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Pourquoi les filles n'embrassent pas du tout comme les garçons

Des scientifiques britanniques de l’Université d’Oxford - Raphael Wlodarski et Robin Dunbar - viennent de faire paraître une étude concluant que le baiser aiderait les femmes, plus que les hommes, à trouver leur partenaire idéal. Retour sur une pratique pas si bien connue que cela.

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Pourquoi les filles n'embrassent pas du tout comme les garçons

Atlantico : Selon les scientifiques britanniques de l’Université d’Oxford - Raphael Wlodarski et Robin Dunbar - le baiser serait pour les femmes un moyen de tester et juger les qualités du partenaire. Pourquoi les femmes, contrairement aux hommes, n’embrassent-elles pas à la légère ? Hommes et femmes ont-ils une appréciation différente du baiser ? 

Michelle Boiron: Le baiser, par la bouche concerne une zone érogène primaire : elle est la première zone sensible, d'alimentation et d'expression orale pour le nouveau-né, fille ou garçon, lorsqu'il tête le sein. C'est plus tard que les comportements homme/femme vont être différents, même si pour les deux sexes, le baiser est quand même lié à l'intimité. En revanche, la plupart du temps la femme le réserve à l'amour ; pour elle c'est le comble de l'intime. Ne dit-on pas que les prostituées n’embrassent pas ? Cette non-pratique du baiser démontre sa valeur intime puisqu'elles ne le monnayent pas.

Mais revenons aux différences : les femmes, quand elles embrassent, veulent créer un lien, à la différence des hommes qui veulent arriver à leurs fins ! La femme perçoit le baiser comme un examen de passage, un prélude qui les conduira, elle et celui qu'elle embrasse, à une relation sexuelle. L’homme, lui, s’en sert plutôt comme "moyen" pour arriver à ses fins : l'acte sexuel. De nombreuses études montrent que 50% des hommes peuvent se passer des baisers pendant l'acte sexuel, pour seulement 14% des femmes. Pour les hommes, le baiser représente les prémices à la pénétration vaginale. La femme, elle, par ce baiser va savoir si elle peut aller plus loin dans la relation sexuelle ou couper court ! Naturellement, son intuition ne présage absolument pas la qualité de la relation sexuelle et la jouissance qui en découlera. En conclusion, la femme cherche le plus souvent à créer un lien et créer des sentiments, un attachement alors que pour  l'homme, c'est un moyen, une amorce pour augmenter la stimulation de leur partenaire et un prélude à la pénétration.

Au-delà de la légèreté de ce résultat, les scientifiques mettent en évidence que la femme se ferait un avis sur la compatibilité du couple à travers le goût et l'odeur de l'autre. Ils représenteraient, l’un et l’autre, la compatibilité biologique du couple. L’amour serait-il donc une question de biologie plutôt que de sentiment ? Existe-t-il réellement une dimension neurologique et biologique dans les sentiments ?

La question est aujourd'hui posée aux biologistes : le mystère de l'amour, le sentiment amoureux seraient-ils réductibles à des réactions purement physiologiques ? Eternel débat : qu'est ce qui est à l'œuvre dans l'amour et pourquoi cette attraction entre deux êtres ? Quand il y a une rencontre, douze régions du cerveau se mettent effectivement en œuvre et activent les circuits de la récompense (dopamine, sérotonine). Les représentations mentales s’éveillent et créent des allers-retours entre le cerveau et le corps. Il s'ensuit des manifestations physiques : battements de cœur, mal au ventre, peur de perdre ses moyens, etc. Mais au-delà de ces manifestions biologiques, physiologiques et neurologiques, nous sommes également pris par des phénomènes inconscients.

