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Pourquoi la droite fait face à la perspective de défaites cinglantes

Selon un sondage datant de décembre 2017, seulement 12% des Français feraient le choix des Républicains aux élections européennes de 2019 malgré l'élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti. Une défaite cinglante est donc encore à envisager pour le parti de droite.

Elections européennes

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Pourquoi la droite fait face à la perspective de défaites cinglantes

Atlantico : Avantage de fait comparativement au PS, les LR disposent désormais d'un chef en la personne de Laurent Wauquiez. Cependant, selon un sondage datant du mois de décembre dernier seuls 12% des Français feraient le choix des LR pour les élections européennes de 2019. La droite est-elle en panne d'idées ? A-t-elle encore quelque-chose à dire pour éviter une défaite électorale qui pourrait l’entraîne à la 4e voire à la 5e place des formations politiques lors de ces scrutin ? 

Maxime Tandonnet : Pour l’instant, ce n’est pas tellement une affaire d’idées, mais d’image.

Le débat d’idées n’existe pas. L’équipe au pouvoir n’a pas spécialement d’idées, elle met plus ou moins en œuvre quelques slogans de campagne présidentielle par exemple sur la taxe d’habitation ou l’impôt sur la fortune. Si, dans les sondages, LREM semble avoir toujours le vent en poupe, c’est parce qu’il est encore sur sa lancée de 2017. Le parti incarne toujours aux yeux des Français le nouveau monde face à l’ancien, le renouvellement, la jeunesse et la modernité. Sur les institutions, la démocratie française, la sécurité, l’école, l’immigration, l’Europe, l’économie, le social, les impôts, l’international, il ne propose pas la moindre idée un tant soit peu nouvelle et originale par rapport aux gouvernements précédents. Mais l’image reste bonne. Elle bénéficie d’un contexte international de croissance et d’optimisme qui est très favorable. Cette réussite est surtout fondée sur une double illusion de modernité et d’autorité. Sur le chômage, la désindustrialisation, les prélèvements obligatoires, la dette publique, la violence, les zones de non droit, la liberté d’entreprendre, la maîtrise des frontières, par-delà les coups de menton et les gesticulations, aucune décision ne permet d’espérer une substantielle amélioration. Pour l’instant, la posture triomphe. Dès lors la droite souffre pour l’instant, par rapport à LERM, d’un déficit d’image. Les idées n’ont plus grand rapport avec la politique française, devenue un grand spectacle, un show médiatique et une manipulation de grande ampleur de l’opinion. L’opposition républicaine ne s’en sortira pas, aussi longtemps que la belle illusion va perdurer. Sa mission est triple aujourd’hui : faire prendre conscience aux Français de la réalité, se donner une nouvelle image qui inspire la confiance et enfin, essayer justement de recentrer la vie politique sur le débat d’idées et non plus la posture. Le défi est colossal…

Alain-Gérard Slama : Le problème de la droite vient de loin. Il est issu de la dernière campagne de Sarkozy en 2012. Un contresens a été fait et s’est développé à travers le thème de la « droite sans complexe ». Même s’il y a dans ce raisonnement quelque chose de juste, en l’occurrence l’existence d’une droite et d’une gauche, et cette bipolarité est une réalité depuis l’après 1962. Le président élu, souvent la droite et en 81 la gauche, devait prendre en compte une partie du programme de son centre pour se constituer une majorité. Et cette logique là a permis aux différents présidents de gouverner au centre et non pas du centre – je vous renvoie pour cela au cours d’histoire de Sciences Po qui montre que le centre n’a jamais été stable. C’était une fonction d’appoint, mais un gouvernement du centre ne tient pas, parce qu’il est trop faible, soit, comme aujourd’hui, avec une large majorité comme celle de M. Macron, il se divise tôt ou tard sur des sujets qui ne tarderont pas à se manifester quand l’époque des godillots macroniens, c’est-à-dire quand les premières années du nouveau quinquennat, seront passés. Ce sera la question de l’Europe, de l’immigration, de la fiscalité, du creusement des inégalités. Un fossé apparaitra au sein de cette majorité pour l’instant disciplinée par l’intérêt bien compris de ses participants tenus d’une main ferme par le pouvoir.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 09/01/2018 - 10:32 - Signaler un abus Quel bla-bla, Slama!

    Vous avez eu raison de ne pas évoquer une seule fois le Front National, dans cet article évoquant la « droite »...Car le Front National est devenu le centre de gravité de la vie politique française, et éclipse de plus en plus le centre-girouette disparu corps-et-âme avec Bayrou-rou-rou, et le faux-nez du socialisme rebaptisé Macroniste...quelles statistiques pour le Front-National aux élections européennes?...allez, un peu de courage, Slama, à moins que vous ayez peur de perdre l’accréditation Macron-Rothschild-NOM?...

  • Par Borgowrio - 09/01/2018 - 11:14 - Signaler un abus Le sursaut ou ... La glissade

    Le manque flagrant de pluralisme de la presse est déterminant dans l'opinion. Pour les indécis, le slogan ... Droite gauche tous pourris a fait mouche . J'ai l'espoir d'un sursaut car le résultat de cette offensive médiatique anti droite , provoque un paysage politique que beaucoup de français ne veulent pas

  • Par kelenborn - 09/01/2018 - 15:25 - Signaler un abus J'allais dire méchamment...

