Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 05 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Pourquoi il faut retourner aux urnes sans attendre 2017

Longtemps résignés et dans l’attente d’un cap que l’Elysée n’a toujours pas défini, les Français commencent à manifester leur impatience. Comme souvent dans le passé, ce sont les étudiants qui alimentent la grogne et se préparent à manifester.

Editorial

Publié le
Pourquoi il faut retourner aux urnes sans attendre 2017

La France va-t-elle connaître une nouvelle période de turbulences alors qu’elle vit toujours sous  le régime de l’état d’urgence depuis les vagues d’attentats qui ont marqués la dernière année ?  Au fil des mois, la montée des périls ne cesse de croître pour un pouvoir qui a perdu toute crédibilité dans l’opinion tout comme auprès des siens. La popularité de François Hollande est tombée à son plus bas niveau historique, celle de son Premier ministre le suit de près. Il faut dire que rarement le bilan de l’action publlique aura été aussi catastrophique.

La courbe du chômage,  qui était l’objectif numéro un du chef de l’Etat maintient inexorablement sa trajectoire alors qu’elle a baissé partout ailleurs. Une étude du cabinet Trendeo sur le tissu industriel français montre que l’on continue de détruire dans notre pays plus d’usines que l’on n’en crée alors que la production industrielle n’a toujours pas retrouvé le niveau d’avant la crise de 2008. Les déficits publics continuent de dépasser les prévisions, tandis que les réformes structurelles demandées avec insistance par nos partenaires européens restent lettre morte, en ne dépassant pas le stade des rapports que l’on multiplie sur ses sujets sans parvenir à déboucher sur des décisions concrètes.

Longtemps résignés et dans l’attente d’un cap que l’Elysée n’a toujours pas défini, les Français commencent à manifester leur impatience. Comme souvent dans le passé, ce sont les étudiants qui alimentent la grogne et se préparent à manifester. Les syndicats leur emboîtent le pas en annonçant une grande  mobilisation d’ici la fin mars, en surfant sur le ras le bol d’une opinion qui se convertissait peu à peu à l’idée de la nécessité de sortir de l’immobilisme présent, mais qui ne fait plus confiance à François Hollande. Aujourd’hui, tout ce que propose le chef de l’Etat est refusé, en raison des multiples volte faces, auxquelles ses initiatives ont donné lieu, son manque de volonté, d’autorité comme s’il ne croyait pas au fond de lui-même à tout ce qu’il avait pu proposer à ses compatriotes. La réforme du code du travail en porte l’illustration : huit Français sur dix refusent le projet actuel parce qu’il a l’estampille du pouvoir, alors que beaucoup sont acquis à l’idée de revoir un code du travail qui n’a cessé d’empiler au fil des ans des textes considérés comme des conquêtes sociales et qui ont pris un caractère immuable, alors qu’ils ne  sont plus adaptés aux transformations de l’économie et à l’irruption d’Internet. C’est d’ailleurs au sein de la gauche que l’opposition se fait la plus rude, où l’idéologie règne toujours en maître au détriment des réalités concrètes.

Dans ces conditions, l’exécutif est tenté de passer en force, faute d’avoir le soutien d’une majorité de parlementaires dont l’immaturité dans le domaine de l’économie est bien connue. Mais c’est se préparer à un nouvel échec, alors que le climat au sein du Parlement est de plus en plus délétère. Un nouveau recul du gouvernement ne pourrait avoir que des conséquences désastreuses, au point que les rumeurs les plus folles commencent à circuler sur la manière dont se vivront les quatorze mois qui nous séparent de l’élection présidentielle, face à la montée des périls qui apparaissent aujourd'hui. Une démission du Premier ministre est même envisagée, voire celle de François Hollande lui-même. Ce serait même pour lui peut-être la seule occasion de se représenter sans avoir à subir le choc d’une élection primaire à gauche, et alors que la droite continue d’être divisée, et n’a pu se mettre encore en ordre de bataille avec une série de candidats potentiels dont aucune ne suscite un enthousiasme général parmi ses électeurs.  Mais recourir aux urnes par anticipation impliquerait aussi une force de caractère et de décision qui ne sont guère sa marque.                 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Philippine - 04/03/2016 - 10:00 - Signaler un abus Oui, Mr Garibal,