Lorsque l'on tombe amoureux, ce n'est pas une décision prise ; cela advient malgré nous... L'autre semble correspondre tellement à ce que l'on cherche ; ça y est ! On l'a "trouvé"! Mais non ! La réalité est que l’on a juste "retrouvé" des émotions enfouies qui s'éveillent et viennent combler notre manque ! C'est la magie de la rencontre : l'autre semble tout avoir pour nous séduire, son odeur, son regard, sa voix, ça s'emboîte à merveille. Les phénomènes de projection sont à l'œuvre et nous échappent... L’autre ne s'est pas encore exprimé et déjà on est submergé par l’émotion ! Dans la simple rencontre sexuelle, l’être est agi par des phénomènes physiques qui lui échappent : un échange de regards peut entraîner une attirance et pas seulement parce que "tu as de beaux yeux, tu sais !", mais par une pupille dilatée qui déclenche une attirance sexuelle incontrôlée au même titre que des mensurations précise d'épaule, de hanche, même si, à l'heure actuelle, les zones concernées par l'instinct (la reproduction, les odeurs), sont en nette régression puisque moins sollicitées. Les célèbres phéromones censées activer notre cerveau pour déclencher notre désir sont en berne ! Les lavages fréquents, les parfums synthétiques et autres "tue l'amour" vont venir à bout de nos instincts. Concernant le baiser, il est intéressant de noter qu'il a de tout temps eu un rôle protecteur qui nous immuniserait des bactéries. La salive largement déployée lors du baiser et secrétée par les glandes salivaires est « anti-bactérienne » et nous fait fabriquer des anticorps ! Alors, peut-on dire que si on ne s’embrassait pas, on serait beaucoup plus malade ?

Mis à part l’odorat ou le goût, quelles autres dimensions biologiques sont essentielles à l’attraction dans un couple ?

Les cinq sens sont actifs dans l'attraction qui s'exerce entre deux personnes. Le goût finalement ne vient qu’avec le baiser. La voix aussi peut être déterminante : elle peut déranger, être rébarbative. La vue, aussi, est primordiale : l’image de l’autre, le regard que l'on porte sur lui et celui qu'il nous porte feront sens toute la vie. Si le biologique participe de la rencontre, il ne faut pas sous-estimer la part de l’inconscient. C'est ainsi que les humains continuent de se reproduire ; c'est leur destin génétique ! Même si l'homme tente de maitriser tout ses instincts, même si un jour il y parvient, il continuera de tomber amoureux, et que ça dure ! 

 
Commentaires

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  • Par texarkana - 18/10/2013 - 11:39 - Signaler un abus en un mot

    "contrôle"... les femmes veulent contrôler leur partenaire, le french kissing sert à çà.

  • Par Ravidelacreche - 18/10/2013 - 12:32 - Signaler un abus Je sais pas

    Je n'ai jamais embrassé de garçons .

  • Par smiti - 18/10/2013 - 19:56 - Signaler un abus L'amour, fils ainé du christianisme

    Seules les sociétés construites sur les valeurs du christianisme, ont fait de l'amour, le ressort de la procréation. Partout ailleurs, ce choix n'est pas donné aux hommes aux femmes mais au poids sociétal qui impose ses règles. J. L. ferry l'a très bien démontré.

  • Par Glabre et Ingambe - 18/10/2013 - 19:58 - Signaler un abus Encore une étude débile anglosaxonne relayée par Atlantico !

    Je ne crois pas du tout à l' interprétation de cette étude, qu'on voit refleurir depuis quelques temps, agitant le miracle du flair et des hormones et répartissant le monde entre femelles (et non pas femmes) obsédées par le cliché de trouver un bon père protecteur à leur progéniture et mâles (le terme homme semble peu usité en anglosaxonnie) ne cherchant qu'à lapiner à tour de bras... On nous force presque à revenir à la préhistoire, à nous faire porter des peaux, à vivre dans des grottes autour d'un feu, les femmes cueillant des baies et les grands chasseurs traquant le mammouth. La culture de ces anglo-saxons a toujours été très enfantine.

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Michelle Boiron

Michelle Boiron est psychologue clinicienne, thérapeute de couples , sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris, et membre de l’AIUS (Association interuniversitaire de sexologie). Elle est l'auteur de différents articles notamment sur le vaginisme, le rapport entre gourmandise et  sexualité, le XXIème sexe, l’addiction sexuelle, la fragilité masculine, etc. Michelle Boiron est aussi rédactrice invitée du magazine Sexualités Humaines

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