    qu'Atlantico fait la sortie des hospices ( Sylvestre, Hausser Garibal, ..maintenant...) Non, ce serait une méchanceté aussi gratuite qu'injuste et je le garde pour d'autres. Beaucoup de choses justes dans ce texte mais, il y a deux questions majeures qui expliquent à mon sens le malheur de la droite: 1; La fameuse trilogie de René Rémond est morte: la troisième droite, la bonapartiste (cela peinera Guaino ) est MORTE parce que la France du général, le dernier "Bonaparte" est morte en 1940 (pas le 18 juin). La France n'a plus les moyens d'être la France éternelle, même pas les moyens culturels! Il reste la France légitimiste mais celle la est morte depuis 1793 et le grotesque de De Villiers , se sentant écolo sur le tard comme ses vieux chouans l'illustre. Il reste en revanche un flambeau à reprendre qui est celui de l'identité face à la menace islamique mais ce n'est pas la seule. Quant à l'orléaniste c'est la seule triomphante mais à quel prix que sein d'une europe devenue espace de sous-développement durable. Or le problème de la droite est que les deux sont inconciliables: choisir l'Orléanisme c'est choir la réduction de la dette et rompre le pacte (suite)

  • Par kelenborn - 09/01/2018 - 15:30 - Signaler un abus suite

    rompre le pacte avec un système d'endettement qui protège actuellement les classes moyennes: celles qui ont voté Macroléon et c'est, en l'état s'interdire de dire à l'élite bobocratique: fini: vos migrants et vos barbus collez vous les au cul! La seule porte est celle d'une restauration du paradigme du progrès technologique ( mise hors la loi des écolos et des peurs génératrices de normes qui paralysent l'économie, pari et investissement sur les nouvelles technologies) on en a peut être encore les moyens, certainement pas la volonté et c'est pour cela que le bateau va pourrir sur la route de Sainte -Hélène! On est mal !

  • Par kelenborn - 09/01/2018 - 15:32 - Signaler un abus NB

    Le2 c'était évidemment la stratégie économique

  • Par winnie - 09/01/2018 - 18:30 - Signaler un abus Depuis combien de temps le dis je ?

    Le bateau coule normalement!!!

  • Par clint - 09/01/2018 - 21:20 - Signaler un abus 2 quinquennats de Macron quasi assurés et un "Trump" après!

    Le FN de MLP et la droite qui torpille Wauquiez vont faciliter la réélection de Trump. Après il y aura un candidat qui pourra réunir les "vraies" et qui sera ni MLP, ni Dupont Aignan, ni Wauquiez : une vraie droite non gauchiste (Philippot), ni "besogneuse" (Dupont A) ni "lèche-centristes" dans la réalité (Wauquiez) !

  • Par Liberte5 - 09/01/2018 - 22:33 - Signaler un abus E. Macron marche sur l'eau, mais cela va changer ........

    quand les réalités quotidiennes vont prendre le dessus. La hausse de la CSG pour les retraités a commencé faire bouger les lignes. Le chômage qui va se stabiliser entre 9 et 9,5%..La criminalité, l'insécurité vont continuer à grimper.L'immigration et l'islamisation de la société vont augmenter. La dette ne va pas baisser. Notre balance commerciale va continuer à être déficitaire. L'éducation nationale, malgré les efforts du ministre , continuera à être un vaisseau ivre balloté par le pédagogistes et les gauchistes. Je pourrai continuer à lister tous les maux dont souffre la France, c'est inutile. L. Wauquiez doit s'appuyer sur les classes moyennes , sur la France profonde et périphérique pour bâtir son programme. Cette France doit retrouver la confiance dans un projet bâti pour elle, avec tout ce que cela comporte. Il devra aussi promettre qu'il ne tremblera pas contre le politiquement correct et la haute fonction publique qui tiennent le pays.

  • Par ajm - 09/01/2018 - 22:50 - Signaler un abus Le pouvou

    Le problème ce n'est pas tant d'avoir le pouvoir c'est de savoir quoi faire pour remettre la France sur les rails sans se soucier de sa popularité ni de sa possible non réélection. La lucidité pour faire le bon diagnostic et le courage et la persévérance après

  • Par ajm - 09/01/2018 - 22:51 - Signaler un abus La question n'est pas de prendre le pouvoir mais de l'exercer

    Coupé avant de finir le titre !!

  • Par ajm - 09/01/2018 - 22:57 - Signaler un abus Mai 1940 et le principe de précaution.

    En fait il faut relire " L'etrange défaite" de Marc Bloch. Mai 1940 , c'est au fond l'application du principe de précaution à un pays en guerre. Evidemment, si on est cynique, cela a marché avec un taux de décès par rapport â la population Française de 1.5% contre 7% en Allemagne, 14 ou 15% en URSS, 20% en Pologne, près de 10% en Grèce.

  • Par jurgio - 10/01/2018 - 16:18 - Signaler un abus La Droite ne gagnera pas !

    parce que les médias le disent et le répètent.

  • Par JonSnow - 10/01/2018 - 20:06 - Signaler un abus Trop modérés!

    Ces deux commentateurs ont quelques réflexions intéressantes, mais ils sont trop modérés pour moi dans l'ensemble. Il faut cesser de penser sur le modèle français et étudier plutôt comment le modèle autrichien a fonctionné. Avec Macron occupant un large centre, l'alliance sur sa droite est la seule piste d'avenir pour la droite. A condition d'avoir un FN plus crédible et moins repoussoir.

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Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet est un haut fonctionnaire français, qui a été conseiller de Nicolas Sarkozy sur les questions relatives à l'immigration, l'intégration des populations d'origine étrangère, ainsi que les sujets relatifs au ministère de l'intérieur.

Il commente l'actualité sur son blog  personnel

 


 

 

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Alain-Gérard Slama

Alain-Gérard Slama est un essayiste, journaliste et historien de droite français. Il collabore également aux revues suivantes : Vingtième siècle, L'Histoire, Politique internationale, Droits, Pouvoirs, Le Débat.

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