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Pourquoi l'Europe n'a pas les moyens de gagner la bataille d’Ukraine

L'Ukraine est au centre des tensions qui morcellent aujourd'hui le continent européen. Un rapprochement semble s'opérer avec l'Union européenne, au grand dam de la Russie, mais que l'Ukraine pourrait regretter.

Perdu d'avance

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Pourquoi l'Europe n'a pas les moyens de gagner la bataille d’Ukraine

Les membres d'une unité d'auto défense ukrainienne pro-russe en formation / photo d'illustration. Crédit Reuters

Atlantico : L'Europe doit décider ce lundi de sanctions économiques à l'égard de la Russie en représailles de son attitude dans la crise ukrainienne. A-t-elle les moyens d'entrer dans un conflit économique avec la Russie ? Certains pays européens sont-ils d'ailleurs plus exposés que d'autres à cette menace ?

Hélène Clément Pitiot : Les Etats-Unis et l’Union européenne se sont dit prêts à prendre lundi des « mesures très sérieuses » en réponse au résultat du référendum d’autodétermination des populations de Crimée. C’est ce que la grande presse a annoncé (cf. Le Figaro), relayant la déclaration de John Kerry.

Angela Merkel, François Holland, Matteo Rinzi se sont faits l’écho de ces menaces. Parallèlement des rencontres ont eu lieu entre J. Kerry et S. Lavrov, le Ministre Russe des Affaires Etrangères. Considérant le contexte d’ensemble, ils pourraient s’être mis d’accord pour définir les sanctions réciproquement viables tout en préservant la crédibilité des effets de communication. Peut-on douter que l’Europe ne suive le mouvement?

A l’heure du monde multipolaire que les occidentaux s’efforcent de ne pas vouloir voir, que vaut le G8 sans la Chine ? L’exclusion annoncée de la Russie ressemble à une auto-destruction, car elle montrera au grand jour que ce qui compte depuis longtemps ce n’est pas les rencontres du G8 dans des cadres de rêve pour nos élites mais bien plus les discussions dans le cadre du G20. Y a t il eu depuis longtemps une quelconque décision sérieusement constructive prise au G8 ? Il n’en va pas de même du G20 où se profilent les principes de la nouvelle économie mondiale et de la de-dollarisation qui est déjà en route : ventes de bons du trésor US, achats d’or des banques centrales s’accélèrent comme se mettent en place des accords de swaps entre banques centrales qui ouvrent la voie à des règlements commerciaux en d’autres devises que le dollar.

En Europe la question de l’indépendance des positions européennes se pose certes mais plus encore la capacité de décider à 28. Cette difficulté qui se rencontre maintenant à chaque étape «intense» des relations internationales n’est pas nouvelle ; elle est le fruit de choix institutionnels. Le projet économique et monétaire européen a pris radicalement le pas sur le projet politique en dépit des avertissements répétés des spécialistes. Le monde entier est au courant des rigidités institutionnelles qui pèsent sur l’Europe et qui découlent de cette posture. Cette impuissance politique qui se double maintenant d’une impuissance économique devenue bien visible depuis la crise, ne laisse finalement la voix qu’à la rhétorique et aux effets de communication. Vis-à-vis des populations, cette impuissance est bien aussi de plus en plus tangible. Les élites européennes tant sur un plan politique qu’économique se trouvent hors du champs de la réalité, maniant rêves, dénis, mensonges selon les nécessités. Les médias qui ont pu longtemps être timides sur le sujet, poussés par les commentaires du net et par les blogs commencent à porter des témoignages. Ainsi trouve-t-on dans le Figaro une déclaration de M. Paet, chef de la diplomatie estonienne qui exprime son trouble face à l’indifférence des autorités de Kiev faisant suite à celle de Catherine Ashton à propos de l’épisode des snipers sur Maïden à l’origine de massacres. Il avait en effet lui-même prévenu de la possible implication de l'opposition ukrainienne au président Viktor Ianoukovitch dans les assassinats de manifestants mais aussi de policiers.

S’ajoutant au déni qui table sur la dissipation rapide de la mémoire, s’ajoute la gesticulation de la punition : celle de la Grèce, la rhétorique du mauvais élève versus le bon élève. On peut se souvenir que l’Espagne a longtemps été montrée comme le bon élève de l’Europe. Les autorités européennes ont depuis longtemps le mauvais goût de nous servir une rhétorique infantilisante qui lasse les populations...

