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Pourquoi Fillon a tort de reculer sur la Sécu

De l’arrivée de nouvelles thérapies ruineuses à la révolution transhumaniste, le monopole de la Sécu promet un décrochage brutal qui amplifiera les différences entre ceux qui peuvent améliorer significativement leur espérance de vie et ceux qui n’en ont pas les moyens.

Liberté Chérie

Publié le
Pourquoi Fillon a tort de reculer sur la Sécu

L’assurance maladie est un tabou. La droite n’a pas hésité à recadrer François Fillon sur ce sujet à la sortie de la primaire LR-UDI, l’obligeant à un rétropédalage grotesque. Il mesurait pourtant bien la nocivité du signal envoyé aux électeurs sur la fermeté de ses convictions. La pression fut trop forte, mélange d’inquiétude électorale et de lobbying d’un monde influent qui vit d’un système rouillé vieux de 72 ans, largement l’âge d’une retraite bien méritée.

La Sécu ne nous soigne pas. Passons sur l’argument larmoyant habituel – "tu sais ce que c’est d’avoir un cancer ?

Tu parlerais autrement de la Sécu si tu avais la moindre idée" – grotesque. Ce n’est pas le guichet de la bureaucratie de la Sécu qui déploie ses efforts quotidiennement pour tenter à tout prix de nous soigner et de sauver nos vies. La Sécu se contente de prélever des recettes, charges sociales et taxes, et de financer une partie du coût des soins : 160 milliards d’euros, environ deux tiers des 240 milliards dépensés dans la santé chaque année. Le reste est financé par des mutuelles (le plus souvent imposées et totalement tributaires des choix arbitraires de l’administration de la santé)… et, pour presque 22 milliards annuels, directement de nos poches.

La santé à plusieurs vitesses existe déjà. La planification de notre médecine –numerus clausus dans les universités, tarifs encadrés et discriminants entre le public et le privé - progressivement nationalisée aboutit à une pénurie de médecins et à une qualité déclinante des soins prodigués. Lorsque le tarif officiel d’une consultation est inférieur à la coupe d’un coiffeur de quartier, inutile de préciser que le service rendu n’est pas systématiquement à la hauteur des dix années d’études du médecin consulté. Au terme de son cursus, un chirurgien sera remboursé 18,43 euros par la Sécu pour la pose d’une sonde vésicale (codage CCAM JDLD001), à peine le prix de la sonde, des compresses, des gants, du sac collecteur d’urine et j’en passe. Combien de consultations sont effectuées au lance-pierre par des médecins qui enchainent les visites à un rythme effréné pour amortir leurs frais et parvenir à un revenu raisonnable ? Ils le font au détriment de la qualité de leur prestation chronométrée. Les listes d’attente rallongent aussi bien pour les rendez-vous chez les généralistes et les spécialistes que pour l’accès aux scanners, IRM et autres outils essentiels.

A part les parlementaires qui ont des tarifs sécu préférentiels (et le multiple correspondant de leur mutuelle) et quelques professions privilégiées (EDF, SNCF…), ceux qui veulent échapper à ces symptômes inquiétants d’une pénurie organisée sont des initiés qui, souvent, doivent de surcroît le payer de leur poche. Qui connait les bons réseaux de cliniques privées, souvent aussi bien remboursées au patient que les services hospitaliers ? Qui connaît les professionnels de santé aux performances objectivement supérieures à la moyenne selon des critères évalués discrètement ? Certains d’entre eux facturent leurs prestations à des tarifs très éloignés des grilles paupérisées de la sécu. Qui peut le leur reprocher ?

Pourtant, si la santé a un coût, elle n’a pas de prix. Payer de sa poche en plus des prélèvements exorbitants pour être correctement soigné est un choix naturel. De l’arrivée de nouvelles thérapies ruineuses à la révolution transhumaniste, le monopole de la Sécu promet un décrochage brutal qui amplifiera les différences entre ceux qui peuvent améliorer significativement leur espérance de vie et ceux qui n’en ont pas les moyens. L’origine du mal se trouve dans cette organisation pseudo-assurantielle qui ne remplit pas sa mission : prévenir – l’essentiel des conditions d’une bonne santé est entre nos mains -, renforcer le rapport qualité/coût des soins et favoriser l’innovation médicale lorsque la performance est au rendez-vous.

 
Commentaires

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  • Par GP13 - 23/02/2017 - 09:12 - Signaler un abus Fillon a perdu toute autorité

    Le revirement de Fillon sur la sécu, le deuxième après celui de son maintien même en cas de mise en examen, signifie qu'il a perdu toute autorité. Son nouveau discours sur la sécu est quasiment un copié collé de ceux de Hamon et Macron : Demain tout sera gratuit !!! Voici ouverte la perspective d'un nouveau quinquennat pour rien.

