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Pourquoi une Europe où aurait été réussie une intégration politique plus poussée pourrait bien ressembler à... l’Italie

La campagne italienne montre les mêmes divisions et enjeux que l'Europe : assiste-t-on à une italianisation de l'UE ? Ou l'inverse ?

Beau bordel

Publié le

En quoi le contexte actuel de flottement politique et d'alliances incertaines pourrait-il également s'appliquer au continent tout entier dans un cas d'élections transnationales ? 

Je ne crois pas pour ma part que des élections transnationales verront le jour. Je peux me tromper mais il me semble que les cultures politiques restent très différentes d’un pays à l’autre. En revanche, ce qui se passe en Italie peut être transposé à d’autres pays et on peut arriver à imaginer ce que serait le résultat global. La faiblesse de Renzi, c’est celle de tous les partis qui incarnent la gouvernance et la technocratie moderne et ne comprennent pas comment ils n’arrivent pas à se débarrasser du populisme.

La droite italienne est divisée sur l’Europe, comme la droite française et à la différence de la droite allemande qui, de la CDU à l’AfD, n’est pas prête à abandonner le monétarisme.  Malgré tout, la droite italienne est capable de trouver, le temps d’une élection, un dsicours commun et de proposer un conservatisme dur qui se veut une alternative au populisme. Le Mouvement Cinq Etoiles offre le cas intéressant d’un populisme à l’état pur, qui n’a pas eu besoin de prendre à l’arsenal de l’extrême droite pour exister et qui cherche, en passant de Bepe Grillo à Luigi di Maio, à se donner une respectabilité. On a bien senti que tous les partis dénonçant l’Europe cherchaient progressivement les moyens de s’installer dans la constructiuon européenne pour la transformer de l’intérieur. C’est là que les élections transnationales dont vous parlez pourraient prendre leur sens. Mais il me semble que les forces de désintégration de l’UE vont plus vite que les efforts de ceux qui veulent la réformer. Ce soir nous connaîtrons à la fois le résultat des élections italiennes et celui du vote du SPD pour ou contre la Grande Coalition. Il est probable que les partisans de la Grande Coalition au sein du parti social-démocrate allemand vont l’emporter mais Madame Merkel sera malgré tout une chancelière en sursis; Et imaginons que l’Italie se révèle ingouvernable à la sortie des urnes, l’Union Européenne s’enfoncera un peu plus dans ses contradictions internes. 

 
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Edouard Husson

Edouard Husson est historien. Ancien vice-chancelier des universités de Paris, ancien directeur général d'Escp Europe, il a fait ses études à l'Ecole normale supérieure et à Paris Sorbonne, dont il est docteur en Histoire. Edouard Husson a été chercheur à l'Institut für Zeitgeschichte de Munich (1999-2001) et chercheur invité au Center For Advanced Holocaust Studies de Washington (en 2005 et 2006). Il a également été fait docteur honoris causa de l'Académie de Philosophie du Brésil (Rio de Janeiro) pour l'ensemble de ses travaux sur l'histoire de la Shoah.

Il est aussi vice-président de l'université Paris Sciences et Lettres (www.univ-psl.fr)

 

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