Point de surprise dans ce contexte que la crédibilité internationale et interne s’effondre de plus en plus. Ajouté à ce panorama et à l’heure de facebook et twitter,  comment pouvons-nous nous étonner que V. Nuland et C. Ashton furent ainsi prises à leur propre piège communicationnel !

Finalement, le plus rassurant à cette heure est que malgré ces agitations de communication, l’opinion démocratique, certes encore en retrait, semble beaucoup plus mesurée et posée. Des voix légitimes de représentants des peuples s’élèvent de-ci de-là : parfois avec véhémence au sujet de l’Ukraine comme ce jeune député, Laurent Louis au Parlement belge ; en France, un rapport à l’Assemblée nationale très lucide « sur la politique française et européenne vis-à-vis de la Russie » vient aussi d’être rendu public ; la diplomatie économique de la France en Russie s’exprime d’une voie forte, celle de Jean-Pierre Chevènement dont la position est bien différente de celles des élites politiciennes et de BHL : "Sans la Russie, il manque quelque chose à l'Europe"

Une erreur est ainsi souvent faite de ne donner qu’une seule voix à l’Europe qui donne dans la caricature ; celle des peuples est parfois plus juste parce qu’elle est plus reliée au réel. L’oubli du réel est en effet une difficulté majeure pour comprendre la dynamique des économies mondiales imbriquées dans les stratégies géopolitiques. Et nous savons combien les surprises bonnes ou mauvaises peuvent être au rendez-vous.

Que les bulgares et les pays baltes aient déjà fait connaître des voies dissonantes sur le thème des sanctions vis-à-vis de la Russie est certainement une des premières surprises ; ils sont traditionnellement peu favorables pour faciliter les avancée de la coopération avec la Russie. La réserve affichée par les Anglais est sur le sujet légendaire, les journalistes qui ont glissé un œil sur le dossier de H. Powell en visite chez D. Cameron n’ont fait que nous le confirmer (the Guardian ). Les responsables des affaires étrangères allemandes ainsi que le Ministre de l’économie et de l’environnement Sigmar Gabriel, semblent aussi beaucoup plus modérés qu’Angela Merkel, cette modération fut aussi reprise par le responsable de l’équivalent du MEDEF allemand et divers entrepreneurs dont Mr. Seele de Wintershall.

Ce que l’on commence à voir poindre et qui devrait encore une nouvelle fois rythmer le réel de l’économie, c’est l’irrésistible montée du jeu de la concurrence entre les économies européennes qui craignent, avant même d’avoir décidé de sanctions, les répercutions qu’elles pourraient avoir sur leurs propres économies. Dans un contexte d’extrême fragilité des économies, d’une part le chômage indomptable lié à la dé-industrialisation et d’autre part l’instabilité majeure de la sphère monétaire et financière, ces préoccupations pourraient sembler raisonnables.

Quels pays seront les plus exposés et qui pourra «passer le mieux à travers les gouttes» ?  La Russie a en effet annoncé que des sanctions réciproques sont déjà prévues et qu’elles seront mises en application en fonction des décisions de chaque pays. La Russie sait ainsi qu’elle va s’appuyer sur le point de faiblesse de l’Union européenne, sa désunion de fait, bien réelle que la rhétorique cherche à cacher. L’Europe s’est construite en affichant cette concurrence comme ferment de l’efficacité économique....ce fut oublier les principes de la dynamique économique que de ne raisonner qu’ainsi et de fonder tout le programme de développement et de construction de l’Europe à partir de Maastricht. L’incertitude a su rattraper les économies avec ses crises, laissant les gouvernements dans le marasme ; les instruments de la politique économique pour y répondre leur faisant brutalement défaut.  Les théories économiques contemporaines nous montrent à l’inverse que la coopération permet de mobiliser plus de forces et d’effet de résilience ; dans le long terme et dans les crises, ces capacités sont salvatrices. L’Europe de la concurrence est bien fragile, depuis 23 ans elle n’a jamais pu venir en aide à l’Ukraine de façon crédible et efficace. La Russie dont l’économie s’est redressée de tant d’épreuves sait tirer les leçons des expériences. Dans le cadre de la mise en place de l’Union Douanière, elle a tout de suite compris que la complémentarité pouvait rendre les économies plus robustes que la concurrence.