    la situation est catastrophique, mais, à mon avis, elle est pire encore que ce que l'on croit, car on ne nous dit pas la vérité sur la réalité économique, sociale, la situation de plus en plus précaire des petits retraités,les petits salariés, les PME dans le désarroi le plus complet,etc, etc ..... bref, le quinquennat que nous vivons restera dans l'histoire comme le pire depuis la dernière guerre et cela, dans quelque temps, les historiens ne manqueront pas de le décrire et si j'avais un conseil à donner au chef de l'Etat et cela, je puis me le permettre car je suis plus âgée que lui, hé bien, je lui dirai de partir le plus rapidement possible tant qu'il est temps, qu'il fasse amende honorable devant tous les Français en disant qu'il a échoué sur tous les tableaux et qu'il se retire. Il s'en irai ainsi par le haut et il sauverai sa marque dans l'Histoire. Mais les hommes sont ainsi faits, ils sont pétris de vanité et d'orgueil qu'ils ne se posent même pas de questions. Quelle tristesse pour notre pays d'assister à ce spectacle !!!!!

  • Par Babaswami - 04/03/2016 - 14:15 - Signaler un abus Système

    Tout à fait d'accord, Philippine, mais le mal est dans un système qui donne le pouvoir total à un crétin malfaisant pendant 5 ans irrévocables, alors qu'il bénéficie d'une cote de 15%. Tant que l'on n'abolira pas cette fonction présidentielle antidémocratique, la France continuera inexorablement son déclin. cf Le Poison présidentiel. de G Ottenheimer

  • Par zouk - 04/03/2016 - 15:46 - Signaler un abus Echec patent

    Mais le remède n'est pas dans des élections anticipées, en tous cas pas sans une sérieuse révision constitutionnelle préalable:radiation automatique de tout fonctionnaire élu à un mandat autre que local, limitation drastique du nombre de mandats et dans l'espace et dans le temps (pas plus de 2 mandats consécutifs pour des fonctions locale ou nationale), retour au mandat présidentiel de 7 ans mais unique avec élection au suffrage universel, tout cela pour éviter la constitution d'une classe de professionnels de la politique ignorants de la réalité de la vie des citoyens. Tout cela redonnera de la vigueur au débat démocratique et les demandes de réformes ressenties dans la majorité de la population pourront aboutir pour l'amélioration du sort de tous. Cela n'interdit certes pas les partis politiques, mais exige des primaires dans chaque parti pour désigner les candidats, au moins à la fonction présidentielle. mais on peut préférer une élection présidentielle par les seuls parlementaires comme nous l'avons vécue longtemps.

  • Par Philippine - 04/03/2016 - 17:22 - Signaler un abus Réponse à zouk,

    d'accord que des élections anticipées ne sont pas souhaitables , mais c'est l'essence même de la 5 ème République . Un Président désavoué à ce point doit partir et c'est bien ce que fit de Gaulle en 1969 après un référendum qui lui fût défavorable, mais c'était de Gaulle et il appliqua à la lettre la constitution de la 5ème et là ou il se trompait, c'est en pensant que les hommes politiques auraient un peu plus d'honneur dans certaines circonstances !!

  • Par Ganesha - 04/03/2016 - 18:56 - Signaler un abus Zouk

    Zouk, bel effort de réflexion ! Mais vous êtes totalement à côté de la plaque ! Dans le monde d'aujourd'hui un monarque élu pour 7 ans ! La révolution à coup sûr ! Inspirez-vous plutôt du modèle américain : deux mandats de quatre ans pour le président, non-extensibles ensuite. Et surtout, des élections parlementaires à mi-mandat, qui permettent de ''rectifier le tir'' tous les deux ans.

  • Par vangog - 04/03/2016 - 22:29 - Signaler un abus Un "Président sans force de décision ni de caractère"...

    Quelle absurde folie a pris nos concitoyens d'élire un tel olibrius, le dernier de la dynastie UMPS?... Les étudiants sont, aujourd'hui, très majoritairement patriotes. Ils restent toujours très manipulables par les archeo-trotskystes répandus par le pouvoir UMPS dans les facs et les écoles, depuis quarante ans...mais ils suivront les consignes du Front National. Et si El Kohmry fait passer son texte communautariste au forceps du 49.3, alors le Front National les incitera à manifester, encore et encore...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€