  • Par Anguerrand - 23/02/2017 - 09:42 - Signaler un abus Fillon ne pouvait pas se faire élire en remettant en cause

    une seule chose sur la Sécu. Les français sont tellement assistés qu'il pensent que la santé est gratuite alors que des prélèvements sont faits sur les salaires et les salariés pleurent de voir l'écart entre le brut et net. Dans mon entourage je vois bien que les gens vont chez le médecin pour un rien quitte à jeter les médicaments le lendemain si ça va mieux. La SÉCU est extrêmement importante pour les maladies lourdes, et l'on voit encore de lourds soins non remboursés et qui doivent aller aux USA et à côté de ça on rembourse un rhume ou un accident de ski .

  • Par edac44 - 23/02/2017 - 12:12 - Signaler un abus Le trou abyssal de la sécu : d'où vient-il ???

    Réponse : Trop de dépenses pour pas assez de recettes !... CQFD ======================================================================> http://bit.ly/2l2WBiF ======================================================================> Si l'on tient compte que la dernière année de vie coute presque autant à la Sécu qu'une vie toute entière, alors il y aurait peut-être lieu de pratiquer des euthanasies massives pour tenter de sauver le régime -:) !... et pas sûr que cela ne se fasse pas déjà avec certains grabataires un peu trop argentés !... Enfin, pourquoi ne pas mettre en place une clause de bonus-malus qui s'inscrirait sur la carte vitale que beaucoup confondent d'ailleurs avec une carte de crédit. Ainsi, les "mauvais" de l'assurance maladie paieraient leur surconsommation de médocs plein pot sans aucun remboursement, pas même des mutuelles. Mais le vrai problème de la Sécu n'est pas là, cet organisme fait vivre et bien vivre le monde médical dans son ensemble ainsi que les plus grands laboratoires pharmaceutiques dont toutes les activités de recherche. Une minorité profite "à donf" du système et la collectivité laborieuse (entreprises-salariés) en demeure l'unique contributeur !

  • Par clint - 23/02/2017 - 13:31 - Signaler un abus S'il eût été intègre et un peu charismatique il aurait pu !

    Oui il aurait fallu le faire, mais il est complètement brulé. En plus il est trop perso et décide tout seul, par lui-même (et par les groupes qui le manipulent ?)

  • Par vangog - 23/02/2017 - 17:10 - Signaler un abus Pour "prévenir", on n'a encore rien inventé

    de mieux qu'un médecin. Les Républicains et les socialistes ont organisé la pénurie médicale, afin de réduire leurs déficits cumulés de sécurité sociale, qu'ils sont les seuls au monde à ne pas savoir gérer...les erreurs des LRPSECOLOCOCOs, en matière de gestion de la santé, sont multiples et deux tomes complets ne suffiraient pas...

  • Par horus35 - 23/02/2017 - 19:19 - Signaler un abus @edac44 !

    Je n'en ai pas cru mes yeux en lisant les énormités que vous avez balancé ! Je vous cite " si l'on tient compte que la derniere annee de vie coute presqu'autant à la secu qu'une vie toute entière, alors il y aurait peut être lieu de pratiquer des euthanasies massives pour tenter de sauver le régime " Celà s'est déjà pratiqué à une époque pas si lointaine et l'on a appele celà la SHOAH ! Votre commentaire est d'une abjection totale et mérite de vous faire exclure immédiatement de ce site ! Liberte d'expression d'accord, saloperie non !

  • Par Anguerrand - 23/02/2017 - 21:31 - Signaler un abus A edac44

    Vous avez oublier d'autres catégories a euthanasier qui coûtent cher à la Sécu ; les femmes enceintes, les enfants, les cancéreux, les cinglés fascistes du FN et de Mélenchon, et j'en oublie certainement.

  • Par edac44 - 23/02/2017 - 22:41 - Signaler un abus @ horus35

    Ne me dites pas que vous êtes assez "con" pour avoir pris cela au 1er degré !... mais si, en plus des grabataires en fin de vie, on n'y met aussi les demeurés auxquels vous souhaitez prétendre appartenir, alors la Sécu va rapidement devenir excédentaire !...

  • Par edac44 - 23/02/2017 - 22:54 - Signaler un abus @ Anguerrand

    C'est vrai, j'ai oublié les "bas du front" qui sévissent sur ce site !... et c'est quand même très dur, même sur ce site, d'être lu par des cons !...

  • Par horus35 - 24/02/2017 - 11:33 - Signaler un abus @edac44 !

    A con, con et demi ! Votre penchant pour l'insulte ,typique du gauchiste envieux de la réussite des autres, n'est pas étonnant de la part d'un huluberlu qui se lache ( en prétextant le 2 eme degré) sur les contradicteurs a ses idées nauséabondes sentant bon le national socialisme cher à Adolf ! En l'occurrence le "bas du front"n'est pas celui que l'on crois et celà vous remet à votre juste place : bien bas dans la race humaine !

  • Par edac44 - 24/02/2017 - 22:35 - Signaler un abus @ horus44 pauvre type représentatif des commentaires d'atlantico

    Vraiment vous êtes vraiment trop con !...

  • Par edac44 - 24/02/2017 - 22:54 - Signaler un abus @ horus35 pauvre type représentatif des commentaires d'atlantico

    Pardon pour le département, donc on reprécise : quand le roi des cons aura besoin d'un héritier, horus35 est tout trouvé !... et il a toutes ses chances

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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