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Pourquoi l'Europe ferait bien de prendre Silvio Berlusconi au sérieux quand il menace la survie de l'euro

Le président de Forza Italia envisage de mettre en place une "monnaie parallèle" à la monnaie européenne pour que l'Italie puisse "retrouver sa souveraineté monétaire".

Eau qui dort

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Pourquoi l'Europe ferait bien de prendre Silvio Berlusconi au sérieux quand il menace la survie de l'euro

Dans une interview donnée au journal "Libero Quotidiano", Silvio Berlusconi a avancé l'idée de la création d'une monnaie parallèle afin que l'Italie puisse "retrouver sa souveraineté monétaire". Alors que le parti de l'ancien Président du conseil, Forza Italia, tend à se rapprocher de la Ligue Du Nord de Matteo Salvini, dans quelle mesure une telle proposition pourrait-elle marquer une nouvelle étape dans ce processus de renouvellement de leur alliance ? Quelles seraient les chances de voir une coalition de droite emporter les élections générales de 2018 ?

Christophe Bouillaud : Depuis quelques bonnes années déjà, la Ligue du Nord s’est positionnée sur un créneau très eurosceptique. L’Union européenne en général et l’Euro en particulier sont à la source de tous les maux de l’Italie. Ce discours a encore été accentué depuis que Matteo Salvini a pris la tête du parti et qu’il a cherché à le positionner au cœur d’une alliance paneuropéenne des extrêmes-droites, avec par exemple le FN français et le FPÖ autrichien.  De leur côté, les héritiers de la tradition néofasciste italienne se reconnaissent principalement, tout au moins sur le plan électoral,  dans « Frères d’Italie » (Fratelli d’Italia) un parti, dirigé par une femme, Giorgia Meloni, qui a choisi lui aussi un positionnement eurosceptique. C’est là une rupture avec le virage europhile du leader des post-néofascistes des années 1990-2000, Gianfranco Fini, qui avait été l’un des « Constituants européens » de 2003-2005. Il ne reste du coup qu’une seule composante officiellement europhile dans l’alliance des droites, à savoir le parti de Silvio Berlusconi. ForzaItalia est en effet membre du Parti populaire européen (PPE). La proposition de double monnaie constitue donc un moyen de faire à nouveau l’alliance des droites qui avait porté au pouvoir Silvio Berlusconi en 1994, 2001 et 2008. De cette manière, on peut envisager un « programme commun » des droites italiennes : on promettrait de quitter l’Euro sans le quitter vraiment.

Cette manœuvre est d’autant plus importante pour l’union des droites que si l’on reste avec la loi électorale actuelle, soit « l’Italicum » tel que modifiée par une décision de la Cour constitutionnelle italienne, il y a tout intérêt à présenter une liste unique des droites pour espérer atteindre le seul des 40% des voix qui donnerait accès à la prime de majorité de 55% des sièges à la Chambre des députés – la question du Sénat resterait elle ouverte vu la divergence des lois électorales entre les deux Chambres. Mais cela donnerait l’avantage aux droites pour gouverner.

Par ailleurs, après des premiers ministres tous issus du centre-gauche depuis 2013 (Letta, Renzi, Gentiloni), il est logique que le balancier de l’opinion reparte nettement vers la droite. Le M5S est clairement en difficulté face à ce retour de la politique ordinaire des années 1990-2000. Une victoire de cette dernière est donc possible, alors qu’en 2013 c’est elle, la droite, qui avait le plus perdu.

 
Commentaires

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  • Par Olivier62 - 23/08/2017 - 11:40 - Signaler un abus l'UE, machine à dissoudre les peuples européens

    L'aventure de l'Union Européenne tourne au cauchemar ! Pour les pays du sud et la France, l'expérience se révèle catastrophique du point de vu économique (ne parlons même pas de la Grèce), et voilà qu'à l'euro s'ajoute les migrants en masse innombrables que les métisseurs fous de Bruxelles veulent imposer en plus, ce qui suscite la révolte des pays de l'est ! Quant aux Anglais ils quittent le navire -ça doit bien être pour quelque chose. Mais en France on est bien sage : on restera jusqu'au bout à bord du Titanic...