A un moment où l’Europe cherche à montrer sa force, elle risque ainsi de pêcher par ses défauts institutionnels mais aussi par ses défaut de conception économique. Comme le soulignait le Ministre A. Montebourg, l’incohérence en matière de concurrence est flagrante : soutenir le renflouement des établissements financiers et ne pas aider les entreprises dans la crise, c’est une distorsion majeure de la concurrence d’un point de vue de la théorie économique. Un secteur économique (service financier) est favorisé au détriment des autres secteurs. Par le jeu d’incitations perverses le mécanisme d’allocation des ressources (capital et travail) devient fondamentalement inefficace et injuste. Le chômage de masse qui en découle est ainsi théoriquement inefficace...et bien dommageable pour les populations. Des experts d’Oxford et Cambridge nous répètent régulièrement dans leur contribution de The Lancet (2014) et leur ouvrage The Body Economic que : « l’austérité tue ». L’Ukraine (hors Crimée) va pouvoir alimenter désormais les nouvelles études de ce groupe de scientifiques, en effet une cure d’austérité est annoncée comme ‘garantie’ fournie aux autorités de Bruxelles et au FMI en échange de l’aide promise (Cf. Le journal Kommersant-Ukraine du 6 mars). La « cure » a déjà commencé pour nombre de retraités ukrainiens dont les pensions vont être divisées par 2 (on part de 120 euros mensuel !) alors que le prix du chauffage, dont la distribution sera contrôlée, gageons-le ,par les sociétés occidentales, augmentera fortement.

Toutes ces défaillances dans l’organisation institutionnelle et économique de l’Europe que tente de cacher la rhétorique agressive, la Chine, la Russie mais aussi les US les connaissent bien et savent parfaitement en jouer voire les orchestrer... suivant leurs propres intérêts par exemple en faisant avancer l’OTAN (Snowden dénonce un «bazar européen» au service des États-Unis). C’est bien la triste réalité qui nous sort d’un rêve d’Europe et de responsabilité trop longtemps non exercées à bon escient.

Cet épisode ukrainien peut offrir des moments de vérité dont l’Europe a besoin pour fonder un nouveau sursaut. "Par quelle secousse faudra-t-il passer pour que, demain, une Europe viable puisse s'organiser entre les Etats-Unis et la Chine ?" C’est la question prophétique que posait Jean-Pierre Chevènement dans son ouvrage : 1914-2014, l’Europe sortie de l’histoire ? p. 174, 2013, Fayard

Nous y sommes...

Il pourrait même se faire que le pire soit déjà là...le pire étant « l’indécidable » qui frapperait à nouveau la finance mondiale. Un niveau record de bons du trésors US a été ainsi vendu depuis quelques semaine. Ces ventes vont-elles anéantir les efforts de QE (quantitative easing) déjà menés et la FED devra t elle redémarrer la mécanique dans ce contexte contraire de dé-dollarisation? On ne saura qu’aux environs de mai, quand le TIC (Treasury international capital system) pourra en publier la liste, qui sont les acteurs qui vendent en ce moment. Des hypothèses se dessinent, certes les russes vendent aussi et se désengagent massivement des banques occidentales  -l’exemple de Chypre a porté - mais il semble que ce soient les Chinois qui vendent et rachètent des euros pour faire encore monter la monnaie européenne. La manipulation est étrange, elle viserait à maintenir le niveau du pouvoir d’achat européen pour assurer la demande de produits chinois. Cependant l’euro toujours plus fort détruit l’économie européenne et cette réalité s’impose de plus en plus (cf. A. Mirlicourtois, «Ah, si l’on pouvait dévaluer l’euro !».

 
Commentaires

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  • Par lucuis - 17/03/2014 - 08:38 - Signaler un abus Une bataille qui coutera cher à l'UE et qu'elle perdra

    comme Snowden l'a bien dit "un bazar européen au service des états unis. La Crimée, une fois sortie du giron ukrainien va connaitre la richesse grâce aux normes russes, ce qui va augmenter la tension qui existe déjà dans le reste de l'Ukraine. A la fin, les dindons européens auront donner des milliards et je suis persuadé que l'Ukraine finira par rejoindre la Russie. Ce qui fait peur dans l'affaire c'est le comportement des Etats Unis, un pays qui veux a tout prix engager un bras de fer avec la Russie. OBAMA est surement le pire président que les Etats Unis n'aient jamais eu et je pense qu'il n'a pas fini de foutre le bordel, l'Europe n'a rien à gagner en suivant cet imbécile, elle a tout a perdre. Qu'a t-elle gagné en suivant Bush en Irak ???

