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Pourquoi il est urgent d’enseigner la gestion de l’échec à l’école

Plus qu'un enseignement de l'entrepreneuriat qu'elle aura bien du mal à mettre en place, l'école devrait plutôt apprendre à ses élèves à suivre leur voie, quitte parfois à expérimenter et se tromper, pour que chacun finisse par trouver le chemin vers l'emploi et mette ses talents au service de la société.

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Entre le choix politique du brassage social, encore rappelé par François Hollande dans sa campagne électorale, et le choix parental du meilleur parcours pour leurs enfants, le jeu continue. Contrairement à ses principes et à ses dires, l’État n’a pas le pouvoir de réaliser la même qualité d’éducation d’une classe à l’autre ni d’un établissement à l’autre. D’un autre côté, tous les parents n’ont pas les mêmes préoccupations, les mêmes talents ni les mêmes pouvoirs pour organiser le parcours scolaire de leurs enfants.

A entendre François Hollande lors de la clôture des Assises de l’entrepreneuriat, cet épuisant débat n’est pas la préoccupation principale des élèves : "Il y a quelques semaines, je recevais des jeunes, ici, qui avaient été choisis en fonction de la diversité de notre société.

L’une des plus grandes critiques qu’ils faisaient était qu’ils n’avaient pas été orientés comme ils l’avaient espéré ; qu’un certain nombre de filières ne leur avaient pas été présentées. Ils ajoutaient qu’ils auraient voulu que des chefs d’entreprise viennent dans les établissements leur montrer ce qu’ils faisaient." Ce témoignage suffira-t-il à convaincre les gestionnaires de fait du système éducatif ?

Comment pourrait-on davantage éduquer à l'échec ? Par quels moyens concrets ? Faudrait-il notamment revenir à des systèmes de notation plus stricts ?

Dans un système monolithique et pyramidal, ne pas être au sommet est un échec et, si on se rapproche du sommet, ne pas être numéro un est aussi un échec. Mais on peut avoir une autre conception de l’homme et de la société. Dans une vision pré-libérale, la société était conçue davantage comme un corps que comme un marché. Dans un corps, il n’y pas de concurrence entre les membres, mais chacun d’entre eux a son utilité au service de l’ensemble. Cela signifie que le rôle de l’éducation et, au sein de l’éducation, du système scolaire et universitaire, peut davantage être conçu comme un milieu où chacun trouve son chemin vers l’emploi qui lui permettra de mettre ses talents au service de l’ensemble. On remarquera que cela le fait davantage entrepreneur de sa propre vie qu’un système concurrentiel où seul le sommet compte et où la voie de la réussite est considérée comme unique.

La notation a nécessairement son rôle dans ce processus de découverte. Il devrait pourtant être évident qu’une notation peut ouvrir des chemins plutôt que d’en fermer. Pour cela, elle devrait être un processus d’accompagnement des élèves. Les entrepreneurs sont sans doute des êtres atypiques qui n’entrent pas dans les critères d’évaluation standardisés. Faut-il rappeler que les mémoires d’Antoine Riboud, fondateur du groupe Danone, s’intitulent Le dernier de la classe.

 
Commentaires

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  • Par la saucisse intello - 06/05/2013 - 10:01 - Signaler un abus Aprés la mafia.....

    des rond-points, voici la mafia des passages souterrains.......entre le lycée, la fac.....et le pôle-emploi le plus proche. DEUX avantages : 1) ça sciera un peu moins le moral des (trés rares) actifs car ça se passera sous leurs pieds et pas sous leur nez ! 2) ça diminuera les morts de piétons pour la même raison !....et en prime, ça engraissera le B.T.P et (surtout !) les élu(e)s !.......Géniale, la saucisse ! Je comprends pourquoi TOUS les ministères se battent pour lui faire avoir la rosette !

  • Par Duffy - 06/05/2013 - 12:16 - Signaler un abus supprimer l'EN supprimer la carte scolaire

    Ca sera plus efficace. Autonomie des académies Autonomie des etablissement Financement régional de l'éducation.

  • Par Duffy - 06/05/2013 - 12:16 - Signaler un abus supprimer l'EN supprimer la carte scolaire

    Ca sera plus efficace. Autonomie des académies Autonomie des etablissements Financement régional de l'éducation.

  • Par mikeoscar - 06/05/2013 - 12:49 - Signaler un abus Réflexion

    Que vaut tout ce charabia sur la création d'entreprise alors que 15% des jeunes sortent du système scolaire sans savoir lire et écrire correctement? Commençons par là et chacun pourra se déterminer en fonction de ses envies et ses compétences. pour se mettre à son compte, il y a à la base ....l;envie.

  • Par Alex de M. - 06/05/2013 - 13:31 - Signaler un abus Gestion de l'échec ?

    Ne serait il pas beaucoup plus urgent de former le gouvernement, l’Élysée et autres gôchards à la gestion de leur échec ?

  • Par ZOEDUBATO - 06/05/2013 - 19:41 - Signaler un abus Et en attandant de trouver son chemin de Damas

    l'élève vivra en parasite social sur le travail des autres Votre avenir jeunes lycéens : morpions, tiques, puces et autres suceurs de sang

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Gérard Thoris

Gérard Thoris est maître de conférence à Sciences Po. il a notamment rédigé une Analyse économique des systèmes (Paris, Armand Colin, 1997), contribue au Rapport Antheios et publie régulièrement des articles en matière de politique économique et sociale (Sociétal, Revue française des finances publiques…).

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