  • Par cloette - 23/08/2017 - 12:03 - Signaler un abus Berlusconi a compris qu'il était à bord du Titanic

    et il réclame son radeau et sa bouée . Nous en France on boira le calice jusqu'à la lie, c'est à dire qu' on boira la tasse !

  • Par assougoudrel - 23/08/2017 - 12:35 - Signaler un abus Le Titanic a coulé dans

    une mer propre. Dans quoi allons-nous couler, car ça sent très mauvais de partout. Quand il coulera, qui aurons-nous à la barre?

  • Par Ganesha - 23/08/2017 - 12:46 - Signaler un abus Mettre quelques journalistes en prison ?

    Excellent article ! Ce qui sera vraiment ''à se tordre de rire'', c'est de voir d'autres pays européens appliquer, avant la France, la ''si mauvaise proposition'' de Marine Le Pen au second tour. Presque tous les soirs, dans ''C'est dans l'air'', ou dans les autres débats politiques, on entend l'une ou l'autre crapule de ''journaliste de référence'' faire mention de ce soi-disant ''désastre'' ! C'est à se demander si, finalement, Erdogan n'a pas raison de mettre quelques journalistes en prison ?

  • Par Michèle Plahiers - 23/08/2017 - 13:50 - Signaler un abus Pour ou contre l'Europe

    Ceux qui sont pour vous diront, si on quitte l'Europe, la Russie, la Chine et l'Amérique ne feront qu'une bouchée de notre vieille civilisation. Les contre bien sûr, en premier: Quatremer et Verhofstadt, les chantres du libéralisme (les seules personnes pour lesquelles j'avoue avoir une aversion totale). Mazette. que faire. comme J'aime beaucoup Oliviier Todd et que semble-t-il nous sommes de toute façon condamné. Autant finir en beauté et se sortir de l'Europe. entre deux foutoirs, je choisi le plus digne. bon, je ne voterai jamais Le Pen, pas possible, Fillon a rejoint les connards. Aucun homme à gauche ne se risque à affronter le défi,...

  • Par toupoilu - 23/08/2017 - 14:06 - Signaler un abus Excellent article.

    Et la c'est la droite classique qui le propose, c'est à dire que s'ils ne changent pas d'avis, comme ils arriveront au pouvoir, les probabilités que ça se fasse sont très réelles. Et honnêtement, pour l'Italie, il est plus que temps. Des qu'elle sortira du boulet de l'euro, elle repartira, et la, j'attends les commentaires des journalistes, et en particulier du primus inter pares des journalistes économiques, JMSylvestre himself. :D

  • Par vangog - 23/08/2017 - 14:43 - Signaler un abus politique de gauche = précarité et endettement!

    les italiens n'en peuvent plus de cette gauche soumise à Bruxelles, et de la désindustrialisation sévère qu'elle fait subir à l'Italie. Silvio Berlusconi a eu une excellente idée, qui risque de faire mouche! Une union sacrée contre la dictature européiste, et une alliance avec Matteo Salvini et Giorgia Meloni sont d'excellents augures!

  • Par charleswinston - 23/08/2017 - 15:01 - Signaler un abus charleswinston

    On voit bien dans cet article toutes les conséquences secondaires néfastes de l'euro.

  • Par Ganesha - 23/08/2017 - 15:13 - Signaler un abus Démence sénile ?

    Il faudrait vraiment créer un logiciel de ''correction automatique'', pour rendre compréhensible certains commentaires parfaitement absurdes que l'on trouve sur ce site ! Exemple : la politique ultra-libérale de la Commission de Bruxelles, la Concurrence libre et non faussée, c'est une politique ''de gauche'' ? Un neurologue pourrait peut-être nous indiquer si une telle confusion des valeurs est un symptôme de démence sénile ?