  • Par cronos - 17/03/2014 - 08:40 - Signaler un abus Gagner la bataille d’Ukraine..?

    comment des banquiers iraient faire la guerre contre Poutine..?

  • Par De France et de plus loin - 17/03/2014 - 10:01 - Signaler un abus Reveillez vous

    La Russie récupère la Crimée mais le camps occidental "récupère" le reste de l'Ukraine qui est folle furieuse à l’égard de son grand voisin. C'est la victoire de l'ouest, ce qui explique la relative discrétion d'Obama. L'Ukraine va désormais développer ses relations avec l'UE ce qui était l'objectif initial.

  • Par gliocyte - 17/03/2014 - 10:33 - Signaler un abus Très bon article

    Si l'U.E espérait redorer son blason avant les élections, c'est raté. Une grande claque dans le museau de ce toutou à la remorque des américains. D'accord avec @Lucius. Si vous avez envie d'un petit vent frais, dans cette France polluée par les politiques, écoutez le député Laurent Louis dont il est fait mention dans cet article.Il est irrésistible, il a un côté Coluche, très revigorant.

  • Par Anguerrand - 17/03/2014 - 10:34 - Signaler un abus De Gaulle disait " droit à l'autodétermination des peuples"

    Même si l'on peut contester la façon dont le référendum à été organisé il est évident que la grande majorité de la population est russophone . Je n'arrive pas à comprendre la position des occidentaux qui refusent cette évidence, ils veulent redevenir Russes, pourquoi nous nous opposons, de toute façon ça se fera et l'occident se ridiculise. Hollande fait très peur à Poutine mais quand même...!

  • Par Glop Glop - 17/03/2014 - 11:02 - Signaler un abus Un bon article...

    ... non partisan et qui pose les cartes à plat dans le bon sens.

  • Par Glop Glop - 17/03/2014 - 11:08 - Signaler un abus @ gliocyte - 17/03/2014 - 10:33

    Je pense depuis le début que l'affaire Ukrainienne est ce qui va avoir enfin raison de l'UE qui nous a été imposée sans consulter les peuples ou en faisant fi de ses choix. Cette affaire arrive à la queue d'une quantité d'autres et le ras le bol est aujourd'hui aisément palpable.

  • Par Glop Glop - 17/03/2014 - 11:11 - Signaler un abus @ lucuis - 17/03/2014 - 08:38

    Ce qui est amusant c'est de constater à quel point Hussein le démocrate n'a rien d'un démocrate mais tout d'un personnage de sanction. Un islamiste quoi...

  • Par RabatJoie - 17/03/2014 - 11:13 - Signaler un abus @De France et de plus loin

    Une victoire de l'ouest ? Difficilement crédible comme thèse. On récupère la charge d'un pays ruiné, en proie à la guerre civile et dont toutes les régions valables économiquement sont sous contrôle Russe. Sans compter qu'en principe, pour adhérer à l'UE, le pays candidat doit solder ses éventuels contentieux extérieur et être une démocratie crédible. dirigé par des néo-nazi et en situation de guerre aussi bien civile qu'extérieure, l'Ukraine ne rempli aucun critère d'adhésion. Va-t-on bafouer nos propres traités pour récupérer un boulet pareil ? J'ai du mal à imaginer que nos dirigeants tombent si bas. Quoique... donc dans l'affaire, il ne reste que les problèmes à notre charge.

  • Par yt75 - 17/03/2014 - 11:22 - Signaler un abus Atlantisme hystérique

    Il n'y a guère que Merkel qui s'occupe un peu des intérêts Européens dans cette affaire, à comparer à l'époque de la construction du gazoduc transsibérien (Mitterrand, Schmidt) : "The efforts by the US pressure to prevent the construction of the pipeline, and its export embargo of supplies for the pipeline (1980–1984) constituted one of the most severe transatlantic crises of the Cold War."(wiki anglais) Quand la diplomatie Européenne va prendre un peu en compte les intérêts de l'Europe dans cette affaire ? Non on s'en fout complétement ? Que Poutine aille vendre son gaz en chine ? (2 fois plus cher en Asie, champs à mi chemin, projet de pipeline en cour) Et n'oublier pas que la chansonnette "les US nouvelle Arabie Saoudite bientôt exportateurs gaz et pétrole", ignorance ou propagande pure et simple, par ex : http://resourceinsights.blogspot.fr/2014/03/ukraine-russia-and-nonexistent-us-oil.html

  • Par François Homeland - 17/03/2014 - 11:26 - Signaler un abus L'Europe est un nain politique

    et un nain est une "personne de petite taille". Face au géant russe, c'est plié d'avance... Mon pote Vladimir peut dormir sur ses deux oreilles !

