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Pourquoi l'électrochoc Hollande laisse la gauche orpheline du seul candidat qui aurait pu garantir son unité

En renonçant à se représenter devant le suffrage des Français pour un second mandat, François Hollande met aujourd'hui le Parti socialiste face à ses propres divisions.

Et maintenant qui ?

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Pourquoi l'électrochoc Hollande laisse la gauche orpheline du seul candidat qui aurait pu garantir son unité

Atlantico : Par le rejet que François Hollande suscitait au sein de la gauche socialiste, il réussissait à maintenir une forme de cohésion dans son camp. Maintenant qu'il s'est retiré de la course, que reste-t-il de cette cohésion ?

Christophe Bouillaud : Il me semble qu'il reste surtout le fait que la droite apparaît en bonne position pour gagner la présidentielle et ensuite les législatives.

Il y aura nécessairement une obligation pour les personnes qui font carrière au Parti socialiste de se regrouper autour d'un candidat qui représente le PS et soit capable de faire un score à peu près correct à la présidentielle.

Les candidats restants (probablement Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, pour citer les trois principaux) auront tous intérêt à maintenir l'unité du parti même s'ils sont battus à cette primaire, dans la mesure où la carrière politique des personnes qui les soutiendront ne sera assurée que si le PS est capable d'avoir une "honorable" défaite en 2017.

Ce retrait de François Hollande peut-il aggraver l'état de tension, d'affrontement et de division au sein du Parti socialiste ?

Christophe Bouillaud : Je pense que oui, au moins dans un premier temps, dans la mesure où l'enjeu de la primaire de la Belle Alliance Populaire devient extrêmement fort. C'est l'orientation idéologique à moyen terme du Parti socialiste qui est en jeu. Une victoire de Manuel Valls ou d'Arnaud Montebourg, qui sont les deux candidats ayant a priori le plus de chances de gagner, sera forcément un choix très marquant pour le parti. Cela déterminerait également à partir de quelle opposition il sera amené à se reconstruire sur la longue durée.

Il y a aussi le rapport avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, car il est évident que pour lui, il serait important que Manuel Valls gagne cette primaire, pour qu'il puisse se revendiquer comme étant le seul candidat véritablement "de gauche". Si c'est Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, l'hésitation d'une grande partie de l'électorat de gauche serait assez forte.

L'annonce du président de la République peut-elle avoir un effet sur la démarche présidentielle d'Emmanuel Macron ?

Christophe Bouillaud : Elle peut avoir l'effet inverse par rapport à ce que nous venons de voir avec Jean-Luc Mélenchon. Si les électeurs de gauche choisissent Arnaud Montebourg, cela ouvre un espace non négligeable pour Emmanuel Macron. Inversement, si c'est Manuel Valls qui ressort vainqueur de la primaire, Emmanuel Macron apparaîtra comme très isolé. D'autant plus que le vainqueur de la primaire aura la légitime de millions d'électeurs, alors que lui ne se retrouvera qu'avec ses quelques dizaines de militants...

Cette décision ne peut-elle pas mettre en difficulté tous ceux qui ont construit leur rhétorique, leur discours, leur axe de campagne autour du rejet de François Hollande et de son bilan ?

Christophe Bouillaud : Celui qui aura le plus de difficultés, c'est Manuel Valls, qui sera obligatoirement un peu comptable de ce qui a été fait. En revanche, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon pourront dire qu'ils avaient protesté depuis le début du quinquennat et qu'ils n'ont pas été entendus. Il y a quelques années, Arnaud Montebourg avait déjà rendu public certain documents montrant qu'il avait essayé de faire pression sur François Hollande pour changer de politique. Il pourrait très bien ressortir ces documents pour souligner le fait que la situation actuelle confirme son analyse initiale.

L'opposition interne au sein du PS est aujourd'hui très fortement légitimée. François Hollande lui-même reconnaît que ni l'électorat de gauche, ni l'électorat en général ne veut de cette politique.

 
Commentaires

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  • Par corbon1943 - 02/12/2016 - 08:59 - Signaler un abus SANCHO PANZA renonce mais ROCINANTE se prépare ;

    ROCINANTE , sinistre de l'intérieur lors de Charlie Hebdo ( etc ) et premier sinistre lors de Bataclan et Nice ( etc ) ; signé par contribuable parisien historique ;

  • Par assougoudrel - 02/12/2016 - 09:27 - Signaler un abus La Gauche orpheline

    Avec un tel père, il vaut mieux être pupille de la Nation. Je me contente de lire les titre pour tout ce qui concerne la Gauche, car je n'ai pas de temps à perdre. Ce matin, j'ai entendu une ministre sur Eur1, dire que Boufchidor 1er est un héro national qui a remis le pays sur pied.

  • Par abracadarixelle - 02/12/2016 - 09:32 - Signaler un abus Garantir son unité ??

    Contre elle alors §

  • Par ISABLEUE - 02/12/2016 - 10:18 - Signaler un abus bon, on a bien rien au début,

    au milieu un peu moins. Maintenant voyons sa famille politique se déchirer et assistons au crépuscule des petits caïmans. Tout ça pour ça !!!! MOIJE n'en a décidément pas... faisait plus le fier après Sarkozy....

  • Par jurgio - 02/12/2016 - 14:07 - Signaler un abus La Gauche a cru que Hollande pouvoir remplacer le petit Nicolas

    aurait pu remplacer glorieusement un petit Nicolas. Mais nous n'avons eu que la triste réalité d'un François très petit.

  • Par Deudeuche - 02/12/2016 - 14:15 - Signaler un abus En se mettant à leur place pour sauver les meubles

    Montebourg est de loin le meilleur candidat, à la fois archéo-socialiste et très cathodique, un brin protectionniste et le moins entaché par ce gouvernement. Souhaitant la destruction politique du PS je préférerait Valls mais dans leur peau Montebourg serait le meilleur. Il est à la fois proche de la gauche économique et fonctionnaire et de la gauche sociétâââle.

  • Par Liberdom - 02/12/2016 - 14:39 - Signaler un abus Le choix des termes

    Orpheline la gauche ? Avec tous ses pères spirituels de Marx en passant par Lénine, Trotski, Mao et Pol Pot, il n'y a que les exégètes tordus de Science Pot pour parler d'orphelin. Quand se décidera-t-on objectivement à confronter les idées de gauche à leur effets délétères : assassinats massifs de populations ou de groupe religieux ou ethniques; misère et famine, recul des libertés... C'est ça la réalité que nous devons à ces orphelins de merde.

  • Par tapio - 02/12/2016 - 15:21 - Signaler un abus L'étonnante nouvelle vient de tomber, j'en suis tout abasourdi

    Il a décidé de se retirer, au moment où la réussite était enfin là, après cinq ans d'efforts soutenus par une volonté sans faille. Et puis, dimanche dernier, l'apothéose : il venait d'infléchir la courbe de ses échecs. Et il revenait tout juste d'Abou Dhabi auréolé de son succès avec son bolide, Nicolas ... Quoi, qu'est-ce que vous dites ? C'est demain Abou Dhabi, et pas la semaine dernière ? Et le "bolide", un pédalo ? Et Nicolas, éliminé depuis huit jours ? On voit que vous ne connaissez pas Nico Rosberg ...

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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