  • Par Michèle Plahiers - 23/08/2017 - 15:35 - Signaler un abus Politique de gauche précarité

    La Grèce s'en sortait mille fois mieux avant le grand marché européen. La dette, Asselineau la très très bien expliqué. Faire miroiter aux pauvres un avenir radieux se composant de la dernière machine à laver, la voiture qui fera bander les nanas (lire Bernays), je ne continue pas, vous avez saisi. Vous créez tout un système de prêts, d'endettement (2008,...banque Carrefour), vous planquez votre argent dans les paradis fiscaux. Les pauvres commencent tout doucement à comprendre qu'ils se sont fait avoir. Que leur femme divorcent parce que le voisin en a une plus grosse (résultat: on passe ai FN, ceux qui bandent dur). On introduit la confusion dans les repères classiques (mariage homo), la vente de prozac et d'anti-dépresseur monte en flèche. Les gens se mettent à voter à droite. Pas de problème: excellent pour la vente des armes. Le grand Marché s'y retrouve toujours. Sauf qu'avec le Che la gauche bandait dur, maintenant avec Hollande,... j'ai pas demandé à Gayet,...

  • Par J'accuse - 23/08/2017 - 15:39 - Signaler un abus Analyse académique

    1) Il n'y a pas d'électeurs de droite et de gauche, mais des votes pour des partis qui s’étiquettent à tort ou à raison de droite et de gauche, avec une porosité de 75% entre les deux d'un scrutin à l'autre. 2) Être anti-migration massive et incontrôlée ne veut pas dire être xénophobe. 3) le fascisme n'est pas de droite. 4) Berlusconi n'est ni pro ni anti-UE; il est ce qui lui permet de gagner (c'est un pragmatique cynique, à l'opposé des dogmatiques hypocrites). Conclusion: peut-on vraiment faire une analyse sensée avec des visions caricaturales?

  • Par Michèle Plahiers - 23/08/2017 - 15:42 - Signaler un abus Politique de gauche précarité

    Politique de gauche précarité?.... La Grèce s'en sortait mille fois mieux avant le grand marché européen. La dette, Asselineau la très très bien expliqué. Faire miroiter aux pauvres un avenir radieux se composant de la dernière machine à laver, la voiture qui fera bander les nanas (lire Bernays), je ne continue pas, vous avez saisi. Vous créez tout un système de prêts, d'endettement (2008,...banque Carrefour), vous planquez votre argent dans les paradis fiscaux. Les pauvres commencent tout doucement à comprendre qu'ils se sont fait avoir. Que leur femme divorce parce que le voisin en a une plus grosse (résultat: on passe au FN, ceux qui bandent dur). On introduit la confusion dans les repères classiques (mariage homo), la vente de prozac et d'anti-dépresseur monte en flèche. Les gens se mettent à voter à droite. Pas de problème: excellent pour la vente des armes. Le grand Marché s'y retrouve toujours. Sauf qu'avec le Che la gauche bandait dur, maintenant avec Hollande,... j'ai pas demandé à Gayet,...

  • Par OLYTTEUS - 24/08/2017 - 19:25 - Signaler un abus France Italie sœurs dans la détresse de l'Euro

    Beaucoup de données sociologiques dans cet article peuvent être attribués aussi à la France. Il n'y a jamais eu dans le monde de monnaie unique pour des pays différents, les USA sont une fédération ce que n'est pas l'Europe, donc l'Euro affaiblit les faibles...pratiquement tous les pays en dehors de l'Allemagne.

  • Par ajm - 24/08/2017 - 23:44 - Signaler un abus Illusions autour de l'euro.

    Attention, l'Euro est peur-être une utopie politique et economique mais s'imaginer que sans l'euro chacun pourrait retourner à ses vieux démons de gestion à la n'importe quoi est une grossière erreur. La France sans l'euro , comme l'Italie, c'est beaucoup de discipline budgétaire à accepter avec une politique libérale de compétitivité externe sans garde-fou de BCE et la Bundesbank comme garant implicite. Quitter l'euro c'est plus de rigueur dans un libéralisme affirmé sous peine de rentrer dans une déchéance socialo-chaviste.

  • Par vangog - 24/08/2017 - 23:52 - Signaler un abus @ajm admettons qu'on conserve l'Euro...

    mais en supprimant la directive travailleurs détachés, Schengen, mare-nostrum, la CEDH, la CDJE, la grosse commission...Laurent Wauquiez accepterait-il ce deal de conquête du pouvoir?...

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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