  • Par yt75 - 17/03/2014 - 12:01 - Signaler un abus @ François Homeland

    Les chiffres de PIB, ça vous dit quelque chose ? Petit rigolo ... Après que l'Europe soit actuellement dans une hystérie Atlanticiste, ça c'est clair.

  • Par Duffy - 17/03/2014 - 12:39 - Signaler un abus C'est si rare un article lisible.

    On sait si on doit dire bravo ou merci.

  • Par RabatJoie - 17/03/2014 - 12:40 - Signaler un abus Atlantisme hystérique : oui et non

    Il est certain que Merkel et Cameron ne peuvent pas faire autre chose qu'afficher une solidarité de façade avec les USA. Quitte à expliquer en coulisse à Obama où est le véritable intérêt des pays d'Europe. Ce dernier a d'ailleurs mis de l'eau dans son vin : partir au conflit avec comme seul allié le clown de l'Elysée refroidit considérablement ses ardeurs.

  • Par yt75 - 17/03/2014 - 13:12 - Signaler un abus @Rabatjoie

    Je ne serais pas étonné que la "diplomatie française" (et monde économique associé) retrouve aussi un peu la raison. Par exemple : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203376186251-la-communaute-d-affaires-francaise-de-moscou-lance-un-appel-au-calme-657217.php Mais dans tous les cas la situation est hélas dramatique (la crise étant aussi si ce n'est surtout, celle du "pic"(max de débit) mondial de production de pétrole, autour duquel on est actuellement, même si omerta quasi complète à ce sujet) Voir par exemple : http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?f=7&t=28903

  • Par Gamelledebouse - 17/03/2014 - 13:14 - Signaler un abus Souvenir de Munich

    On est frappé par la similitude de l'affaire de Crimée avec la crise des Sudètes qui a mené à Munich . Les dictatures l'emportent toujours sur les démocraties molles quand celles -ci ne sont pas prête à utiliser la force pour défendre leurs beaux idéaux . Et franchement allions-nous mourir pour Sébastopol ? C'était couru d'avance . Les jérémiades occidentales et onusiennes ne sont que de la com pour l'opinion publique et du vent pour Vladimir Vladimirovitch . .

  • Par Léa - 17/03/2014 - 13:15 - Signaler un abus S'en prendre à Poutine, mauvaise pioche.

    Excellent article. A l'occasion de cette débâcle politique, l'UE a révélé à la face du monde sa servilité envers les USA, son incapacité chronique à penser indépendamment de Washington, son totalitarisme, ses dénis de réalité et son ahurissante inanité en matière de diplomatie. Heureusement, elle est aussi faible qu'elle est braillarde. Il n'aurait plus manqué qu'en plus, elle soit militairement efficace. On l'a échappée belle.

  • Par yt75 - 17/03/2014 - 13:46 - Signaler un abus @Gamelledebouse

    Cette comparaison (à laquelle même Hillary Clinton s'est adonné) est TOTALEMENT INEPTE. - Le concept de Lebensraum n'est pas un concept Russe à ce que je sache, et en termes de Lebensraum, la Russie n'en manque pas. - Le pétrole de Baku était un objectif majeur d'Hitler, ça n'est pas l'inverse - Je doute fort que poutine ait envie de subventionner en pétrole ou gaz par cher les pays d'Europe de l'Est, pourquoi pas Corée du Nord et Cuba pendant que vous y êtes, comme c'était le cas pour l'URSS - Poutine n'est pas communiste ! - Qu'il y ait une volonté de constituer une zone de "libre échange" autour de la Russie peut-être, et alors, que font les autres ? - Si vous voulez comprendre quelque chose au monde actuel, regardez déjà ça : - https://www.youtube.com/watch?v=fQJ-0jAr3LQ Et aussi : http://mazamascience.com/OilExport/output_fr/Exports_BP_2013_oil_bbl_US_MZM_NONE_auto_M.png ou : http://mazamascience.com/OilExport/output_fr/Exports_BP_2013_gas_ft3_GB_MZM_NONE_auto_M.png

