métiers ses marchés et comment être performant pour les garder et en créer d'autres:)::)) Caton H est un nul et sa découverte est encore plus nul car il se croit innovant:)::) en faisant du vieux avec du vieux :)::))

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Jean-Charles Simon

Jean-Charles Simon est économiste et entrepreneur. Chef économiste et directeur des affaires publiques et de la communication de Scor de 2010 à 2013, il a auparavent été successivement trader de produits dérivés, directeur des études du RPR, directeur de l'Afep et directeur général délégué du Medef. 

Il a fondé et dirige depuis 2013 la société de statistiques et d'études économiques Stacian, dont le site de données en ligne stacian.com.

Il tient un blog : simonjeancharles.com et est présent sur Twitter : @smnjc

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