  • Par Papy Geon - 17/03/2014 - 14:18 - Signaler un abus Une impuissance politique doublée d’une impuissance économique…

    C’est évident, comme il devient évident qu’un mauvais film est en cours de projection devant nos yeux, la mise en scène ayant été finalisée à l’occasion de quelques récents déplacements de personnalités censées représenter les Français. Ce feuilleton doit absolument déboucher sur de graves problèmes financiers, ce qui permettrait de masquer notre déroute économique dans un grand maelstrom, et serait l’occasion d’une remise à zéro des compteurs pour nos minables comptables étatiques. Leur rêve ? annuler ou rembourser notre montagne de dettes avec de la monnaie de singe dévaluée! Ils n’oublient qu’une chose : leur système de nomenklatura est capable de reconstituer la montagne de dettes en moins de dix années après cette remise à zéro. Cependant, et c’est inquiétant, l’agressivité de quelques responsables de chaque côté de l’atlantique cache autre-chose, sachant que les peuples européens ou américains, eux, ne sont pas agressifs ! Il y a quelque-chose, une saloperie qui manipule ces responsables, car ils se conduisent comme des marionnettes, aveugles, sans oreilles, et sans rien au milieu (c’est évident chez nous !).

  • Par JeppMartini - 17/03/2014 - 21:09 - Signaler un abus Pourquoi ne parle-t-on jamais du vote du 23 février 2014 ?

    Pourquoi ne parle-t-on jamais du vote du 23 février 2014 ? Ce jour-là, les nationalistes ont supprimé le statut du russe comme langue régionale, apport majeur du Parti des Régions. Les nationalistes se coulent tout seul en négligeant la moitié est de l'Ukraine. Et tout l'Occident trouvent ces gens formidables... Avec un peu de chances, ils disparaitront après les élections...

  • Par ignace - 18/03/2014 - 01:55 - Signaler un abus Excellent article, trés clair et documenté

    merci

  • Par Le Lampiste - 18/03/2014 - 02:14 - Signaler un abus De vaines illusions, de vrais imbéciles, un gâchis irresponsable

    La boite de Pandore est ouverte, et les vieux démons sont libérés. Plus que Munich, la situation évoque 1789 et les guerres interminables qui secouent l'Europe depuis. Les ultras, néo-nazis, ne sont unis que par la haine des russes. Un défilé d'anciens Waffen-SS a eu lieu en Lituanie le week-end dernier : ces gens là n'ont pas une mentalité de la Guerre Froide, mais croient encore que le Führer vient les libérer d'un communisme qui a disparu il y a un quart de siècle, ce qui commence à dater. Ces fous ne sont pas à l'origine des émeutes. Ce sont les oligarques concurrents du clan Ianoukovitch qui ont mené la danse, excités par les US, qui poursuivent la politique des Neo-Cons, dans la ligne définie en 1900 par Mahan et Theodore Roosevelt : empêcher une alliance Europe-Russie. Les difficultés des USA dans un monde qu'ils voulaient voir sorti de l'Histoire en 1991 et qui redevient multipolaire les rendent dangereusement imprudents. Ces groupes nazis se sont entrainés au combat depuis 91, ils ne vont pas se contenter d'avoir été manipulés et utilisés. Ils n'ont pas de solution politique, craignent les élections, la seule porte de sortie est d'entrainer les idiots dans la guerre.

  • Par undoigtapoutine - 18/03/2014 - 07:57 - Signaler un abus Pas besoin de sanctionner , il faut juste ...

    il faut armer l ' ukraine , ils se debrouilleront sans probleme apres , comme les Afghans , le seul qui y voit clair c ' est Mc Cain , et s ' il tape sur Obama c ' est pour le remplacer bientot , Poutine aura quelqu ' un en face qui ne fait pas semblant et ne fait pas la tapette avec les tigres . Lui il remettra les pendules a l ' heure , les Russes il les connait ; Ah Ah Ah

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Hélène Clément Pitiot

Hélène Clément Pitiot est chercheuse au CEMI- EHESS. Elle a également été maitre de conférence en Sciences Economiques à l'Université de Cergy Pontoise. Elle est spécialiste des problématiques touchant à la Russie. Elle anime son propre blog, le Carnet Viableco.

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